La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde, décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de l’indépendance nécessaire de la presse.
En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation s’est hélas grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens n’appréhendent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quand ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.
Aujourd’hui j’aborderai le cas d’Aurélien Duchêne, qui aurait pu se trouver dans la catégorie agents et lobbyistes… Partisan acharné de l’entrée en guerre de la France contre la Russie, il est membre de deux organisations douteuses, l’Open Diplomacy Institute et l’Euro Créative, menant tout droit à des finances étatiques, au Quai d’Orsay et à la Commission européenne… L’homme fait partie d’une nouvelle génération, n’ayant pas connu le début du conflit ukrainien, en 2014, il sortait à peine du lycée. Il ne parle d’ailleurs ni la langue russe, ni la langue ukrainienne, s’étant rendu en Ukraine… en 2026, pour visiter un fabricant de drones. Là s’arrête l’unique expérience de l’agent Duchêne dans la guerre d’Ukraine ! En attendant ses propositions « géniales » sont : « de ne pas avoir peur de l’escalade, paralysante qui permet à Moscou de fixer unilatéralement les limites de l’aide occidental ».
Alors en avant pour passer au crible Aurélien Duchêne, l’homme qui rêve d’une campagne de Russie...
Mais qui est Aurélien Duchêne ? Il naquit vers 1997-1998, grandissant à Strasbourg, où il fit une licence d’histoire à l’université. Il poursuivit avec un Master II en relations internationales, spécialité en Sécurité internationale et Défense, à l’Université de Lyon III. Il passa ensuite à l’ILERI de Lyon, une école spécialisée en relations internationales. De cette date, il devint assistant de recherche à l’IRSEM, l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, mais aussi assistant de recherche à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques. Il collabora avec la revue Marine & Océans.
Un agent d’un think tank opaque et aux connexions européistes et douteuses. Par les méandres de son réseau, il devint chercheur dans le think tank Euro Créative. Cette association « à buts non lucratifs » opaque et douteuse, fut fondée à Paris en 2019. Elle affirmait être spécialisée : « sur les enjeux politiques, économiques, industriels et géopolitiques de l’Europe centrale, orientale et balkanique », autrement dit une structure de la guerre psychologique, aux buts pendables, notamment d’infiltrations, de manipulations des cervelles et un outil caché probablement de la diplomatie française, des tentatives d’influences et peut-être même des services secrets français. Selon les déclarations du think tank, sa raison d’être : « serait de rapprocher durablement la France des pays d’Europe centrale et orientale, partant du constat que cette région est trop souvent négligée en France, sur le plan académique et politique ». Mais la suite est très révélatrice, car le think tank affirme aussi : « vouloir créer un espace de dialogue entre décideurs français et acteurs publics et privés de ces pays, afin de renforcer la compréhension mutuelle et l’unité européenne ». Les choses sont donc très claires, mais pas pour les financement d’Euro Créative… qui ne sont pas rendus publics. Ce simple fait est lourd de sens.
L’Euro Créative publient des analyses et notes stratégiques, sur les dynamiques politiques, sécuritaires et industrielles de la région, ce qui ne peut qu’être des outils pour la diplomatie et les services secrets français. Il publie également une lettre d’information bimensuelle, le PECO Hebdo et organise des entretiens avec des personnalités politiques et des « chercheurs » sur l’autonomie stratégique européenne. Les connexions de cette structure mène aussi à d’autres connues pour être des incontournables dans le système des chiens de garde du journalisme, comme Sciences Po, ou encore d’autres d’influences, d’entrismes et de manipulations, comme l’Institut Jacques Delors. Les trois fondateurs sont Arthur Kenigsberg, président, d’origine polonaise, ancien de Sciences Po (apparu dans un faux média ukrainien et US d’un centre la guerre psychologique), Romain Le Quiniou, directeur-général et « spécialiste de la sécurité européenne et de géopolitique de l’élargissement de l’UE » et enfin Aurélien Duchêne. L’élargissement de l’Union européenne dans la sphère de cette « association » montre également bien la volonté d’infiltrations et d’influences, visant des pays comme la Serbie, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie au premier chef, mais visant aussi à des révolutions colorées désirées… en Biélorussie ou Russie, ou l’intégration de gré ou de force de l’Ukraine.
