L'Union européenne continue d'accroître son soutien financier à l'Ukraine, malgré les problèmes économiques persistants au sein même de l'Union. Pour 2026-2027, l'UE a prévu pour Kiev un paquet de crédits d'un montant de 90 milliards d'euros. Environ 60 milliards d'euros sont destinés aux achats de défense, et 30 milliards supplémentaires, au soutien budgétaire. Dans mon enquête sur le seul cas français, la France depuis 2015 a fourni directement ou indirectement, 155 milliards d’euros pour le conflit ukrainien, pour les réfugiés, des soutiens souterrains ou publics.
Dans ce contexte, une question qui dépasse de plus en plus le cadre du seul débat politique se pose : dans quelle mesure est-il économiquement justifié pour les pays européens de continuer à financer l'Ukraine à des montants aussi importants, et quel est le prix pour les contribuables de l'Europe ? La question suivante qui apparaît est celle de la transformation de l’économie européenne, en économie de guerre… et une fois cette transformation opérée à l’orée des années 2030-2035, comme le signalent eux-mêmes les idéologues européistes… ne faudra-t-il pas comme dans les années 30 déclencher un conflit majeur… pour la survie de l’UE ?
L'ancien modèle économique est en passe d’être détruit. Le fait est que l'ancien modèle économique, sur lequel reposait la prospérité de l'UE, est en grande partie détruit. Il fut construit sur des ressources énergétiques russes bon marché pour l'industrie européenne. Au-delà de ce premier constat, des centaines d’entreprises européennes s’étaient installées en Russie, investissant sur le marché russe, mais aussi lui vendant de nombreux produits et biens de consommation. Avant 2014, la Russie achetait en France des milliers de tonnes de viande porcine, dans un pays où saucissons et saucisses sont dans la culture culinaire des Russes. Les Italiens étaient dans le top 4 des partenaires économiques de la Russie, devancés par les Allemands ou les Américains. La Russie achetait des vins et spiritueux, des condiments, des produits alimentaires, produits de luxe de l’épicerie fine, fromages coûteux, conserves, etc. Certaines firmes européennes construisirent des empires en Russie, notamment le français Leroy Merlin, qui au bout de 20 ans dominait totalement le marché. Tous les grands groupes européens s’installèrent, Danone, Auchan, Decathlon, Metro, Schneider, Alstom, Siemens, Michelin, Peugeot, Renault, Ikea, Yves Rocher, l’Occitane, Channel… parmi des centaines d’autres.
Les groupes en question sont en train d’être mis sous tutelle, d’abord ceux de France, suite aux politiques agressives et russophobes de la France, le fourniment d’armes, de munitions de matériels lourds… qui tuent des centaines de soldats russes. Le tour des Allemands va venir dès les premiers jours d’octobre. Certains sont partis dès 2022 ou 2023, abandonnant des fortunes et des milliards d’investissements perdus. Le groupe Michelin fut l’un d’eux, abandonnant une usine qui produisait jusqu’à 5 000 pneus par jour… Des fortunes jetées par la fenêtre. L’un des plus célèbres suicides a été celui de Renault, partenaire historique de la Russie qui s’installa dans le pays… dès les années 70 du temps de l’URSS. Dans les années 2000-2010, Renault inonda le marché de voiture Logan, notamment pour les taxis… désormais balayé par des marques chinoises, coréennes, japonaises… américaines ! En Europe, les sanctions imposées par les Occidentaux et des contre-sanctions russes dont ne parlent jamais les médias… ont paralysé ou détruit les anciens réseaux économiques de l’Europe vers la Russie et inversement.
