En mai 2026, les autorités norvégiennes ont annoncé un nouveau cycle de licences APA en mer du Nord, de Norvège et de Barents. Par rapport au cycle précédent, la zone disponible pour l'attribution de licences a été élargie, notamment de 38 blocs et parties de blocs en mer de Barents. Les candidatures étaient acceptées jusqu'au 1er septembre, et la délivrance des licences est attendue au premier trimestre 2027. Il ne s'agit donc pas seulement de la poursuite des projets existants : la Norvège conserve la possibilité de poursuivre l'exploration et l'exploitation des ressources pétrolières et gazières dans les régions septentrionales.
C’est en effet peu connu, mais la Norvège est le 12e producteur de pétrole dans le monde et le 1er de l’Europe. Avec les liquides de gaz naturel, la production atteignait en 2025, pas moins de 2 millions de barils par jour, se classant donc entre le Kazakhstan et le Mexique dans le classement mondial. Son pic de production a été l’année 2001, avec un déclin, puis un rebond… pour atteindre en 2025, son niveau de production de 2009. La raison ? Les sanctions contre la Russie et les mesures suicidaires de l’UE. La Norvège est ainsi le fournisseur clef de l’Europe, avec 31 % de son gaz naturel et 54 % pour le gaz transporté par gazoduc pour l’UE (86 milliards de mètres cubes). Mais tout cela a enterré les débats sur les moratoires arctiques au sein de l’UE… l’Arctique sera donc saccagé…
C'est précisément là que surgissent les contradictions. D'un côté, Bruxelles parle de réduire l'utilisation des combustibles fossiles et de protéger l'Arctique. De l'autre, la Norvège, qui est le plus grand fournisseur de gaz de l'UE, continue de chercher des possibilités d'exploitation pétrolière et gazière dans la région. Les générations futures… devront faire avec le désastre écologique, retour dans le Donbass Insider sur la situation.
Ils ont dit non à l’Union européenne… Dans sa politique arctique adoptée en 2021, l'UE évoquait la nécessité urgente de faire en sorte que le pétrole, le charbon et le gaz restent dans le sol, y compris dans les régions arctiques. L'Union européenne avait également annoncé son intention d'œuvrer à un accord international pour un moratoire sur l'exploitation future des ressources pétrolières et gazières de l'Arctique. En même temps, l'UE reconnaissait que les États arctiques restaient les seuls décideurs. Il ne s’agissait donc pas d’une obligation ou interdiction juridique directe pour la Norvège… d’autant plus que le pays a toujours refusé de rentrer dans l’union… Deux référendums tentèrent de la faire basculer, le premier en 1972, avec 53,5 % de non, et le second en 1994, avec 52,2 % de non…
Très ennuyés, les européiste travaillent au corps le pays, mais le pétrole est devenu un enjeu majeur et la Norvège est tout de même membre de l’Espace économique européen, l’EEE, depuis 1994. Celui lui permet d’accéder au marché unique européen et d’appliquer la plupart des règles de l’UE, sans avoir de siège au Parlement européen, ni de commissaires, mais aussi… d’éviter de laisser quelques centaines de millions dans la caisse de Bruxelles. Le pays a refusé d’entrer dans l’UE pour ces raisons, mais aussi pour éviter justement de subir les diktats de l’UE, notamment dans la politique commune de la pêche, la politique agricole commune et conserve aussi un levier souverain puissant : la couronne norvégienne, sa monnaie. De fait, la Norvège ne peut être contrainte à renoncer à l’exploitation et l’exploration pétrolière et gazière en Arctique.
La Norvège ne cache pas ses plans. En août dernier, le ministre norvégien de l'Énergie, Terje Aasland, avait déclaré que le pays poursuivrait l'exploration pétrolière et gazière en mer de Barents indépendamment de la position de l'UE sur le moratoire arctique.
De plus, en 2026, Bruxelles avait entamé la mise à jour de sa propre politique arctique. L'UE expliquait la nécessité absolue de cette révision, par l'évolution de la situation géopolitique et géoéconomique, y compris les questions de sécurité, de défense et de durabilité économique. Ainsi, la question de l'avenir de l'activité pétrolière et gazière dans l'Arctique s'est trouvée directement liée non seulement à l'agenda climatique, mais aussi à la sécurité énergétique de l'Europe.