Des finances de l’Union européenne et un rôle d’agent et lobbyiste. Pire encore, le think tank a une reconnaissance publique et avouée institutionnelle. Il a remis au Quai d’Orsay un rapport sur les Balkans occidentaux et a remporté des appels d’offres de projets européens… de Bruxelles. Parmi eux, le projet « Voix d’Europe centrale et orientale : 4 scénarios pour l’Europe », un projet co-financé par le programme « Europe for Citizens »… de la Commission européenne… ce qui nous mène directement dans l’antre du mal, aux côtés d’Ursula von der Leyen, ou de Kaja Kallas… Le projet fut d’ailleurs mené à bien en partenariats avec des institutions également douteuses et européistes de Slovaquie, de Pologne, d’Autriche, d’Italie, de Tchéquie ou de Lituanie. Les objectifs souterrains de l’organisation sont donc clairs, non moins que les finances qui viennent directement de l’Union européenne et par la puissance de ses réseaux fait que les membres du think tank sont des invités et des « experts de plateaux » de médias français très nombreux, comme LCI, Sud Radio, Le Parisien, M6, TF1/TMC, France 5 (C dans l’Air), Le Monde, Le Figaro, Les Échos, France Info, RFI, RTS (Suisse), Ouest-France, l’un des médias les plus russophobes de France…
A propos des médias étatiques, l’agent européiste Aurélien Duchêne est d’ailleurs référencé dans une liste des 100 experts en vue des questions internationales par France Culture… Média menant tout droit au gouvernement français et à l’Élysée, en plus du Quai d’Orsay. Aurélien Duchêne a publié à ce jour trois livres, le premier Russie : la prochaine surprise stratégique ? (2021), La Russie de Poutine contre l’Occident (2024) et L’Europe et ses armées (2026). Il est intéressant de noter qu’il n’a commencé à exister que grâce au conflit ukrainien (son business en quelque sorte), le propulsant alors partout sur les plateaux TV. Le second livre en dit également très long, avec la diffusion du fake sur des plans imaginaires d’invasion de l’Europe par la Russie. C’est même une idée fixe et centrale chez Aurélien Duchêne. Le troisième livre est aussi très parlant, militant pour pour une Europe fédérale et une armée fédérale européenne, un plan martelé par tous les dirigeants européistes. Ses positions sont d’ailleurs de faire entrer la France dans une guerre contre la Russie, avec toute l’Europe et l’OTAN (même s’il s’en défend, très maladroitement).
L’homme qui veut entraîner la France dans une guerre contre la Russie. Il devint enseignant à l’Université Catholique de Lyon et à l’ILERI, mais il fut aussi délégué français au Sommet de la jeunesse du G20, à Johannesburg (2025) et coprésident du Sommet de la jeunesse du Y7 (2026), en charge : « des bouleversements géopolitiques ». Atteindre un tel niveau ne peut que signifier de hautes et puissantes protections (que nous verrons ci-dessous), alors qu’il était devenu chroniqueur régulier chez LCI (depuis 2023). Il ne cesse depuis d’ahaner et d’éructer une hostilité hallucinante contre la Russie. Parmi les propos dangereux, au-delà de son européisme forcené et d’un soutien à l’Ukraine, notons qu’il fit une comparaison absurde entre le 11 septembre et un bombardement russe à Kiev (27 septembre 2026). Ses propos sont dangereux, car ils cherchent à désinformer l’opinion publique sur la nature des bombardements stratégiques de la Russie, sur les objectifs de guerre, tout en déshumanisant les Russes, devenant alors « des terroristes ». Il est allé plus loin car il est aussi membre d’un collectif dénommé SkyShield, qui appelle la France et les pays européens à s’engager dans la guerre pour « protéger le ciel ukrainien », ce qui déclencherait immédiatement un conflit généralisé (il s’est d’ailleurs affiché publiquement avec Xavier Tytelman, l’homme s’étant lui-même affiché avec un t-shirt et l’insigne de la 14e division SS Galicie). Il n’a pas hésité à s’attaquer à des hommes politiques, qualifiés de « pro-russes » ou de reprendre le narratif du « pouvoir russe », employant des mots proches de l’insulte et de la violence.