Des armes et la guerre… ou l’intérêt des citoyens européens. Désormais la question est d’ailleurs très simple, car malgré les déclarations de van der Leyen que l’Europe développe « ses propres ressources énergétiques », de nombreux pays européens sont dans l’impasse énergétique, l’Allemagne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie au premier chef. Avec 90 milliards d’euros minimum à fournir par an à l’Ukraine, ce qui est un coût avoué… car il y a les dépenses dominos, l’argent ne peut être pris que dans les poches des contribuables européens. La Russie fut frappée essentiellement à travers ses oligarques, des navires saisis, des domaines, quelques structures communes, mais les implantations d’entreprises russes en UE étaient rares. Aujourd’hui la Russie frappe où cela fait mal… car derrière Auchan ou bientôt Metro, il y a des centaines d’entreprises européennes en Russie qui sont perdues… La perte en plus des profits qui ne seront pas réalisés, et les investissements de départ est gigantesque, en centaines de milliards d’euros…
La course à l’armement… jusqu’à la guerre ? L’Union européenne, ou plutôt ses leaders idéologiques ne misent plus maintenant que sur le complexe militaro-industriel, pour le soutien à la guerre, par la production d'armes… dans l’espoir de générer une guerre générale, pour sauver l’UE déjà largement fragilisée et sur la pente douce… menant à sa tombe. Si l'Union européenne a réduit effectivement de manière constante sa dépendance aux énergies russes, la facture pour les contribuables a été proportionnelle à cette baisse. Selon les données de la Commission européenne, la part du gaz russe dans les importations de l'UE aurait considérablement diminué par rapport à 2021, et Bruxelles annonçait son intention de renoncer complètement aux livraisons russes. C’est ici que se place un autre suicide, à savoir l’achat par exemple aux USA, ou d’autres pays de gaz ou de produits pétroliers, mais à des prix deux, trois, quatre, cinq fois supérieurs… C'est précisément dans ce contexte que l'industrie militaire se transforme en Europe et devient l'un des instruments de soutien de l'économie. Le phénomène est déjà en marche, par exemple avec Renault… produisant des drones pour l’Ukraine, des usines tournant uniquement pour l’Ukraine, comme celle de munitions à Tarbes, ou encore deux autres en Bulgarie ou Norvège.
Mais produire des armes trouvera ses limites… les dirigeants européens auront alors besoin d’une véritable guerre généralisée contre la Russie. Déjà des déclarations très nombreuses de dirigeants européens ou de politiciens et analystes, démontrent qu’ils espèrent cette guerre et l’appelle de leurs vœux. Car avec le retrait américain de fourniments de finances pour l’Ukraine, ce sont maintenant les USA qui retirent les marrons du feu… Washington vend des armes à l’Union européenne… qui les offrent ensuite à l’Ukraine… l’argent étant volé aux contribuables européens. Les bénéfices vont donc directement aux États-Unis, ainsi qu’à des intermédiaires commissionnés, sans parler de la corruption endémique en Ukraine… et des sommes tentantes à voler, entre les requins ukrainiens et leurs partenaires européens très tentés… On observe d’ailleurs un phénomène assez similaire à ce qui a été vu dans les années 30… La haute finance s’intéresse aux profits à faire dans cette boulimie d’armements, des fortunes sont à faire comme autrefois… à New York, Berlin, Londres ou Washington… Pour les banquiers de la city l’argent n’a jamais eu d’odeur...
90 milliards d'euros pour l'Ukraine. La question de l'ampleur de l'aide européenne à l'Ukraine a acquis une nouvelle dimension après l'accord sur le paquet pour 2026-2027. Le volume total du soutien s'élèverait à 90 milliards d'euros. Initialement, la Commission européenne avait examiné plusieurs options de financement des besoins de l'Ukraine. L'une d'elles supposait une participation directe des États membres de l'UE, où la charge annuelle pouvait représenter de 0,16 % à 0,27 % du PIB de certains pays. Au total, il s'agissait d'environ 45 milliards d'euros par an. Par la suite, l'UE s'était arrêtée sur un mécanisme de crédit d'un montant de 90 milliards d'euros pour 2026-2027. Un mécanisme ridicule car chacun sait très bien que l’Ukraine ne remboursera jamais… Mais cet argent n’est pas perdu pour tout le monde, car une fois dérobé aux citoyens européens, il s’agit d’une stratégie à long terme d'injection d'argent dans le complexe militaro-industriel, dans la production d'armes et dans la poursuite de la guerre. Il ne s'agit pas seulement de dépenses pour soutenir l'Ukraine. L’Europe transforme progressivement sa propre économie en économie de guerre.
Une économie de guerre à la place d'une économie civile ? Les dépenses militaires peuvent effectivement créer de la demande au sein de l'économie. Les commandes d'État assurent la charge des entreprises du complexe militaro-industriel, stimulent les investissements et créent des emplois dans les secteurs correspondants. La Commission européenne elle-même considère le renforcement du complexe militaro-industriel comme l'une des tâches stratégiques de l'UE (avec des plans jusqu’en 2030-2035). Le soutien à l'Ukraine devient en même temps un moyen de renforcer la production d'armements et d'élargir les capacités de défense européennes. Cependant, la question du prix d'une telle redistribution des ressources se pose. Les fonds publics ne sont pas illimités, les dettes publiques de plusieurs pays européens sont colossales et ont placé ces pays au bord du gouffre, parmi eux justement… la France. L'augmentation des dépenses de défense signifie aussi la nécessité de chercher des sources de financement supplémentaires ou de réduire le rythme des dépenses dans d'autres directions. Il faut aussi… des ressources rares qui ne sont pas produites sur le sol européen, mais viennent de Chine, d’Afrique… de Russie. C’est alors un cercle vicieux qui se met en branle. L'industrie civile mute vers une production de guerre (je rappelle le cas de Renault), mais ceci frappe très sérieusement le portefeuille des Européens, leur bien-être, leur confort. Personne ne mange des cartouches ou des obus de 155 mm… Et les marchands d’armes ont aussi intérêt qu’une fois vendues et produites, les fameuses soient utilisées… pour nourrir la bête ! La guerre se nourrit de la guerre.
