Le Global Initiative Against Transnational Organized Crime, le GI-TOC dénonçait le fonctionnement de plus de 1 000 centres d’appels frauduleux opérant en Ukraine, employant pas moins de 60 000 personnes et s’attaquant massivement aux citoyens européens. Des sources russes vont même jusqu’à donner des chiffres de 1 500 centres pour 100 000 opérateurs impliqués. Les opérateurs sont formés pour utiliser des techniques de manipulation psychologique et se font passer pour des employés de banques, des policiers ou des conseillers en investissement. Les malfrats ukrainiens s’attaquaient déjà à 29 pays européens, essentiellement en Europe de l’Ouest, les cibles principales étant la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, les pays baltes ou la Tchéquie.
Cette escroquerie de masse est devenue en Ukraine une industrie, au point que le GI-TOC parlait déjà d’un préjudice d’un milliard de dollars. Les opérateurs incitent leurs victimes à investir sur des plateformes fictives qui affichent de faux profits. Les sommes transférées disparaissant ensuite entre les mains de cette mafia ukrainienne, mais les choses vont beaucoup plus loin, car l’ampleur du phénomène a montré que ces centres peuvent opérer grâce à la complicité de fonctionnaires, de politiciens et de toute une mafia. Le phénomène a provoqué des plaintes dans les pays où vivent les victimes, mais la source du mal se trouvant en Ukraine, l’affaire devint alors plus que complexe.
En septembre 2026, le bureau anticorruption d’Ukraine, le NABU avait soulevé une des plus grandes affaires de corruption de l’Ukraine : l’affaire Carthage. Elle impliquait des hauts fonctionnaires de l’État ukrainien, des proches de Volodomyr Zelenski et jusqu’au procureur général de l’Ukraine. Rouslan Kravtchenko fut contraint à la démission et a prit la fuite en Autriche, dénonçant des faits de corruption… dans le NABU et le SAPO. Voici une enquête fouillée sur cette affaire dont on a peu parlé en France.
L’affaire Carthage. Devant les dégâts considérables causés aux citoyens européens et dans une situation où l’Ukraine est sous perfusion de l’argent dérobé aux contribuables européens et donné par l’Union européenne pour financer la guerre de Kiev et le pays, le NABU et le Parquet spécial anticorruption (SAPO) ont lancé le 4 septembre 2026, l’opération Carthage. Le but était d’enquêter sur l’organisation criminelle soupçonnée d’avoir pris des pots-de-vin en échange de la protection de ces centaines de centres d’appels frauduleux. Le jour même, Serhiy Kropyva, responsable du Parquet général d’Ukraine fut arrêté, soupçonné d’être le chef de toute l’organisation. Rouslan Kravtchenko, le Procureur général d’Ukraine, fut d’abord suspendu et nia en bloc sa participation. Il fut contraint à la démission (7 septembre 2026). Avant de fuir l’Ukraine, probablement avec des complicités, Kravtchenko signa un document dénonçant Semion Krivonos, chef de l’ANTICOR (NABU), comme ayant falsifié des documents (13 septembre). Il le dénonçait d’une fausse adoption d’un enfant, accusant aussi un autre chef du Parquet spécial anticorruption d’avoir corrompu des juges de la Cour anticorruption et aidé des personnes à fuir la mobilisation. Il affirmait que la véritable cible de l’opération Carthage n’était pas le réseau mafieux ou lui-même, mais d’obtenir des documents compromettant sur les dirigeants du NABU et du Parquet spécial anticorruption de l’Ukraine...
Quoi qu’il en soit, le lendemain, dans la panique, Zelensky signait un décret suspendant Kravtchenko de ses fonctions, l’homme ayant quitté le pays en voiture dans la nuit. Le surlendemain c’était au tour de la Rada d’Ukraine de voter la destitution de Kravtchenko… La tête de l’organisation était Serhiy Kropyva, sous le nom de code du « Chancelier », dont la structure et tête comprenait aussi la « Muse » (sa propre maîtresse), le « Camarade » (son chauffeur) et le « Flash » (son assistant). L’enquête révéla que Kropyva avait commencé d’user de sa position pour protéger les centres d’appels frauduleux en échange de pots-de-vin (août 2025). Il avait commencé à mener grand train, dépensant plus de 20 millions d’UAH en biens immobiliers, en bijoux, en objets de valeur (400 000 euros), déposant plus de 10 millions d’UAH sur des comptes de proches sous couverts d’opérations commerciales (200 000 euros). L’un des appartements qu’il avait acheté dans les Carpates valait à lui seul plus de 12 millions d’UAH (240 000 euros). Kropyva a été placé en détention avec une caution fixée à 120 millions d’UAH (2,4 millions d’euros). Des proches de Zelensky ont affirmé que Kravtchenko était devenu fou et qu’il avait agi sans autorisation, niant que l’opération Carthage puisse avoir un autre but que celui du démantèlement de la tête des centres d’appels frauduleux en Ukraine. Mais l’affaire n’était pas un cas isolé, le prédécesseur de Kravtchenko, Andriy Kostine avait lui aussi été contraint de démissionner… en raison : « de certificats d’invalidité fabriqués en masse », vendu à des citoyens ukrainiens. Avant lui, le Procureur général d’Ukraine, Youri Loutsenko avait lui aussi, avec d’autres hauts responsables, été démasqué pour des faits de corruptions. Les médias ukrainiens affirmèrent ensuite que l’opération Carthage avait été confrontée à des résistances importantes, les personnes impliquées ayant eu vent à l’avance des perquisitions. Des fuites internes dans le NABU ont été évoquées, le bureau étant lui-même sclérosé. L’affaire a porté un coup sensible à la réputation de Zelensky, les médias ukrainiens ont affirmé qu’il savait depuis longtemps que le parquet protégeait ces centres d’appels. D’autres médias ont affirmé que Zelensky avait au contraire utilisé l’affaire pour se venger et frapper notamment le NABU et Krivonos. Le bureau anticorruption d’Ukraine avait en effet, mis à mal des proches de Zelensky et son entourage proche, dans d’autres sombres affaires de corruption qui avaient défrayées la chronique (été-automne 2025).
