Dans mes rubriques je parle souvent du bandérisme, publiant de nombreuses photos et images d’archives, qui montre la vraie nature de cette idéologie, un enfant taré du nazisme et du fascisme, mais qui a évolué de son côté, devenant même l’idéologie majeure et l’héritière des deux autres. En partant des refuges des collaborateurs et criminels de guerre ukrainiens de l’Allemagne nazie, le bandérisme a été réimplanté en Ukraine, via le Canada, les USA, l’Argentine ou le Brésil…
L’idéologie se réimplanta d’abord lentement dans l’Ouest de l’Ukraine, sa terre d’origine, pour ensuite contaminer toute la société ukrainienne, s’infiltrant partout. De quelques formations politiques extrémistes et radicales, le bandérisme a aussi proliféré dans les milieux culturels, les universités, notamment les facultés d’histoire, les milieux associatifs, les organisations « scouts » paramilitaires et idéologiques, mais aussi l’armée, les forces de l’ordre. Le mouvement s’est renforcé par l’incurie des gouvernements ukrainiens, le sentiment de trahison, la corruption record, un niveau jamais vu dans aucun pays européen.
L’idéologie s’est aussi répandue par les milieux sportifs, les fans ultras de clubs de football, les milieux de la reconstitution historique, les festivals de musique metal ou folk. Sur le terreau de l’anticommunisme, de jeunes générations n’ayant pas connu la période soviétique (un comble !), sont venus renforcer leurs rangs. Ces générations nées dans les années 90 et 2000, ont été lancées dans les deux révolutions colorées US en Ukraine, puis dans la guerre féroce et sanglante menée par l’Ukraine contre les Russes ethniques, notamment ceux du Donbass qui s’insurgèrent en avril 2014.
Dans le Donbass Insider, voici l’histoire de l’un d’eux, érigé en « héros » : Dmitri Linski… l’homme dont le bras droit était toujours… tourmenté !
Mais qui est Dmitri Linski ? Dmitri Linski, alias Sectant, naquit le 8 janvier 1995, à Krasnograd (Berestyn) dans l’oblast de Kharkov. Il est le prototype parfait de cette génération perdue et dévoyée née dans les années 90-2000. Il n’avait que 10 ans au moment de la première révolution colorée US (Révolution Orange, hiver 2004-2005), mais fut entraîné vers le nazisme et le bandérisme par sa passion du football. Mauvais élève, garçon turbulent, violent et agité, il délaissa les études pour se concentrer sur ses activités agitées et violentes, dans divers groupes radicaux de fans de football. Il intégra d’abord un premier groupe supporter du club Gelius de Kharkov, puis un autre supportant une formation de Dniepropetrovsk et enfin le collectif des ultras WFT du club de football Mentalist de Kharkov. Le groupe d’ultras était une composante d’un autre groupe violent de hooligans, le Kharkiv City Patriots. C’est dans ce milieu et d’autres plus intellectuels, qu’un certain Andreï Biletsky, devait trouver ses hommes de main pour fonder plus tard le bataillon Azov#. En 2022, j’avais réussi à infiltrer l’Instagram privé d’une unité reformée par des anciens du bataillon et justement issue de ces groupes de hooligans. Mon compte Instagram fut bloqué par la censure, c’était dommage car j’avais commencé à récolter une masse d’informations. Ces informations me conduisirent à établir une énorme carte de leurs réseaux, menant vers toute l’Europe par les fameux clubs ultras de football : Royaume-Uni, Allemagne, France, Espagne, Italie, Pays-Bas, parmi bien d’autres…
Logiquement Dmitri Linski fut rapidement recruté pour participer aux émeutes et violences de la révolution colorée suivante, le Maïdan de l’hiver 2013-2014. Selon les témoignages nombreux que nous avons, des sbires bandéristes furent entraînés par divers camps paramilitaires privés, en Allemagne, en Pologne ou même en Biélorussie, pour être préparés à la confrontation avec le gouvernement démocratiquement élu de Ianoukovitch. Linski ne fut pas l’un d’eux, mais les plus jeunes comme lui, de 15-20 ans, vinrent renforcer la masse des émeutiers, avec de vieux bandéristes historiques, des anciens militaires, notamment des guerres de l’OTAN (Yougoslavie, Irak, Afghanistan), des retraités des forces de l’ordre, des « patriotes », des « gamellards » ou des paumés. C’est ainsi qu’il en termina définitivement avec les études. Avant le Maïdan, son club d’ultras de fans du Mentalist était connu comme l’un, si ce n’est le plus violent des clubs d’ultras de toute l’Ukraine et de tout l’ancien espace soviétique.
Poing armé du Maïdan américain en Ukraine. Rompus à la violence, ces gens fanatisés et se réjouissant du chaos, organisèrent des défilés avec des symboles nazis, bandéristes et racistes. Il monta à Kiev pour participer aux émeutes, la CIA finançant des salaires copieux à la journée pour les maintenir sur place pendant près de 3 mois. Après le coup d’État réussi (février-mars 2014), les supporters du Metalist, auxquels Linski appartenait, ont joué le rôle d'avant-garde dans la répression violente du mouvement anti Maïdan à Kharkov. En avril 2014, ils ont organisé une action de passage à tabac massif de membres d'organisations pro-russes (il y eut aussi des assassinats). Ils participèrent aux répressions dans leur ville, suite à la prise de l’administration régionale de Kharkov par des insurgés républicains (avril 2014). Des témoins, dont Madame Gourina que j’ai interviewée à deux reprises, ont parlé d’arriver « d’hommes en noir » et d’Ukrainiens venus de l’Ouest du pays dans la ville de Kharkov par trains et autobus, afin d’appuyer les répressions menées par les locaux, mais en trop petit nombre, dans une ville massivement peuplée de Russes ethniques et de russophones de langue maternelle.