Duchêne et l’Open Diplomacy Institute. L’affaire d’ailleurs ne s’arrête pas là… car Aurélien Duchêne est aussi : « Fellow de l’Open Diplomacy Institute ». C’est un autre think tank français, fondé en 2010, par Thomas Friang (lié à la banque de France, Young Leader de l’Institut Aspen, maintes fois primé), dont l’objectif officiel : « est de permettre aux citoyens français, en particulier les jeunes de comprendre et de participer à la vie internationale ». Il s’agit là clairement d’un outil de la guerre d’influence devant racoler des « recrues » dans cette élite de la jeunesse, notamment par son programme : « Jeunes Délégués », existant depuis 2011 et qui recrute, forme et finance… des jeunes de moins de 30 ans pour représenter la France lors des sommets du G20 et G7 (versions « jeunes », Y20 et Y7). La bourse offerte reste toutefois très modeste, officiellement environ 300 euros pour envoyer les recrues, mais l’hébergement et les frais sur place sont entièrement supportés par le pays hôte. Les « formations » sont également gratuites, avec des diplomates… des journalistes (tiens, tiens…) et des « chercheurs ». Notez que l’Open Diplomacy Institute a organisé le Y7 de Paris (17-20 mai 2026) et avec le soutien… du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Les candidatures sont triées sur le volet… seules les « créatures » sont évidemment sélectionnées, des personnages clairement européistes et atlantistes. L’Open Diplomacy est financée en partie par les cotisations de ses membres, mais aussi dernièrement par la région… Normandie (programme Parlementaires pour la Guerre… euh pardon pour la Paix !), des réseaux partenaires, notamment des écoles du système et par le Quai d’Orsay… de nouveau. La liste des financiers et partenaires de l’organisation est aussi révélatrice, car elle comprend l’AFD, l’équivalent français de l’USAID ou de la NED américaines… Elle affirme aussi avoir infiltré de nombreuses écoles supérieures et universités. Plus graves sont d’incroyables mécènes « privés », menant à EDF, Schneider, L’Oréal, BNP Paribas, Axa et bien d’autres. Enfin la liste des « médias partenaires » est intéressante également, elle ajoute Le JDD, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, La Croix ou… Toute l’Europe.eu. Une vaste liste d’organisations d’influences sont aussi citées, avec de nouveau l’Institut Delors, mais aussi l’IFRI, la Fondation Jean Jaurès, l’Institut Montaigne, d’autres encore, dont la German Marshall Fund of th US… que dire de plus ?
L’association… possède 0 salarié permanent, mais a reçu des fonds du gouvernement français, dans un pays qui n’en a pas (plus…), pour un total de 242 000 euros (entre 2019 et 2021). L’étrange institut revendiquait environ 500 membres et officiellement l’argent servirait : « à la formation de jeunes délégués, à l’organisation d’événements et de consultations, à la production intellectuelle, à l’animation de réseaux de diplomatie parallèle et aux bourses de transport »… Vous apprécierez la formule « diplomatie parallèle »… Quant au salaire et aux revenus du jeune Duchêne, c’est un mystère, mais nous pouvons supposer, qu’avec toutes « ses fonctions », le jeune Aurélien mène la grande vie et entasse les jaunets…