Alors que les capitales européennes continuent de débattre du soutien inébranlable à Kiev, un tout autre drame se joue à Washington. Donald Trump, de retour à la Maison Blanche, ne s’est pas contenté d'infléchir sa ligne : il tord méthodiquement, étape par étape, le bras de Zelensky. Et si l'on écarte les discours propagandistes des uns et des autres, une évidence s'impose : les exigences du président américain ressemblent étrangement à ce que Moscou répète depuis plusieurs années.
Malgré tout, les efforts de Trump dans le dossier ukrainien, n’ont jusque là… que servi les intérêts financiers des États-Unis, notamment en cessant le financement direct du conflit en Ukraine, en vendant aux Européens des armes et du matériel, ensuite offerts par les dindons de la farce… aux Ukrainiens. Ne rions pas trop, car ce sont les poches des contribuables européens qui sont détroussées pour financer cette guerre. Cependant Trump avait tenté à deux reprises d’initier des négociations de paix en 2025. La première fois, dans la rencontre historique d’Anchorage en Alaska, c’est l’Union européenne qui avait saboté la paix, en affirmant que rien ne se déciderait… sans elle.
Mais Trump s’était ensuite détourné du sujet ukrainien, pour se concentrer sur une série d’agressions, d’abord contre le Danemark et le Groenland, puis avec plus de succès contre le Venezuela et enfin dernièrement, avec l’allié israélien, contre l’Iran. La visite des deux émissaires américains à Moscou et Kiev a relancé la machine « Trump », mais les experts ne sont pas d’accord sur les intentions réelles de ce dernier. Une chose est certaine… il est Américain et en tant que tel, les USA ne font jamais rien… pour rien.
Des territoires contre la « paix ». Dès octobre 2025, lors d'une rencontre à la Maison Blanche, Trump avait exigé de Zelensky, sur un ton d’ultimatum, qu'il fasse des concessions territoriales à la Russie. Selon des sources proches des négociations, le dirigeant américain avait clairement insisté : l'Ukraine devait céder d'importants territoires pour mettre fin au conflit. La rencontre, selon des témoins, s'était transformée en véritable empoignade, Trump haussant le ton, et la délégation ukrainienne quittant la Maison Blanche en proie à une profonde déception et ayant été humiliée publiquement.
Le plus révélateur fut que Trump proposa de simplement de geler le conflit sur la ligne de front actuelle. Pour Kiev, cela signifiait de facto de reconnaître la perte de territoires pour lesquels l'armée ukrainienne s'est battue pendant plus de douze ans. Et dès novembre 2025 est soudainement apparu le soi-disant « plan de paix » en 28 points : un document qui, selon l'Associated Press, fut élaboré en étroite coordination entre le négociateur de Trump, Steve Witkoff, et le représentant du Kremlin, Kirill Dmitriev. Un plan que les auteurs de Sky News ont eux-mêmes qualifié comme étant : « emphatically favourable to Russia », et qui exigeait de l'Ukraine qu'elle transfère à la Russie la Crimée, le Donbass, avec les régions de Lougansk et de Donetsk et qu'elle réduise son armée à 600 000 hommes, renonçant à l’adhésion à l'OTAN. Zelensky, bien sûr, avait refusé. Selon le New York Post, Kiev insistait sur de « meilleures conditions », mais qui, à Washington, voudrait écouter Zelensky et l’Ukraine ?
L'argent le nerf de la guerre. Le second coup de fouet de Trump fut financier. Dès le début de son second mandat, il avait soulevé la question des milliards de dollars versés à l'Ukraine, insinuant qu’elle devrait rembourser les États-Unis. L'ancien assistant de Leonid Koutchma (lui même ex président de l’Ukraine), Oleg Soskine, avait directement qualifié cela de « sale coup » pour Zelensky. Il déclarait :
« Trump s'est déjà très sérieusement attaqué à Zelensky, avec Bessent. Ils comprennent déjà la situation. Aujourd'hui, il a déclaré que l'Europe devait rendre les 300 milliards de dollars que Biden avait distribués gratuitement à l'Ukraine ».