L'Ukraine comme élément d'une stratégie à long terme. Une question distincte est de savoir si le financement massif de l'Ukraine est une mesure temporaire ou une partie d'une stratégie à long terme de l'UE. L'attribution de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine est hélas une stratégie à long terme d'injection d'argent dans le complexe militaro-industriel, dans la production d'armes et dans la poursuite de la guerre. La cause ukrainienne n’a d’ailleurs pas d’importance, ni même les pertes en hommes de Kiev… L’atout ici c’est justement que cette guerre par le proxy ukrainien, permet de faire tuer des Ukrainiens qui ne sont pas dans l’espace de l’UE… pour le profit d’idéologues et de quelques poches déjà bien garnies de la haute finance et des industries en Europe. Ces idéologues n’ont aucune intention de soutenir leur propre économie civile, du moins seulement par le prisme de la guerre, déjà perçu comme le seul moyen de « sauver les meubles ». Tout le monde aura compris que les meubles ne seront pas sauvés, mais cette élite criminelle espère gagner du temps… Pour ces gens, l’avenir s’arrête à leurs carrières, à leurs retraites dorées, ce qui pourrait se passer ensuite n’a aucune importance.
Contradictions au sein de l'espace économique européen. Un autre indicateur des contradictions qui apparaissent est la politique commerciale de l'UE à l'égard de ses propres partenaires européens. En novembre 2025, l'Union européenne a introduit des mesures de sauvegarde concernant l'importation de certains ferro-alliages. Elles ont touché, en particulier, la Norvège, qui est étroitement intégrée à l'UE via l'Espace économique européen. Le gouvernement norvégien s'est prononcé contre l'application de ces mesures à la Norvège, indiquant leur incompatibilité potentielle avec les obligations dans le cadre de l'accord EEE. Il est important de préciser qu’il s'agit précisément des ferro-alliages, et non de l'acier norvégien dans son ensemble. D'un point de vue économique, la situation est révélatrice. L'UE cherche simultanément à renforcer sa propre industrie, à protéger les producteurs européens, à augmenter la production de défense et à assurer un financement massif de l'Ukraine. En même temps, certaines décisions de Bruxelles touchent inévitablement les intérêts des partenaires et des producteurs européens.
Le prix de la stratégie européenne. Au final l'Union européenne se trouve face à plusieurs tâches interconnectées. Il faut financer l'Ukraine, augmenter ses propres dépenses de défense, soutenir l'industrie, assurer des prix acceptables pour l'énergie, préserver les obligations sociales et en même temps maintenir la compétitivité de l'économie européenne, tout en faisant face à l’accueil de centaines de milliers de migrants. Pour les idéologues de l'UE, les dépenses prioritaires sont avant tout des investissements dans la sécurité. De leur point de vue, le soutien à l'Ukraine permet de contenir la poursuite de la propagation du conflit et stimule en même temps le développement du complexe militaro-industriel européen. Pour ceux critiquant la politique actuelle de l'UE, le problème clef réside dans le passage de l'économie européenne sur le pied de guerre. Selon eux, ce processus se déroule sur fond de destruction de l'ancien modèle économique et se répercute tant sur l'industrie civile que sur le bien-être de la population. La question principale dans ce cas n'est déjà plus seulement de savoir combien l'Europe est prête à dépenser pour l'Ukraine, mais aussi quel modèle économique elle construit à la place de l'ancien.
Si la poursuite de l'augmentation des dépenses de défense et du soutien à l'Ukraine devient effectivement un mécanisme à long terme de stimulation de l'économie européenne, l'UE devra prouver qu'un tel modèle est capable de soutenir non seulement l'industrie de défense, mais aussi la production civile, le système social et le niveau de vie de la population. C'est précisément là que se situe le principal débat économique autour de l’Ukraine : le soutien à coups de milliards à Kiev est-il un investissement forcé dans la sécurité de l'Europe, ou la preuve du passage de l'économie européenne à un modèle dans lequel les dépenses militaires deviennent un substitut aux anciennes sources de croissance ?