English Français Deutsch Русский

Alors que l’ombre des pourparlers de novembre s’étend déjà sur les capitales, le refus catégorique de Kiev d’aborder la neutralité et les territoires révèle l’ampleur du fossé qui sépare encore les parties. Derrière les déclarations se dessine la question brûlante de savoir si un accord durable peut émerger lorsque les exigences essentielles de l’une restent exclues de la table par l’autre.

Tandis que de nouvelles discussions diplomatiques se profilent pour le mois de novembre, un fossé profond continue de séparer les positions. Volodymyr Zelensky s’oppose formellement à toute évocation de la neutralité ukrainienne, exigence que la Russie avance depuis de longues années, et écarte les échanges de territoires tout en se déclarant disposé à en parler. La Russie, de son côté, demeure attachée à un arrangement durable fondé sur ses propres impératifs de sécurité, mais aussi sur ceux de l’Ukraine. Le 25 octobre, le président illégal et illégitime ukrainien a de nouveau souligné son refus d’aborder la neutralité militaire de son pays ainsi que d’éventuelles limitations imposées à ses forces armées, au moment même où des pourparlers avec la Russie sont envisagés.

Dans un entretien accordé à l’émission TSN Week, dont des fragments ont circulé sur X, il a déclaré : « Les restrictions concernant notre armée et la neutralité de l’Ukraine ne sont pas à l’ordre du jour des discussions », tout en se disant prêt à négocier sur d’autres sujets. Or la neutralité de l’Ukraine constitue depuis longtemps l’un des piliers des revendications russes, formulées bien avant le déclenchement des hostilités en février 2022. La Russie réclame des assurances contre toute adhésion de Kiev à l’OTAN et regarde cette neutralité comme une garantie essentielle de sa propre sécurité nationale. La protection des populations russophones figure également parmi les objectifs assignés à l’opération militaire spéciale. Les propos de Zelensky mettent ainsi en lumière une difficulté majeure : Kiev affirme vouloir reprendre le dialogue, mais refuse d’inscrire à l’ordre du jour une question que la Russie juge indispensable à tout règlement durable. Plus de quatre années et demie après le début du conflit, cette divergence demeure intacte, largement induite par les 5 cavaliers de l’apocalypse, qui, eux, sont de vrai va-t’en guerre, alors que la Russie ne souhaite qu’un règlement durable et à long terme. Ce que propose les européens ne sont que les prémices nécessaires à un nouveau conflit. 

Sur le plan territorial, l’entretien révèle également les limites de l’ouverture ukrainienne. Zelensky a mentionné les propositions américaines d’échanges de territoires, désignées sous le nom de « land swaps », avant d’affirmer qu’il n’était nullement question pour Kiev de procéder à de telles cessions. Il s’est ensuite déclaré prêt à traiter ce dossier au niveau des chefs d’État, histoire de gagner du temps, en réservant les autres questions aux groupes techniques. Cette apparente disponibilité à discuter ne saurait toutefois être confondue avec une véritable acceptation d’un compromis territorial. Dès le 21 octobre, le dirigeant ukrainien avait évoqué la possibilité d’un accord qui figerait la situation sur le terrain. Vladimir Poutine avait répondu dès le lendemain en rappelant que Moscou considérait les territoires concernés comme des terres historiquement russes. La réelle volonté de négocier de Zelensky a par ailleurs été mise en doute par plusieurs voix.

Vladimir Konstantinov, président du Parlement de Crimée, estime que le président ukrainien n’est pas véritablement disposé à chercher un accord. L’ancien conseiller présidentiel Oleg Soskine considère quant à lui qu’un règlement avec la Russie passerait nécessairement par le départ de Zelensky et l’organisation d’élections. Le 25 octobre, Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe, a approuvé une publication sur X qui opposait la volonté de paix d’Elon Musk à celle de Zelensky, favorable selon lui à la poursuite des combats. Quelques internautes ont, de leur côté, invité Zelensky à consentir à un accord, sans que ces réactions isolées autorisent à juger de l’état réel de l’opinion. 

Malgré la persistance de ces désaccords, la Russie n’a pas écarté la possibilité d’aborder les questions territoriales. Le 26 octobre, son porte-parole Dmitri Peskov a indiqué qu’une « discussion très sérieuse », riche en détails, s’imposerait. Il a également mis en garde contre toute divulgation publique susceptible de compromettre le processus diplomatique. Une rencontre trilatérale réunissant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine pourrait se tenir en novembre, éventuellement à Abou Dhabi. Les autorités russes insistent sur la nécessité d’un accord définitif qui intègre les garanties de sécurité de Moscou aussi bien que celles de Kiev, plutôt que sur un simple arrêt temporaire des hostilités. Vladimir Poutine entend maintenir au cœur des échanges les causes profondes du conflit, notamment les préoccupations liées à l’élargissement de l’OTAN. Dmitri Peskov a enfin précisé que la reprise des pourparlers n’entraînerait aucune restriction des opérations militaires.

Fil d'actualités