Pourquoi Zelensky aurait-il voulu se venger ? En 2015, au moment de la formation du NABU, sous les pressions conjointes des États-Unis et du Royaume-Uni, le soutien occidental pour l’Ukraine était déjà très important. Les faits sont méconnus, mais ces deux pays financèrent des pans entiers de l’Ukraine, en plus de pays de l’Union européenne. La France par exemple signa des accords pour former des sapeurs du génie, suite à la visite du Président Porochenko à Paris, mais aussi la construction d’une centrale de traitement des eaux à Marioupol. L’affaire Babitch, un avocat de l’unité Azov# assassiné en 2015, avait démontré que cette unité recevait des fonds secrets au minimum du Canada et des États-Unis. L’homme s’apprêtait à dénoncer des membres importants du Ministère de l’Intérieur qui détournaient une partie de cet argent. Ces pays participèrent aussi au financement et réformes dans ce même ministère, pour la formation de la Garde nationale, mais aussi une réorganisation de la Police nationale d’Ukraine (2014-2016). Plus tard, en 2018, l’organisation de la Défense Territoriale de l’Ukraine fut réformée et financée de nouveau par des pays européens, dont les pays baltes ou la Pologne. Le modèle choisit fut d’ailleurs celui de l’Estonie. Mais déjà, les Occidentaux étaient conscients de la corruption endémique en Ukraine, des élites, des administrations, de la fonction publique et de tout le pays. Ainsi fut imposé à Kiev la création du NABU, le bureau de lutte anticorruption de l’Ukraine.
L’idée d’ailleurs n’était pas seulement d’endiguer cette corruption et de faire en sorte que les milliards donnés par ces pays occidentaux ne soient pas pillés massivement. Le danger était grand que par la presse et des scandales, ce soutien financier soit discrédité, ainsi que le soutien de ces pays à l’Ukraine, dans des contextes économiques difficiles pour les Occidentaux. L’ambassade du Royaume-Uni et des spécialistes venus des USA aidèrent à former le NABU, qui d’une certaine manière devint un levier pour les financiers occidentaux contre la turbulente Ukraine et ses élites. Par le NABU les occidentaux avaient accès à d’importantes informations compromettantes sur des personnages de l’Ukraine, jusqu’au plus haut niveau de l’État, pouvant être utilisées contre eux comme moyens de pression. Au départ de Porochenko battu dans l’élection présidentielle de 2019, l’arrivée de Volodomyr Zelensky était pour les Occidentaux une bonne nouvelle. La présidence n’était plus occupée par un oligarque et millionnaire, Porochenko, surnommé « le Roi du Chocolat ». Il était à la tête d’un empire commercial, compromis dans les premiers massacres dans le Donbass et les événements du Maïdan. L’élection de Zelensky permettait pour l’Occident de disposer d’un homme sans expérience politique, très populaire par son passé d’humoriste, d’acteur et de producteur de films et séries télévisées. Clairement sous contrôle des anglo-saxons, les événements de 2022 démontrèrent que ce président n’avait aucun pouvoir de décision, lorsque ce dernier tenta de régler la situation avec la Russie, par des négociations qui furent menées à Minsk, en Biélorussie (mars 2022). L’un des négociateurs fut assassiné par le SBU au retour de la négociation (Denis Kireev), un acte même revendiqué par le SBU, montrant également que la police politique ukrainienne obéissait à d’autres maîtres. Américains et Britanniques prirent position pour bloquer fermement la paix, bientôt rejoints par les pays de l’Union européenne, Allemagne et France au premier chef.
Mais trois ans plus tard, avec le déferlement de centaines de millions d’euros sur l’Ukraine, le NABU mit finalement les pieds… dans un premier plat… (été-automne 2025). Des proches de Zelensky, des ministres furent mis en cause dans des détournements de fonds colossaux. Dans l’été Zelensky fit adopter une loi plaçant le NABU et le SAPO (Parquet spécial anticorruption de l’Ukraine) sous contrôle du Procureur général de l’Ukraine, afin de les neutraliser. Pour la première fois depuis longtemps, politiques et médias occidentaux se positionnèrent contre Zelensky, tandis que des foules descendaient dans la rue pour demander de retirer la loi. Isolé et piégé, Zelensky dut renoncer à prendre le contrôle des deux institutions (été 2025). En novembre 2025, le NABU lança l’opération MIDAS frappant un ami proche de Zelensky, un scandale de corruption dans le secteur énergétique. Cet ami, Timour Minditch, ancien partenaire commercial de Zelensky fut identifié comme le cerveau du système. Par effet domino, un autre proche de Zelensky fut mis en difficulté, Andriy Yermak, le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, qui fut contraint de démissionner et des perquisitions opérées chez lui. En mai 2026, Yermak fut placé en détention provisoire, soupçonné d’avoir blanchi environ 8,8 millions d’euros, via un projet immobilier de luxe. C’est alors que fut lancée l’opération Carthage, jetant de nouveau le trouble (septembre 2026). Kravtchenko était-il dans le vrai en parlant de la corruption des cadres du NABU et du SAPO ? La question pour l’instant ne peut être résolue, mais la probabilité est grande que non seulement tout le clan Zelensky et l’ensemble de la classe politique ukrainienne soient totalement corrompus, mais également toutes les institutions, NABU, SAPO et Procureur général y compris… Tout le reste n’étant finalement que des luttes internes entre ces réseaux, avec en plus la possibilité qu’un jour, nous découvrions que des Occidentaux sont aussi… largement rétribués dans toutes ses manœuvres mafieuses.