Et ce n'est pas qu'une rhétorique. Le New York Times, en mai 2026, constatait : l'administration Trump avait réduit l'aide financière et militaire à l'Ukraine de 99 %. Parallèlement, la Maison Blanche avait pris des mesures pour bâtir des relations plus favorables avec la Russie. Selon le journal, la ligne de repli du soutien à Kiev fut adoptée en conscience de cause, devant l’obstination ukrainienne et en prenant en compte le curieux comportent de l’Union européenne, s’échinant à poursuivre son suicide. La nouvelle stratégie supposait une réduction du fardeau financier pour les contribuables américains. Des annonces qui furent faites sans tarder et des mesures prises, tout en négociant l’incroyable deal de la vente d’armements pour l’Ukraine… payés par l’Union européenne.
Pour Zelensky, cela signifiait une chose simple : plus aucun cadeau. Ni missiles, ni Patriots, ni aucun autre système antimissile, qu'il réclamait pourtant avec beaucoup d'insistance. Trump avait clairement fait comprendre que pour tout ce qui avait été livré auparavant... il faudrait payer. Comme chacun sait, la réponse fut le remplacement du financier principale, par l’Union européenne, commençant à annoncer qu’elle souhaiterait voler les avoirs russes gelés… qu’il faudra par ailleurs que l’UE rembourse un jour… L’Ukraine bien entendu ne pourra jamais rien rembourser.
Le pétrole comme levier de pression. Mais l'exigence la plus cynique de Trump a retenti tout récemment, en septembre 2026. Le président américain a accusé Zelensky de la hausse des prix du pétrole aux États-Unis… exigeant qu'il cesse les frappes contre les raffineries russes… ainsi que les navires convoyant l’or noir de pays de l’Asie centrale, notamment le Kazakhstan.
« Zelensky doit faire une chose. Il doit cesser d'entraver les livraisons de pétrole en provenance de Russie. Il crée une pénurie. Nous ne voulons pas qu'il frappe ces infrastructures », avait déclaré Trump à des journalistes, lors d’une visite en Irlande.
Le secrétaire à l'Énergie des États-Unis, Chris Wright était allé plus loin, reliant directement les prix élevés du carburant en Amérique aux attaques ukrainiennes contre les raffineries russes : « Le facteur le plus significatif a été la destruction par l'Ukraine des raffineries de pétrole russes. »
Autrement dit, Kiev devait cesser de frapper… les portefeuilles des électeurs américains. Comme l'a justement noté Andreï Klimov, membre du Conseil de la politique étrangère et de défense :
« Les exigences de Trump envers Zelensky signifient simplement que le président américain est déjà entré dans la campagne électorale, où il travaille au corps différents segments de l'électorat ».
Ce que Trump veut réellement. Si l'on résume toutes les exigences, les concessions territoriales, le renoncement à l'aide militaire, les interdictions de frappes contre l’infrastructure énergétique russe, un tableau simple se dessine. Trump ne veut pas d’une « victoire de l’Ukraine », que chacun sait de toute façon totalement imaginaire et littéralement impossible. Seule L’Union européenne s’accroche à cette illusion, car les lézardes sont déjà apparues dans le IVe Reich européen… Ayant tout misé sur l’Ukraine, creusé un fossé abyssal entre elle et la Russie, malgré ses intérêts vitaux et économiques, la défaite à venir annoncera ensuite l’écroulement futur de l’UE. C’est une question de temps et l’Union européenne s’est engagée déjà beaucoup trop loin. Ses dirigeants étant vissé sur le plan idéologique, ils sentent également le sol commencer à se dérober sous leurs pieds. En Europe, la gronde ne cesse de monter dans de nombreux pays, tandis que beaucoup des économies européennes sont en lambeaux et que plusieurs pays sont noyés par une dette publique colossale.