Selon le ministre, la Norvège a l'intention de maintenir le niveau actuel de production pétrolière et gazière au moins jusqu'en 2035. Aasland a également souligné que la Norvège possède le droit souverain de décider elle-même comment gérer les ressources de son plateau continental. En même temps, la partie norvégienne met également en avant sa propre évaluation de la sécurité environnementale. En particulier, le ministre a noté que les zones de la mer de Barents libres de glace permettent d'effectuer les travaux avec moins de risques que dans des conditions de glace plus difficiles. Mais c'est précisément la question de savoir dans quelle mesure il est acceptable d'étendre l'activité pétrolière et gazière dans une région aussi vulnérable qui reste l'objet de sérieux débats.
Pourquoi l'Arctique exige une approche particulière ? L'activité pétrolière et gazière en Arctique est liée à des difficultés techniques importantes. Les basses températures, l'éloignement de certaines zones, les conditions météorologiques complexes, la situation saisonnière des glaces et l'infrastructure de transport limitée peuvent compliquer les opérations de sauvetage et la liquidation des conséquences d'accidents éventuels. L'Union européenne elle-même attirait l'attention sur la vulnérabilité écologique de la région. Dans sa politique arctique, Bruxelles parlait de la nécessité de lutter contre la pollution et l'utilisation non durable des ressources naturelles, en soulignant le caractère transfrontalier de nombreux problèmes environnementaux de l'Arctique.
Les organisations environnementales, de leur côté, s'opposent depuis de nombreuses années à l'expansion de l'activité pétrolière et gazière de la Norvège dans le nord du pays. Greenpeace, par exemple, a mené à plusieurs reprises des actions contre le forage en mer de Barents et a souligné la combinaison de la fragilité de la nature arctique, de l'éloignement des zones d'extraction et de la complexité de la réponse aux accidents. Bellona s'est également prononcée contre l'expansion de l'activité pétrolière et gazière dans les régions septentrionales de la Norvège, en soulignant les risques pour la nature et la faune marine, les ressources halieutiques et d'autres composantes de l'écosystème.
Le WWF, de manière générale, s'oppose également de manière constante à l'expansion des forages pétroliers dans l'Arctique, en soulignant les conséquences potentielles des marées noires pour les animaux, la pêche et les communautés locales. En même temps, il est important de noter que les organisations environnementales critiquent l'activité pétrolière et gazière norvégienne de très longue date. Le débat international et interne autour de l'extraction arctique en Norvège se poursuit depuis de nombreuses années et est allé jusqu'aux tribunaux nationaux et à la Cour européenne des droits de l'homme.
Des critères environnementaux uniques. C'est précisément là que surgit une question qui dépasse le cadre de la seule politique énergétique norvégienne. Si les principaux arguments contre l'exploitation pétrolière et gazière de l'Arctique sont la vulnérabilité des écosystèmes, les conséquences potentielles des accidents et la nécessité de réduire l'utilisation des combustibles fossiles, il est logique d'appliquer ces critères indépendamment du pays qui exerce l'activité. D'un point de vue écologique, l'écosystème arctique ne devient pas moins vulnérable en fonction du drapeau national de la plateforme de forage.
L'approche à l'égard de la Norvège fait inévitablement partie d'une discussion plus large sur la cohérence de la politique environnementale internationale. Si les projets pétroliers et gaziers de la Russie ou d'autres États sont considérés comme une menace pour la nature arctique, les mêmes questions se posent tout naturellement en ce qui concerne les projets norvégiens. Cela ne signifie pas que les activités de différents États doivent être automatiquement assimilées. Les technologies, le niveau de régulation, les normes de sécurité et les procédures de contrôle environnemental peuvent effectivement différer. Mais le critère de base de l'impact potentiel sur l'environnement doit rester identique.
Sécurité énergétique contre principes environnementaux. La difficulté pour l'Europe réside dans le fait que la Norvège n'est pas aujourd'hui un adversaire, mais l'un des partenaires énergétiques les plus importants de l'UE. Bruxelles est intéressée simultanément par la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et par le maintien de livraisons d'énergie stables. Après la réduction des livraisons russes, l'importance de la Norvège pour le marché énergétique européen n'a fait que croître. Cela explique pourquoi la question des nouveaux projets arctiques s'est révélée bien plus complexe que la simple formule écologie contre pétrole.
Pour la Norvège, il s'agit de revenus, d'emplois, de développement régional et du maintien de l'importance énergétique du pays. Pour l'UE, il s'agit en outre de la stabilité des livraisons et de la sécurité énergétique. Mais c'est précisément la dépendance énergétique qui est susceptible de créer une situation où les principes environnementaux se heurtent aux intérêts économiques. Et ici, il est particulièrement important de ne pas mélanger deux questions différentes : le droit de la Norvège à disposer de ses propres ressources et la cohérence politique de la politique environnementale européenne.