Le dictionnaire de l’affaire Carthage. Les fiches biographiques succinctes que vous trouverez ci-dessous viennent de la publication des communications entre plusieurs centres d’appels frauduleux de l’Ukraine, désireux de partager leurs informations sur les opérateurs. En effet, avec plus de 1 000 centres en action, et plus de 60 000 opérateurs à recruter, les réseaux mafieux ukrainiens avaient intérêt à s’organiser afin de récolter un maximum d’informations sur les futurs opérateurs, s’ils avaient déjà travaillé dans l’un des centres, leurs expériences, leurs résultats et surtout ceux qui étaient suspects ou présents sur une liste noire interne. Sur un Tchat Telegram ensuite hacké par les Russes, différents centres d’appels frauduleux communiquaient entre eux, au moins depuis février 2024, soit plus de deux ans et demi avant que l’affaire Carthage explose. Ils étaient certainement actifs depuis plus longtemps, probablement ouverts après 2021, profitant du parapluie européen et de la guerre permettant d’affaiblir l’attention des forces de l’ordre ukrainienne, d’ailleurs elles aussi largement corrompues.
Quelques actions furent menées par le Procureur général d’Ukraine, sans doute pour ne pas paraître totalement inactif, mais ces actions pourraient avoir été sincères de la part de Kravtchenko. Dans tous les cas, vengeance ou rideau de fumée pour protéger le système, la lecture des propos des mafieux ukrainiens à la tête des centres est édifiante. L’hypothèse des Russes que les opérateurs furent autour des 100 000 est plausible. L’analyse montre un important « turn over » des opérateurs escroquant les Occidentaux. Pour gérer une masse si importante de complices, par ailleurs grassement rémunérés (surtout les plus vicieux et habiles à détrousser les Occidentaux), le système avait besoin d’informations sur ces « employés et témoins gênants ». L’analyse d’une partie de ces conversations (les Russes ont publié des centaines de pages de conversations, j’en ai parcouru environ 170), montre que les opérateurs pouvaient disparaître assez rapidement, soit par l’inquiétude d’être finalement pris, soit par des remords ou l’impression d’être manipulés. Pour accepter un tel travail, ces gens n’avaient de toute façon qu’une morale très relative, l’appât du gain étant la seule motivation. Beaucoup préféraient filer à l’anglaise une fois de bonnes sommes engrangées, d’autres revenaient dans le système après avoir tout dépensé. Les conversations montrent que de nombreux anciens fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur furent recrutés, démontrant la corruption abyssale de la police ukrainienne. Enfin, l’on découvre aussi de très jeunes gens, parfois des mineurs, subjugués par cet argent facile. Pour les contrôler et avoir une vision générale des « personnels », les cadres intermédiaires des centres communiquaient entre eux, obtenant vraisemblablement des informations privés des administrations sur leur passé et expériences professionnelles. Certaines conversations montrent aussi que des opérateurs, encore plus bandits… que les bandits, en profitèrent pour escroquer les centres, disparaître, se contenter de petites sommes correspondant à des avances pour les loger les installer et les former. Ces voleurs à la petite semaine, peu désireux de prendre des risques importants, se sont contentés de quelques dizaines de dollars, un argent de poche pris… sur la bête, mais non sans risque. Beaucoup des demandes de renseignements se terminaient par des affirmations que si ces gens étaient retrouvés, ils devaient être signalés… pour rendre des comptes.
Les conversations montrent également que certains des opérateurs et escrocs des centres pouvaient empocher en une semaine environ 1 500 euros par semaine de commission. Les employés recevaient en général jusqu’à 7 % du montant volé. Pour les motiver davantage, les cadres promettaient des bonus en argent liquide, une voiture neuve ou un appartement à Kiev, notamment aux opérateurs qui parviendraient à atteindre les 100 000 euros. Selon les enquêteurs ukrainiens, ces primes ne furent jamais distribuées, l’objectif n’ayant jamais été atteint. Un ancien employé témoigna recevoir un salaire fixe de 500 dollars par moi, plus un pourcentage de 8 %, pouvant aller jusqu’à 15 %. Les frais de fonctionnement de l’escroquerie ont été estimés à 30 % des sommes volées, y compris les pourcentages et salaires des opérateurs, les 70 % restants filant dans des poches plus grandes, notamment pour les dirigeants, les protecteurs, les policiers, les fonctionnaires et jusque dans l’administration du Procureur d’Ukraine.
Daria Vadimovna Chevtchenko (vers 2008-), âgée de 16 lorsqu’elle fut recrutée par l’un des centres d’appels frauduleux, elle travailla environ 6 mois à escroquer des Européens, rencontrant dans ce centre un homme âgé de presque 30 ans, qui devint son amant. Selon les commentaires d’un cadre de l’un des centres d’appels : « elle avait de bons résultats, au final au bout de six mois, ils sont partis ».
Youri Bogdanovitch Chijko (?-), il vint se présenter pour être recruté comme opérateur, mais fut bientôt placé sur une liste noire pour les raisons suivantes : « il a assisté à la formation, il a dit qu’il avait mal aux dents et il s’est barré quelque part. Il nous a nourri de promesses comme quoi il viendrait, mais il n’est jamais venu, s’il se trouve chez vous, donnez-lui des gifles » (16 février 2024).
Vladislav Evguenievitch Chtikh (?-), candidat au recrutement comme opérateur dans un centre d’appels, la demande de renseignements à son sujet disait : « il est venu à l’entretien, on a parlé, tout était ok, il a dit qu’il n’avait pas d’expérience dans les bureaux, on l’a pris en formation pour essayer. Après, il a amené un ami qui a raconté qu’il avait déjà été dans un autre centre d’appels. On lui a demandé d’expliquer, il a raconté qu’il était en formation, mais qu’il avait été viré car il ne convenait pas. Il a passé un jour en formation chez nous, le lendemain il a dit qu’il était malade. Après une semaine de silence on l’a contacté, il nous a raconté des bobards comme quoi il était l’hôpital avec une inflammation des poumons, il n’est jamais revenu et ne donne pas de nouvelles ».