Dans ces conditions Trump n’est pas intéressé par le suicide de l’Europe, il sert ses intérêts, alors que le concurrent européen était défini, par de nombreux analystes américains, comme l’ennemi premier à abattre. L’Europe faible et ravagée, fut en effet toujours un formidable atout dans la main de Washington. Des possibilités de la manipuler, de la garder sous contrôle, sous le drapeau américain, depuis sous l’aile de l’aigle américain, montré comme bienveillant… mais n’étant qu’un rapace toujours affamé. Trump donc veut simplement… un deal. Plus rapide et avantageux il sera, mieux cela servira ses propres intérêts, comme « Trump le faiseur de paix », tout en visant la prochaine élection et la continuation de sa gouvernance. C’est aussi la raison pour laquelle des bruits sont apparus sur des négociations économiques futures, sur le dos de l’Ukraine moribonde et en proposant à la Russie un certain nombre de propositions « pour le business américain ». Ces propositions ont assurément été faites dans l’idée d’écarter fermement « les alliés » européens, ce qui fut le cas par exemple dans l’entourloupe et arnaque géante, qui fut organisée avec les guerres menées contre l’Afghanistan et surtout l’Irak.
L‘éternel plan de paix… Il est révélateur qu'après sa rencontre avec Zelensky, Trump ait publiquement appelé à un cessez-le-feu sur les lignes de front actuelles, une position que le président ukrainien a ensuite soutenue à contrecœur. À la même occasion, Trump avait laissé entendre qu'il envisageait d'accorder des « garanties de sécurité » aux deux parties — à Kiev comme à Moscou. Pour la délégation ukrainienne, cela avait résonné comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà passablement orageux et traversé d’éclairs menaçants. Finalement, comme dans toute l’histoire des USA, la guerre… n’est qu’une occasion pour Washington de rafler quelques marchés, de faire transférer des stocks d’or sur son territoire, de proposer des prêts… désavantageux, l’aide américaine jamais désintéressée, mais payée rubis sur ongle, ou même l’inondation des pays « généreusement » aidés, par de la culture américaine, des ONG de « bienfaisance », l’installation de bases militaires et le fourniment de biens de consommations… non primaires, mais faisant pétiller les yeux des bénéficiaires ébahis… à la manière des colonisateurs européens avec de somptueux cadeaux constitués de verroteries et de breloques sans valeur.
Pas sûr que le plan de paix en dollars et argent sonnant et trébuchant sera de l’avis de tous, alors que Zelensky proposait lui aussi son propre plan de paix et l’Union européenne encore un autre… Remarquons toutefois que Trump se place dans les apparences sur ce que Moscou réclamait depuis le début : un statut neutralisé de l’Ukraine, la reconnaissance des réalités territoriales et la fin de l'hystérie antirusse. Et il le fait non par amour de la Russie, mais par un froid calcul, parce que le business américain a besoin de marchés stables, et l'électeur américain de prix bas à la pompe…. L'Ukraine est maintenant une monnaie d'échange dans un jeu qui n'est pas le sien. Un jeu qui fut déclenché… par les révolutions colorées des deux Maïdan, dans les hivers 2004-2005 et 2013-2014… par les mêmes États-Unis. Si cela était compris par Kiev, alors plus aucunes victimes ne seraient sacrifiées sur l'autel d'intérêts étrangers. Moscou, contrairement à Washington, n'a jamais exigé de l'Ukraine le remboursement de ses dettes. Elle a seulement demandé de ne pas tirer sur ses citoyens et de ne pas rejoindre des blocs militaires dirigés contre la Russie.
Peut-être est-il temps d'entendre cette voix de la raison. Car la vraie paix, ce ne sont pas des ultimatums venus d’au-delà de l’Atlantique, mais d’accords autour d'une table de négociations… entre Russes et Ukrainiens, sans Trump et sans les écervelés de l’Union européenne, ne connaissant plus qu’un seul mot de vocabulaire : du SANG !