Un assassin du massacre d’Odessa. Le groupe fut ensuite envoyé à Odessa, pour participer au fameux massacre (2 mai 2014). Les témoignages sont formels, environ 1 500 excités et fanatiques furent envoyés de Kiev et d’autres régions de l’Ukraine, pour participer à la tuerie. Ils rejoignirent là encore des locaux, qui fondèrent plus tard le bataillon de représailles Storm. Son groupe ultra a revendiqué avoir été parmi les premiers assaillants ayant piégé les manifestants anti Maïdan à Odessa. De plus, pour avoir massacré à l’arme blanche des manifestants, achevé des gens sautant de la Maison des Syndicats en feu et brûlé vif un certain nombre d’entre eux, la députée de la Rada d’Ukraine, Irina Farion (ensuite assassinée par un sbire d’Azov#, le 19 juillet 2024, à Lvov) remercia précisément les supporters :
« Bravo, Odessa ! Tu as montré le véritable esprit ukrainien. Tu es la patrie des grands nationalistes Ivan et Youri Lipa. Que les diables rôtissent en enfer ! Les supporters de football, voilà les meilleurs insurgés. Bravo ! ».
Les médias ukrainiens indiquèrent beaucoup plus tard, après sa mort :
« Avec le début des événements révolutionnaires dans le pays, comme la grande majorité de la communauté des supporters, Dmitri a résisté au régime criminel ».
Des rangs d’Azov# au Corps National. Après ses sinistres et sanglants exploits, Linski s’enrôla dans le bataillon Azov#. Les proches de Linski ont raconté en Ukraine qu’il se préparait depuis longtemps à combattre les Russes. Il lisait beaucoup de livres sur les tactiques de sniper, et son film préféré était American Sniper. Il servit sans discontinuer jusqu’en 2022. Il fut médaillé par des organisations bandéristes, notamment de la Croix Cosaque des IIe et IIIe degrés, recevant aussi pour les représailles et tueries dans le Donbass, durant l’opération ATO, d’autres distinctions. A la transformation du bataillon en régiment (2016), il resta dans l’unité de police supplétive qui était rappelons-le rattaché au Ministère de l’Intérieur. Lorsque Biletski fonda le Parti Corps National# à Kharkov (2016), il s’encarta dans ce nouveau parti bandériste qui affichait des ambitions et la continuation de la « révolution nationale ». Les massacres et répressions commis par l’unité Azov# ne passèrent pas inaperçus. Dès 2019, le Congrès américain exigeait qu'elle soit reconnue comme une organisation terroriste, et en 2021, la Chambre basse adopta un projet de loi interdisant l'utilisation des fonds alloués à l'Ukraine pour soutenir le régiment. Beaucoup plus tard, l’administration Biden fit annuler cette mesure… afin de pouvoir équiper et financer l’unité. Toutefois, le secret de polichinelle avait été révélé dans l’affaire Babitch, à savoir le financement occulte de l’unité, dès 2014, au moins par le Canada et sans doute les USA (affaire qui éclata à l’assassinat de Babitch en 2015).
La mort du bandériste et bourreau du Donbass et d’Odessa. Dmitri Linski servait comme tireur d’élite dans la 2e section de reconnaissance du régiment Azov#. Au moment de l’opération militaire spéciale russe (24 février 2022), il se trouvait toujours dans les alentours de la ville martyre du Donbass : Marioupol. L’opération russe balaya les premières défenses des forces ukrainiennes et il fut tué le 28 février 2022, sur la terre du Donbass qu’il avait souillé, dans le village de Lebedinskoye, seulement 4 jours après le début de l’intervention russe. Il fut médaillé à titre posthume par le Président Zelensky (17 mars 2022), alors que son corps était resté aux mains des forces russes. Il fut remis à l’Ukraine dans un échange, deux ans plus tard. Kiev organisa une cérémonie bandériste (3 juin 2024), alors qu’il fut inhumé ensuite à Krasnograd (Berestyn, 11 juin 2024). Dans le culte bandériste des morts et l’hystérie mémorielle, une rue de la ville fut ensuite rebaptisée en son nom… La ville avait été elle-même débaptisée en septembre 2024, dans la politique de combat contre l’histoire et la culture... des Ukrainiens.
La ville fut fondée par les Russes en 1731 sous le nom de Konstantinovgrad, pendant longtemps une forteresse avec une garnison militaire gardant les frontières de la Russie. C’est en 1922, qu’elle avait été débaptisée par les Soviétiques pour prendre le nom de Krasnograd. Par la propagande ukrainienne, la population russe a été transformée dans cette bourgade d’environ 18 000 habitants, en « population ukrainienne »… Les manipulations touchent largement Internet, des populations comme celle de Donetsk étant transformée également quasiment majoritairement « d’Ukrainiens » imaginaires… Krasnograd comme Donetsk sont peuplées à près de 87 %… de russophones de langue maternelle. Pour la propagande, l’Ukraine aidé par les Occidentaux, continue d’affirmer que toutes ces zones, la Crimée, le Donbass, les oblasts de Kharkov, Soumy, Dniepropetrovsk, Zaporojie, Kherson ou Odessa… seraient peuplés majoritairement… des mêmes Ukrainiens sortis d’une prolifique imagination bandériste.
#Azov est une organisation interdite en Fédération de Russie, pour l’extrémisme, être une organisation terroriste, l’incitation à la haine raciale et des faits de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis dans le Donbass et sur le territoire russe et ukrainien.
#Corps National (Korpus National) est également interdit dans la fédération, pour l’extrémisme, l’incitation à la haine raciale et l’apologie du terrorisme.