Dniepropetrovsk (février 2026), une opération de liquidation d’un réseau de centres d’appels frauduleux se déroula, suite à des plaintes venant de Lettonie et de Lituanie. Un total de 9 victimes furent identifiées, l’opération dénommée VENI VIDI VICI mis la main sur environ 21 millions d’UAH (420 000 euros). Elle fut menée avec les forces de l’ordre lettone et lituanienne permettant l’arrestation de 11 escrocs et opérateurs. Dans ce groupe, la technique était de leur verser un peu d’argent devant simuler les premiers bénéfices et pour tenter de les faire investir encore plus de fonds. Si les victimes tentaient de retirer tous leurs fonds, la connexion était coupée. Les victimes se voyaient également proposer un service juridique d’assistance pour récupérer leurs pertes, utilisant de faux noms, envoyant des documents et les incitant à payer de nouveau des commissions ou des assurances. Plus de 30 perquisitions furent opérées permettant la main mise sur 46 ordinateurs, 41 téléphones mobiles, 4 tablettes, du matériel de serveur informatique, des dispositifs de stockage, de la documentation, des cartes bancaires, des armes traumatiques, des voitures de luxe et cette somme de 21 millions (en plusieurs monnaies). L’annonce de cette opération fut faite… par Rouslan Kravtchenko en personne (23 février 2026).
Victoria Evguenievna Doubovitchenko ( ?-), une demande de renseignements fut faite à son sujet au moment de son possible recrutement et une réponse fut envoyée : « elle a travaillé 7 mois comme manager aux messageries, sur la crypto, elle a dit qu’elle avait démissionné parce qu’elle avait fait un burn out. Sans scandales, et selon ses mots, dans un centre d’appels, on lui a proposé de chercher des gens, elle a envoyé 5 personnes de son village et a dit qu’on n’a pas besoin maintenant d’opérateur là-bas ».
Olexandr Dydych (?-), avocat à Odessa, il fut l’ancien assistant du département de procédure pénale de l’Académie de droit à Odessa. Il sa maria à Victoria Kropyva, la sœur de Serhiy Kropyva. Il devint l’homme de confiance de ce dernier et fut l’une des pièces maîtresses du réseau mafieux dirigé par son beau-frère. Il participation à l’élaboration de l’organisation criminelle et au blanchiment de biens. Il aida Kropyva à dissimuler la propriété de ses biens, en les faisant enregistrer par différentes personnes, dont des membres de sa famille, ou son chauffeur, Serhiy Kutsyi, dit « Le Camarade ». Il a été accusé de destruction de preuves, des reçus d’un montant de 7 millions d’UAH que Kropyva voulait faire blanchir via son père. Les conversations téléphoniques démontrèrent qu’il gérait les aspects juridiques et comptables de l’enregistrement d’appartements dans les Carpates, placés au nom de l’épouse du « Camarade ». Il fut arrêté début septembre 2026, placé en détention provisoire, avec une caution de 15 millions d’UAH (300 000 euros, 8 septembre). La mesure fut confirmée par la chambre d’appel (20 septembre 2026), courant jusqu’au novembre.
Alexandra Mikhaïlevna Foutchko (?-), moins de 30 ans, elle se présenta pour se faire recruter comme opératrice, déclenchant une demande d’informations.
Miroslava Rouslanovna Golovatchova (17 juillet 2006-), candidate au recrutement pour un centre d’appels, la demande de renseignement à son égard indiquait : « elle a suivi la formation, s’est mise en ligne, louait un logement à la journée, mais le 18 février ça se terminait. Elle a demandé 100 dollars ce jour-là pour le logement, cet argent lui a été donné, après quoi elle n’est plus venue travailler et nous a bloqué ».
Denis Gorobets (?-), ancien membre de la police et du MVD à Dniepropetrovsk, il était candidat pour devenir opérateur déclenchant une demande d’informations à son sujet (février 2024).
Dima Granovski (?-), une demande de renseignements fut posée sur lui pour être recruté comme opérateur, mais pour des raisons raciales et les suspicions d’origines polonaises, le message suivant fut écrit à son sujet : « je ne ferai pas confiance à son nom de famille non plus, car nous savons tous que notre nom de famille vient de l’activité de nos ancêtres, les gènes se transmettent aussi des ancêtres, réfléchissez ».
Elizaveta Ivakhnenko (vers 2002-), alias « la Muse », originaire d’Odessa, elle fit des études supérieures à l’Académie de droit d’Odessa (2017-2024). Elle fut nommée vice-doyenne de la faculté de cybersécurité et des technologies de l’information dans cette université (2022), poursuivant ensuite des études en doctorat de droit internationale et européen. Vers la fin de l’année universitaire 2024-2025, elle mit fin à ses relations de travail avec l’Université. Elle était devenue la maîtresse de Serhiy Kropyva, et commença à mener grand train. Elle participa à un voyage d’études pour les procureurs ukrainiens à Rome, un voyage organisé par l’Union européenne, en compagnie de la sœur de Kropyva (sans occuper aucune fonction de procureur, octobre 2025). Elle fit l’acquisition d’une Mercedes EQE 350 pour 60 000 dollars (juin 2025), puis acheta soudainement un local commercial de 150 m², à Kiev, pour une somme de 160 000 dollars US (octobre 2025). Elle s’était enregistrée comme entrepreneur individuel (juillet 2025). Elle acheta bientôt un appartement enregistré au nom de sa mère à Odessa (64,5 m², janvier 2026), lui envoyant aussi de l’argent (1,78 million d’UAH, avril-juin 2026). Elle fut mise sous surveillance par le NABU et des conversations téléphoniques révélèrent : « qu’elle évoquait la possession d’une Porsche, d’une Loro Piana, de montres, bracelets, sacs, manteaux de fourrure ». Elle fut arrêtée en même temps que son amant, alors que le couple tentait de prendre la fuite de l’Ukraine (4 septembre 2026, à Lvov). Elle se présenta comme sa compagne, fut mise en détention provisoire, suspectée d’être largement impliquée dans le réseau mafieux de Kropyva (7 septembre, avec une caution de 20 millions d’UAH, 400 000 euros). L’enquête révéla qu’elle avait aidé Kropyva à blanchir environ 21,6 millions d’UAH (entre août 2025 et septembre 2026), par des transferts de fonds par le biais de ses comptes d’entrepreneur individuel… Dans les conversations, elle affirmait vouloir devenir vice-ministre de l’Éducation nationale et vouloir atteindre ce poste par le soutien de son amant. Elle fit appel du jugement, qui fut rejeté par la cour d’appel (15 septembre). Elle affirma que tous les objets de luxe et les cadeaux lui avaient été offerts : « par des hommes et des admirateurs »… de sa fantastique beauté. Elle a nié toutes les accusations en affirmant également que les enregistrements téléphoniques étaient : « déformés et sortis de leur contexte ». Ces affirmations ont déclenché la curiosité des médias ukrainiens qui affirment qu’elle aurait eu des relations sexuelles avec un grand nombre d’hommes « importants », de la région d’Odessa, dont Dmitri Pestruev, également soupçonné d’être un cadre du groupe mafieux et mis en cause dans l’affaire Carthage.
