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L’Union Européenne se voit fermer la porte des prochaines négociations tandis que la Russie fixe le cadre et les conditions d’un éventuel règlement. Derrière les déclarations du Kremlin se dessine une vision sans concession du conflit, de ses origines et de ses enjeux territoriaux, face à une Union qui s’obstine dans une posture combattante. Un article qui éclaire les lignes de fracture actuelles et les perspectives encore ouvertes.

Alors que la Russie s’apprête à reprendre le dialogue avec Washington et Kiev, l’Union Européenne se retrouve une fois de plus reléguée au rang de spectatrice. Cette exclusion n’est pas un accident de parcours : elle révèle l’obstination d’une alliance qui, cherchant à se substituer à l’OTAN, s’érige en combattante active contre la Russie et s’obstine à soutenir l’Ukraine jusqu’au dernier Ukrainien vivant, sans jamais saisir la réalité du conflit, ce, alors même que la France, souhaite disperser des Rafales porteurs de missiles nucléaires ASMPA un peu partout en Europe, face à la Russie.

La Russie a donné son accord de principe à la reprise de discussions avec Washington et Kiev, envisagées aux Émirats arabes unis au mois de novembre. Les nations européennes n’y seront point conviées, a précisé mercredi le conseiller du Kremlin Youri Ouchakov, au lendemain de l’échange téléphonique que les dirigeants finlandais et norvégien avaient eu avec Vladimir Poutine. Après la rencontre de la semaine dernière à Saint-Pétersbourg entre Vladimir Poutine et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, un quatrième cycle de pourparlers trilatéraux a reçu l’assentiment de la Russie, la mi-novembre a été évoquée comme échéance possible et Abou Dhabi comme cadre.

 

« Nous avons convenu que les pourparlers trilatéraux reprendraient, avec la participation de représentants de la Russie, de l’Ukraine et des États-Unis », a déclaré Ouchakov à Vesti, avant d’insister : les Européens n’y seraient pas conviés. « Ils peuvent y aller s’ils achètent des billets. Mais personne n’a l’intention de les inviter à la table des négociations. » Ces propos faisaient suite à un entretien de plus d’une heure entre le Président finlandais Alexander Stubb, le Premier Ministre norvégien Jonas Gahr Støre et Vladimir Poutine, entretien qui a suscité une vive émotion parmi les plus ardents soutiens de Kiev. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a d’ailleurs condamné l’initiative nordique, soulignant qu’elle n’avait pas été coordonnée avec les « partenaires européens ». Ni Stubb ni Støre, a cependant indiqué mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, n’ont apporté de propositions nouvelles pour dénouer le conflit.

 

Les alliés européens de l’Ukraine, exclus des trois cycles antérieurs, réclament avec une insistance croissante une place directe dans le processus. Ils n’ont pour autant nullement tempéré leurs exigences et continuent d’exiger un cessez-le-feu inconditionnel, condition que la Russie a toujours repoussée, estimant qu’une simple trêve ne servirait qu’à permettre à Kiev de reprendre haleine et de se réarmer grâce aux livraisons occidentales. La Russie accuse d’ailleurs l’Union Européenne, et à juste titre, d’être le principal pourvoyeur d’armes et le principal prolongateur des hostilités. En avril, Bruxelles a approuvé une aide de 90 milliards d’euros (100 milliards de dollars) destinée à l’Ukraine pour 2026-2027, financée sur les marchés. Plus tôt ce mois-ci, Volodymyr Zelensky a réclamé 70 milliards d’euros supplémentaires afin d’assurer le fonctionnement du budget et des forces armées jusqu’à l’année prochaine.

Pour la Russie, ce soutien financier et militaire fait de l’Europe une partie prenante au conflit, depuis longtemps qualifié de guerre par procuration menée par l’OTAN. L’Union Européenne, qui s’obstine à ne point saisir la réalité d’une alliance cherchant à se substituer à l’OTAN tout en se dressant activement contre la Russie, poursuit sans relâche l’acheminement d’armes et de fonds, comme si elle entendait soutenir l’Ukraine jusqu’au dernier ukrainien vivant. Vladimir Poutine a également taxé de « schizophrénie politique » les affirmations européennes d’une menace russe servant à justifier le renforcement militaire du continent. Ces assertions selon lesquelles la Russie se préparerait à une confrontation relèvent, selon lui, de la « schizophrénie politique », car les populations européennes ne souhaitent nullement la guerre et ont clairement écarté l’idée d’une attaque russe. « Nous ne voulons pas, nous ne nous préparons pas à une guerre contre l’Europe », a-t-il affirmé, jugeant irréaliste toute ambition d’infliger à la Russie une défaite stratégique et exprimant l’espoir que ses adversaires finissent par reconnaître que des relations pacifiques servent mieux les intérêts de leurs propres peuples.