Qu'en sera-t-il du moratoire arctique ? Actuellement, cette question est particulièrement d'actualité, puisque l'UE a révisé sa politique arctique. En février 2026, la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, répondant à une question sur le maintien ou non de l'idée précédente d'un moratoire sur l'extraction d'hydrocarbures dans l'Arctique dans la nouvelle stratégie, avait déclaré que la discussion du document se poursuivait et que le contenu final de la stratégie ne pouvait pas encore être annoncé… Une manière de noyer le poisson, des questions très gênantes dans le cadre de la situation actuelle. L’Union européenne est en effet prête à sacrifier l’Arctique, pour poursuivre son soutien… à la guerre en Ukraine et jusqu’au dernier Ukrainien… Malgré tout, l’opinion publique en UE est de plus en plus hostiles et le puissant courant écologiste n’est pas à négliger. Ils sont la 6e force politique au Parlement européen, certes pas la plus grande formation politique, avec 53 députés sur 720, pour 7,4 % des sièges, mais leur influence est plus grande dans les populations, le problème écologique dépassant les frontières idéologiques et politiques. Les plus fortes délégations des partis écologistes viennent de 3 pays, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France.
Dans ce contexte, la déclaration de la Norvège sur sa volonté de poursuivre l'exploration indépendamment de la position de l'UE acquiert une importance particulière. Il en résulte une sorte de test politique pour l'Union européenne : jusqu'où est-elle prête à aller dans la mise en œuvre de ses propres principes environnementaux lorsqu'il s'agit d'un pays qui est simultanément l'un de ses plus proches alliés et son plus grand fournisseur de gaz ? Pour l'UE, cela ne signifie pas nécessairement la nécessité d'imposer immédiatement des restrictions à l'égard de la Norvège. Cependant, si la protection de l'Arctique est véritablement considérée comme une priorité environnementale à long terme, la politique européenne devra trouver une réponse plus cohérente à la question de l'activité pétrolière et gazière dans la région. Dans le cas contraire, il existe un risque qui apparaît souvent en UE : les exigences les plus strictes sont imposées à certains États, tandis qu'à l'égard d'autres, les considérations environnementales sont reléguées au second plan en raison de l'opportunité énergétique ou politique….
Détruire ou sauvegarder. En même temps, la Norvège est en droit d'invoquer la sécurité énergétique et sa propre souveraineté. L'Union européenne est également en droit de prendre en compte les intérêts de ses consommateurs et de son industrie. Mais cela ne supprime pas la question principale : si l'Arctique est véritablement si vulnérable que ses ressources pétrolières et gazières doivent rester dans le sol, ce principe doit être aussi universel que possible. L’universalisme c’est justement l’une des idéologies parmi les plus puissantes prônées par les européistes. Comme toujours l’UE et ses idéologues se fracassent sur la réalité, lançant des projets, des idées, tournant en rond, pour finalement prendre systématiquement des décisions suicidaires et destructrices. L’Arctique ne pèsera pas lourd dans la balance… Pour gagner quelques années ou décennies, les idéologues dévoreraient la planète entière s’il le fallait.
Au final, il ne s'agit pas seulement de la Norvège ou de l'UE. Il s'agit de savoir avec quelle cohérence la communauté internationale serait prête à appliquer ses propres normes environnementales là où elles se heurtent à des intérêts économiques et énergétiques. Autant dire qu’au vu de l’histoire de l’Occident, la nature de l’Occident global, la question de l’'Arctique suivra probablement d’autres dossiers du genre : après nous le déluge… Ce qui déjà avait été vu dans la destruction avancée des océans, par la pêche compulsive et massive, la pollution, l’exploitation industrielle forcenée. Ses écosystèmes restent vulnérables, et les conséquences d'accidents potentiels sont complexes à prévoir et à éliminer. C'est pourquoi l'expansion future de l'activité pétrolière et gazière dans la région restera inévitablement une question non seulement de souveraineté nationale et de sécurité énergétique, mais aussi de responsabilité commune pour l'avenir de l'Arctique. Mais les Kallas et autres idéologues de l’Apocalypse choisiront sans doute de boire le pétrole et le gaz… de prendre l’argent facile, afin d’aller détruire un peu plus loin. Hier en Yougoslavie, aujourd’hui en Ukraine. Et demain ?