Oleg Vassiliévitch Grouchka et sa compagne Katerina Olegovna Kapelous ( ?-), deux anciens opérateurs d’un centre d’appels frauduleux, placés sur une liste noire avec le commentaire : « ils ont travaillé chez nous longtemps, plus de 6 mois, Oleg est parti une fois, puis a supplié en larmes de revenir. Après un certain temps, il a de nouveau décidé de démissionner, il a dit qu’il avait des affaires à l’Université, on l’a laissé aller à l’université en convenant qu’il appellerait de là-bas. Évidemment il n’y a pas eu d’appels, sa copine Katia, a affirmé qu’elle continuait, elle a travaillé une semaine sans Oleg, à trois heures du matin elle a écrit qu’elle ne travaillerait plus et qu’elle partait à l’étranger, ce qui est bien sûr un mensonge. Elle a bloqué toute le monde au centre, on ne peut pas la joindre, ils se sont barrés comme deux rats, si quelqu’un les voit, faites-le savoir ».
Kharkov (mai 2026), la police ferma un centre d’appels frauduleux dans la ville qui avait été la cause de nombreuses escroqueries en Europe, pour des centaines de milliers d’euros. L’affaire déclencha l’arrestation de 4 personnages. L’opération fut soutenue et menée en coopération avec la police lettone, permettant l’arrestation de ces 4 hommes et déclenchant 14 perquisitions. Elle fut montée à partir d’avril 2026, pour rassembler les preuves et lancer le coup de filet le 26 mai 2026. Les saisies furent de 49 téléphones mobiles, des ordinateurs, des véhicules et du matériel informatique. L’annonce fut faite par Eurojust, l’European Union Agency for Criminal Justice cooperation (26 mai 2026).
Kiev (août 2026), un peu avant l’opération Carthage, suite à des plaintes venant de Tchéquie, un centre fut fermé, ayant causé un préjudice de 8,4 millions d’UAH (167 000 euros).
Natalia Sergeïevna Kourmazenko (?-), originaire de Kiev, elle se présenta pour se faire recruter comme opératrice, déclenchant une demande d’informations.
Rouslan Kravtchenko (14 mars 1990-), originaire de Severodonetsk, RPL, Donbass, transfuge, il commença par des études supérieures dans un lycée militaire à Kiev (2005-2007), puis par des études supérieures en droit militaire (2007-2012). Il fut nommé enquêteur au parquet de Sébastopol, Crimée (août 2012). Fait rare, il ne prit pas fait et cause pour le retour au giron de la Crimée à la Russie (mars 2014). Il prit la fuite, alors que plus de 85 % des fonctionnaires, militaires et forces de l’ordre de la région s’étaient ralliés au résultat du référendum démocratique organisé par le Parlement autonome de Crimée. Il fut nommé procureur militaire dans le Donbass, à Artiomovsk, obtenant le statut de combattant dans la zone ATO. Il est largement suspecté de crimes de guerre, les tribunaux militaires ayant opéré les répressions sauvages de Kiev dans le Donbass (2014-2015). Il fut nommé procureur principal dans l’affaire de haute trahison menée par Kiev contre l’ancien président Victor Ianoukovitch (2015-2021). L’enquête et le procès, une mascarade pour camoufler la nature du coup d’État du Maïdan. Ianoukovitch fut condamné à 13 ans de prison. Il fut en responsabilité d’affaires contre des militaires de l’armée insurgée ou des hauts responsables, continuant l’œuvre des répressions de Kiev. En récompense, il fut nommé chef du département supervisant les procédures pénales liées au complexe militaro-industriel de l’Ukraine (2020-2021). Il passa à la direction du Parquet du district de Boutcha (2021-2023) et fut l’homme qui couvrit et participa sans doute à organiser le faux massacre de Boutcha, en réalité des tueries réalisées contre des civils par l’armée ukrainienne et qui portaient des brassards blancs, signes utilisés pour signaler aux forces russes qu’ils n’étaient pas hostiles et les attendaient. Les récompenses furent sa nomination comme chef de l’administration militaire régionale de Kiev (2023-2024), puis chef du service fiscal d’État de l’Ukraine (2024-2025). Il avait brigué la tête du NABU, mais officiellement échoua… « à l’entretien d’intégrité ». La consécration finale fut sa nomination comme Procureur général de l’Ukraine (17 juin 2025), devenant le plus jeune procureur général de toute l’histoire de l’Ukraine. Zelensky le fit aussi nommé au Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine (juillet). Il dut présenter sa démission lors de l’explosion de l’affaire Carthage (7 septembre 2026), pris la fuite du pays (14 septembre), après avoir lancé des accusations contre le NABU et le SAPO. Il fut révoqué le jour même par Zelensky et le lendemain par la Rada d’Ukraine (15 septembre). Il prit la fuite en voiture et se rendit en Autriche, à Vienne, où il envisageait de demander… l’asile politique. Il s’était enregistré sur place dans le centre historique de la ville, dans un immeuble de bureaux abritant une société de services et une vingtaine de personnes morales. Il avait justifié sa fuite comme une « mission spéciale », affirmant devoir rentrer le 18 septembre. Il ne rentra pas en Ukraine et fut radié du parquet (21 septembre). L’enquête sur son entourage signala qu’il avait été marié deux fois. Sa première épouse, Olena Shkrobanets, travailla au Département de coopération juridique internationale du Bureau du Procureur général d’Ukraine (2017-2023). Elle occupait la fonction de chef et adjointe du service de traduction, sous la houlette de Serhiy Kropyva, le chef du réseau mafieux des centres d’appels frauduleux. Elle fut nommé spécialiste des questions administratives pour le Programme de l’ONU pour le développement en Ukraine, avec un salaire annuel de 1,5 million d’UAH (30 000 euros). Sa mère Alina Shkrobanets a investi plus de 670 000 dollars dans une villa à Dubaï (juillet 2023). Le divorce entre les conjoints fut prononcé en novembre 2024. Sa nouvelle compagne et épouse, Alexandra (?, nom de famille non connu) possédait une propriété à Kharkov, une véhicule luxueux Range Rover et était « entrepreneuse individuelle », avec un salaire de 6,5 millions d’UAH (130 000 euros). Elle travaillait également à l’Université de droit Iaroslav le Sage, pour un salaire de 136 000 UAH à l’année (2 700 euros). Elle avait pris la fuite de l’Ukraine avant son mari (12 septembre), en franchissant la frontière de la Moldavie et passant ensuite en Roumanie, puis en Autriche.