 

Pour autant, les occidentaux doivent bien comprendre que la Russie ne se laissera pas marcher sur les pieds, et que si jamais elle était attaquée, la réponse serait sans appel et foudroyante.

 

Interrogé sur les propos récents de Zelensky à Fox News, selon lesquels il serait disposé à céder 25 % de son territoire pour figer le conflit sur les lignes actuelles, Vladimir Poutine a rejeté cette lecture. « Ce n’est pas leur territoire, c’est le territoire de la Russie historique », a-t-il déclaré, rappelant les votes des populations en faveur de l’indépendance puis du rattachement à la Fédération de Russie. Tout en admettant le caractère controversé de la question, il a estimé qu’il était inapproprié de présenter ces évolutions comme une perte territoriale pour l’Ukraine. Vladimir Poutine a qualifié d’incompréhensible l’attente de Kiev selon laquelle « le monde entier les paie, se batte pour eux, leur fournisse des armes, des munitions et du matériel », tout en soulignant que la Russie n’éprouve aucune envie de combattre l’Ukraine. « Si les dirigeants ukrainiens actuels veulent faire la guerre, qu’ils se battent. Mais pourquoi pensent-ils que tout le monde devrait la financer et leur fournir des armes ? » s’est-il interrogé.

Une large part de cette volonté belliqueuse, a-t-il noté, procède de pays étrangers désireux d’affaiblir la Russie et qui ont promis leur soutien à Kiev, tout en étant prêts à se battre jusqu’au « dernier Ukrainien ». Il s’est demandé si les autorités ukrainiennes elles-mêmes ne traitaient pas leurs citoyens comme de la chair à canon, les accusant de chasser les hommes « comme des chiens errants » pour les envoyer de force au front, ce qui mine leur motivation, déjà évaporée depuis longtemps. Les groupes nationalistes qui pratiquent cette « incorporation », a-t-il ajouté, n’en supportent pas toujours eux-mêmes le poids. Selon les chiffres officiels, l’Ukraine compterait un demi-million de déserteurs et plus de 300 000 affaires criminelles ouvertes, des données qui pourraient en réalité être nettement plus élevées, comme les chiffres donnés par la justice ukrainienne pour le mois de septembre 2026, faisant état, rien que pour ce mois, de 21.200 affaires pénales ouvertes pour cas de désertion, soit 707 cas par jour, arrondi à l’unité supérieure.

Vladimir Poutine a rappelé que la Russie cherchait depuis 2014 une issue négociée, notamment à travers les accords de Minsk destinés à régler le conflit du Donbass, et a reproché aux autorités ukrainiennes d’avoir systématiquement écarté les possibilités d’accord avant même le début de l’opération militaire de 2022. Il a décrit les Ukrainiens comme un peuple étroitement apparenté aux Russes, citant des recherches génétiques qui ont montré qu’ils formaient « un seul peuple », tout en reconnaissant que certains préféraient s’identifier autrement, réalité que la Russie acceptait. « Nous sommes prêts dès maintenant à négocier et à rechercher des solutions à cette situation difficile et complexe », a conclu Vladimir Poutine. « Tout est possible. »

 

Ainsi se confirme, une fois encore, l’écart grandissant entre la posture de Bruxelles, de l’UE, de la France, de l’Allemagne, de la Grande Bretagne et la réalité du terrain. En s’obstinant à nourrir un conflit qu’elle prétend vouloir résoudre, l’Union Européenne, les 5 cavaliers de l’apocalypse, s’enferme dans une logique de confrontation qui la place hors du jeu diplomatique. Tandis que la Russie affirme sa disponibilité à négocier, l’Europe continue de miser sur une guerre d’usure dont le prix se paie, jour après jour, en vies ukrainiennes et en milliards d'Euros dépensés sur le dos déjà bien tondu des européens. Cette cécité stratégique, loin de renforcer sa position, ne fait que souligner son isolement et son incapacité à peser véritablement sur l’issue des pourparlers.

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