Semion Krivonos (16 janvier 1983-), originaire de Marioupol, transfuge du Donbass, il fit des études supérieures en agronomie (diplômé en 2005), puis un Master II dans la fonction publique (2007) et enfin un diplôme de droit (2010). Il débuta sa carrière dans le département de la famille et de la jeunesse, dans l’administration d’un district de la ville de Kiev (2007). Il passa comme fonctionnaire dans les unités territoriales de la Police nationale, à Odessa, puis Kiev (2011-2015). Il fut nommé premier chef adjoint du service des douanes à Odessa (2015-2016). Il monta ensuite en puissance, d’abord conseiller juridique de l’Organisation internationale du droit et du développement, l’IDLO (2016-2017), puis devant avocat dans le cabinet Pasika et Partenaires (2018). Il devint président de l’ONG Bureau des solutions simples et des résultats, sorte de mouvement voulant participer à l’élaboration de réformes en Ukraine (2020-2021). Il fut alors nommé chef de l’inspection d’État de l’architecture et de l’urbanisme d’Ukraine (2021-2023), puis directeur du NABU, par des connexions qui restent obscures (6 mars 2023). Il a été accusé par le Procureur général d’Ukraine, Kravtchenko de falsifications de documents, d’adoption fictive, de corruption électorale (pour le compte d’Ioulia Timochenko, la fameuse « Reine du Gaz »), de non divulgations de faits de corruption. Ayant pris la fuite du pays, Kravtchenko fut démis de ses fonctions et ses accusations qualifiés de : « délire falsifié ». Mais ces accusations ont fait émerger d’autres affaires… En 2014, il avait été mêlé à une affaire d’extorsion et d’escroquerie d’un homme d’affaires dans la région de Kiev, alors qu’il travaillait pour les douanes à Odessa (120 000 dollars dérobés). Malgré les plaintes, bénéficiant de protections, aucune charge ne fut retenue contre lui.
Serhiy Kropyva (16 juillet 1984-), originaire de la région de Tcherkassy, il fit des études supérieures en droit (diplômé en 2005), puis plus tard obtint un Master II en cybersécurité (2019, Kharkov). Il devint officier de police dans la brigade des mineurs de sa région natale (2005-2021). Il participa à une mission de maintien de la paix au Kosovo (2006-2007). Il termina comme premier chef adjoint au département de cyberpolice de la Police nationale d’Ukraine. Il fut alors nommé conseiller de la procureur général d’Ukraine, Irina Venediktova, prenant la tête du nouveau département des crimes économiques et de la cybersécurité (2022-2023). Il fut nommé chef adjoint de l’administration militaire régionale d’Odessa, chargé du développement du numérique (2023-2024). Il fut nommé chef adjoint du Département de la coopération international du Parquet général d’Ukraine (2025). Il fut démasqué comme étant « le Chancelier », le chef d’une vaste organisation criminelle qui au moins depuis août 2025, recevait des pots-de-vin pour couvrir des centres d’appels frauduleux. Il aurait couvert au moins 42 millions d’UAH d’escroqueries (837 000 euros) et plus de 89 millions d’UAH d’argent blanchi (1,8 million d’euros). Il était l’homme de confiance de Rouslan Kravtchenko, coordonnant les travaux de rénovation de sa maison et aida son épouse à obtenir un visa américain, organisant une gargantuesque fête d’anniversaire de Kravtchenko à Madrid. Il fut arrêté à Lvov alors qu’il tentait de prendre la fuite du pays (4 septembre 2026), placé en détention provisoire avec une caution de 120 millions d’UAH (2,4 millions d’euros). L’enquête a démontré qu’il n’avait qu’un appartement dans sa ville natale, mais sa famille a accumulé un patrimoine considérable depuis 2020. Sa mère Valentina fit l’acquisition de deux appartements luxueux à Kiev, d’un terrain et d’une grosse voiture. Son père Vassili fit l’acquisition de plusieurs entreprises, d’un appartement et d’un bâtiment de 500 m². Son épouse Irina Kropyva acheta une Mercedes GLE 450 en 2023 (5 millions d’UAH, 100 000 euros), déclarant des revenus pour une activité entrepreneuriale de 6,59 millions d’UAH (en 2025, soit 131 000 euros), salaire qui ne pouvait justifier l’achat cash d’un tel véhicule. Ses beaux-parents firent l’acquisition de locaux commerciaux et d’appartements, alors qu’ils avaient avec leur fille, selon les médias ukrainiens, des passeports russes valides (en 2026). Son beau-frère, l’avocat Olexsandr Dydych, époux de sa sœur Victoria, fut accusé après la chute de Kropyva d’avoir joué un rôle clef dans le blanchiment des fonds et d’avoir tenu la comptabilité occulte du réseau mafieux. Il fut lui aussi arrêté, placé en détention provisoire, avec une caution de 15 millions d’UAH (300 000 euros). Victoria, l’épouse de ce dernier était d’ailleurs… procureur dans l’oblast de Tcherkassy. Malgré son arrestation, il resta officiellement en poste jusqu’au 18 septembre 2026, date à laquelle son poste fut : « supprimé dans le cadre d’une réorganisation du département ».
Victoria Kropyva épouse Dydych (?-), sœur de Serhiy Kropyva, originaire de la région de Tcherkassy, elle fit des études de droit et travailla au parquet de l’oblast de sa région. Elle devint chef du premier département de supervision procédurale, chargée de superviser les enquêtes préliminaires menées par les organes territoriaux de police et de soutenir l’accusation, au sein de la direction de supervision dans les procédures pénales du Parquet de l’oblast de Tcherkassy. En octobre 2025, elle participa à un voyage d’études pour les procureurs ukrainiens à Rome, organisé par la mission de conseils de l’Union européenne, l’EUAM Ukraine, en compagnie de la maîtresse de son frère Elizaveta Ivakhnenko. Elle n’était pas officiellement divorcée d’Olexandr Dydych, mais vivait avec Maxime Shtompel, le procureur adjoint du parquet de l’oblast de Tcherkassy. Shtompel. Ce dernier fut nommé à ce poste par népotisme et clientélisme avec l’aide de Serkiy Kropyva (avril 2026). Victoria fut limogée de son poste du Parquet de Tcherkassy (8 septembre 2026), en même temps que son amant, Maxime Shtompel. Elle a ensuite disparu des radars.
Sergeï Koutsyi (?-), alias « Le Camarade », chauffeur de Serhiy Kropyva, il était aussi l’un des membres actifs du réseau mafieux de protection des centres d’appels frauduleux. Il assurait la protection de Kropyva lors de ses déplacements pour ses rendez-vous et rencontre avec les cadres de l’organisation mafieuse. Pour tenter de brouiller les pistes, il utilisait des plaques d’immatriculation non enregistrées. Il recevait des pots-de-vin en argent liquide des personnes dirigeant des centres d’appels et les remettaient à Kropyva, faisant office de courrier. Il aidait aussi au blanchiment de l’argent, sa propre épouse ayant été aussi impliquée. Il fut arrêté et mis en détention provisoire (7 septembre 2026), avec une caution fixée à 3 millions d’UAH (60 000 euros). Le SAPO avait demandé une caution de 20 millions d’UAH, mais le parquet n’accéda pas à cette demande. Le 15 septembre 2026, l’homme s’acquittait de la caution et renonça finalement à son appel par écrit (17 septembre), sans doute après avoir négocié et accepté de collaborer. Il fut libéré de son centre de détention 4 jours plus tard (21 septembre). Il devait se présenter à chaque convocation, remettre ses passeports qui auraient pu lui permettre de s’enfuir, signaler tout changement de résidence et portait un bracelet électronique. Kropyva lui avait proposé d’enregistrer au nom de son épouse des appartements dans les Carpates, en échange d’une part sur la future vente des biens immobiliers et de la possibilité d’y séjourner gratuitement.
Sergeï Alexandrovitch Leonov ( ?-), opérateur dans un centre d’appels frauduleux, une demande de renseignements indiquait : « il a travaillé 2 mois, prenait de bons salaires, tout marchait. La semaine dernière il est tombé brusquement malade, mais je soupçonne qu’il avait déjà suivi une formation dans un autre bureau et il y a un pote qui a essayé de le débaucher, ce qu’il m’a raconté lui-même. Hier il a écrit au centre d’appels qu’il serait au travail, tout va bien, mais aujourd’hui il a écrit que le travail ne l’intéresse pas et a disparu. Merci de signaler s’il apparaît chez quelqu’un ».
Alexandre Igorevitch Iarotchevitch (?-), son frère Ilya (?-) et leur amie Katerina Sergeïevna Gontcharova (?-), tous trois cités et placés sur une liste noire des centres d’appels, le récit de leurs « forfaits » indiquant : « deux frères acrobates et clowns, Sacha était chez nous à la fermeture, il a pris 70 K d’UAH de salaire pour une semaine et est allé les boire avec son frérot, ils ont attrapé le delirium tremens et ont commencé à raconter que le pourcentage ne leur convenait pas. Avec eux il y avait aussi leur amie Katia, qui en une semaine a pris 40 K et a décidé que le salaire et le pourcentage ne lui convenait pas non plus et tous ensemble, ils se sont barrés ».
Daniel Andreevitch Leoukhine (?), opérateur dans un centre d’appels frauduleux, il déclencha une demande d’informations en voulant être recruté par un autre centre : « il a travaillé un mois, s’est barré, s’il échoue chez vous, faites-le savoir... ».
Alina Andreevna Lioubtchenko (?-), elle se présenta pour être recrutée comme opératrice et déclencha une demande de renseignements pour savoir si elle avait déjà travaillé dans un centre.
Vitaly Vitalievitch Logvinovski (vers 1980-), signalé lors de sa tentative de se faire recruter pour un centre d’appels, ayant indiqué qu’il avait déjà travaillé comme escroc et opérateur dans d’autres centres. Cherchant à se faire recruter ailleurs, il indiquant qu’il était parti : « parce qu’il avait été arrêté par la police » et il déclenchait alors une demande de renseignements à son sujet.
Lvov (août 2026), le réseau local de centres d’appels frauduleux fut en partie démantelé, les saisies du SBU étant proches de 2 millions de dollars (+ 64 000 euros, des espèces en UAH, de l’or bancaire, des montres de luxe et des bijoux), ainsi que des voitures de luxe (Porsche Cayenne, Cadillac Escalade, Bentley Bentayga, Dodge Charger, Audi, Lexus, BMW et une Mercedes GLS 450) pour plus d’1 million de dollars. Ce premier coup de filet dans tout le pays avait permis de démanteler 94 centres, pour 411 perquisitions et 1 794 postes de travail d’opérateurs des centres frauduleux découverts. Plus de 3 336 ordinateurs furent saisis, 1 346 téléphones, 5 200 cartes SIM, des cartes bancaires et des portefeuilles de cryptomonnaies saisis. Les victimes de ce réseau basé à Lvov étaient des citoyens ukrainiens, mais aussi d’Israël, du Kazakhstan, de Lituanie, de Lettonie, d’autres pays de l’UE et de l’Asie centrale. Les dommages étaient estimés à plus de 100 millions d’UAH (2 millions d’euros), mais seules 26 personnes furent inculpées…
Sofia Alexandrovna Moskova (vers 2005-), candidate au recrutement dans un centre d’appels, la demande de renseignements à son sujet disait : « elle a travaillé environ un mois au MVD, on l’a transféré à la bourse chez nous (Invest), elle a travaillé deux semaines, elle venait très négligée, sans argent. On est allé à sa rencontre, on lui a donné 10 K d’UAH, les filles du bureau lui ont donné 3 sacs de vêtements personnels en aide. Elle est venue un jour, après le week-end, elle avait disparu de l’appartement, probablement elle est partie chez d’autres, s’il y a des infos sur elles, merci d’écrire en MP ». Un autre message indiquait : « elle a lâché un mot à des flics donc soyez prudents ».
Dmitri Pestruev (21 août 1984-), également diplômé en droit à Odessa, puis dans l’administration publique. Il fut le conseiller du gouverneur d’Odessa (2010-2011), chef de l’inspection d’État pour la protection des consommateurs pour la région d’Odessa (2011-2013), démis de ses fonctions pour des faits de corruption (mars 2013). Il était membre du Parti des Régions, élu conseiller municipal à Odessa (2010-2015), puis sous un autre Parti, Doviryay Delam (2015-2020), fils de Nikolaï Pestruev, directeur de l’entreprise communale chargée de tous les cimetières d’Odessa. Sa déclaration de patrimoine attira les soupçons (2021), lorsqu’il déclara des bitcoins pour une valeur estimée à 2 milliards d’UAH (39,87 millions d’euros). Il fut brièvement détenu par la police dans une affaire où la police le soupçonnait de transporter de faux bulletins de vote dans sa voiture, mais rien ne fut trouvé, aussi fut-il libéré, mais sans doute avait-il été prévenu (juin 2026). Il fut cité dans l’affaire Carthage, pour avoir été un amant de la « La Muse », Elizaveta Ivakhnenko. L’enquête ne révéla pas de liens directs dans le groupe mafieux, mais il était mis en cause dans des affaires de corruption municipale, notamment autour des marchés publics pour les monuments funéraires des soldats tombés sur le front… (affaire ANUBIS, octobre 2025).
Maxime Shtompel (13 octobre 1990-), originaire d’un village de la région de Tcherkassy, il fit des études de droit à l’Académie de droit d’Odessa (diplômé en 2011). Il fut nommé au Parquet de la ville de Tcherkassy (2013). Il avait fait l’objet d’une sanction disciplinaire en 2018, pour des informations inexactes et la clôture d’une procédure pénale. Lié à un réseau mafieux, l’affaire concernait la falsification de documents et l’appropriation illégale de biens immobiliers, d’entreprises et d’exploitations agricoles. La commission disciplinaire lui imposa… l’interdiction de toute promotion ou mutation pendant un an, à un échelon supérieur… une mesure ridicule. Il passa ensuite comme chef du département du parquet de district de Tcherkassy, puis procureur adjoint du Parquet de l’oblast de Zaporojie (14 octobre 2025). Devenu l’amant de la sœur de Serhiy Kropyva, Victoria, épouse Dydych. Il s’installa avec elle, sans qu’elle soit divorcée. C’est elle qui intervint pour le faire nommer de Zaporojie à Tcherkassy, où elle était elle même procureur (avril 2026). Il fut limogé de ses fonctions en même temps que sa maîtresse (8 septembre 2026). Sur Internet apparurent des enregistrements capturés par le NABU, où il était question de sa nomination frauduleuse (conversation entre Victoria et son frère). L’enquête autour de ses biens ne trouva rien d’exceptionnel, un appartement de 43 m² à Tcherkassy (2022), un salaire d’1,2 million d’UAH (24 000 euros, 2024), un compte pourvu de 30 000 dollars (déjà plus suspect). Il a ensuite disparu des radars, mais vu son âge… il tombe sous le coup de la mobilisation !
Vassili Gueorguievitch Sirbou ( ?-), ancien fonctionnaire du MVD, le Ministère de l’Intérieur de l’Ukraine, pendant quelques mois, son cas fut évoqué par les cadres mafieux des centres d’appels, avec une demande de renseignement, alors qu’il demandait à devenir opérateur.
Katerina Anatoleevna Skotinianska (?-), une autre candidate à devenir opératrice dans ces centres frauduleux, citée pour une demande d’informations sur son passé.
Rastizar Valérievitch Tchalik (?-), ancien opérateur d’un centre d’appels, maintes fois cité dans les demandes de renseignements, recherché même par le groupe de mafieux avec des demandes insistantes si quelqu’un connaissait sa localisation.
Alexandre Tchourak ( ?-), candidat pour devenir opérateur dans un centre d’appels frauduleux, ancien membre des forces de police à Kiev et Odessa, la demande de renseignements à son sujet disait : « il comprend le sujet, mais il a l’air louche, je serai reconnaissante pour toute information ».
Bogdan Igorevitch Voïtiouk ( ?-), signalé lors de sa tentative pour se faire recruter comme opérateur dans un centre d’appels frauduleux, déclenchant une demande de renseignements.
Alissa Oleksandrovna Voïtovytch ( ?-), originaire de Dniepropetrovsk, les cadres des centres d’appels disaient d’elles : « elle est restée chez nous en formation, jouait à des jeux sur son téléphone, on lui a payé le transport, le logis, au final elle s’est barrée en disant « c’est pas pour moi », elle a menti en disant qu’elle allait travailler pour 16 k d’UAH, que ce serait plus simple pour elle là-bas, mais elle s’est inscrite chez nos propres opérateurs, je ne recommande pas de prendre cette personne, ou de dépenser ses nerfs et ses forces sur des mensonges, incompréhensible et apparence négligée » (novembre 2024).
Anastasia Igoreevna Zalizenko ( ?-), candidate au recrutement comme opératrice, ayant motivé une demande de renseignements.
Laurent Brayard