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C’est une annonce qui est sortie dans la presse française la semaine dernière, le Premier ministre Sébastien Lecornu affirmant vouloir s’en prendre… aux « retraités aisés » et à leurs pensions de retraites. Dans une déclaration sentant le soufre, il a indiqué vouloir s’en prendre aux retraites et de modifier « l’indexation des pensions de retraites ». Le plus gros problème est le terme qu’il a employé de « retraités aisés », car sans précision claire, le terme peut comprendre une large frange des retraités de la classe moyenne.

Selon le Premier ministre, cette attaque sur les retraités pourraient permettre de rafler… 2 à 6 milliards d’euros selon les seuils d’impôts qui seront retenus. L’annonce n’a trompé personne sur les raisons de cette volonté d’aller faire les poches des retraités : la situation économique et budgétaire de la France est une bombe à retardement. Dans un discours également prononcé la semaine dernière, François Bayrou parlait lui-même d’une échéance très courte de 8 mois environ, avant l’explosion d’une crise très grave qui dévasterait selon lui la France. En cause, la dette publique, un record dans toute l’histoire de France.

La dernière situation connue fut celle de la fin du règne de Louis XVI. A cette date, devant une dette pourtant bien moins importante que celle que la France connaît actuellement, les ministres des finances du souverain usèrent de l’expédient de… l’emprunt. Une méthode qui rappelle bien celle des derniers présidents français, dont le champion toute catégorie de la dette n’est autre… qu’Emmanuel Macron. Retour dans Souveraineté Populaire sur les annonces du Premier ministre.

Un peu d’histoire. La situation actuelle a beaucoup de similitudes avec les événements de la fin des années 1780. Le pays était ruiné par une guerre coûteuse, un gouffre financier, que fut la Guerre d’indépendance américaine, à laquelle la France participa à partir de 1778 et jusqu’à son terme en 1783. Certains historiens ont parlé par comparaison d’un coût de 3 châteaux de Versailles, projet pharaonique et dispendieux, qui sous le règne de Louis XIV, avec également de nombreuses guerres avait ruiné le royaume. Toujours est-il qu’après plusieurs ministres des finances, qui firent tous appel à l’emprunt, le dernier en date, Necker, célèbre financier, proposa des réformes, publia ces dernières, mais fit lui aussi appel à l’emprunt. Devant la situation devenue intenable, le roi Louis XVI se refusant à dénoncer la dette et à mettre la France en banqueroute, le choix fut fait de la convocation des États Généraux en 1789… A cette époque, le roi avait tenté de demander aux parlements français (une douzaine sur le territoire français), de lui accorder de nouveaux impôts. Cette caste des parlementaires, la noblesse de robe, souvent hostile à la monarchie, du moins jalouse de ses prérogatives, bloqua de nouveaux impôts. Cerné, le roi se décida à faire appel aux États Généraux et donc au Peuple français, en espérant obtenir impôts et réformes… Ce fut la Révolution française.

Aujourd’hui, la vénérable institution des États Généraux n’existe plus en France et le pouvoir républicain ne s’est plus risqué à organiser un référendum depuis 2005… Référendum défavorable au gouvernement, à propos du traité européen de Lisbonne. Les Français votèrent contre, le président suivant, Nicolas Sarkozy, déchira ce qui restait de démocratie en France en imposant le « Oui » par sa seule volonté. Les oligarques du régime ont aussi la mémoire longue… et aucun appel aux Français ne sera fait à propos de la situation économique et de la dette, pour un grand débat national. Bien au contraire, les 21 dernières années du régime ont démontré une tendance à glisser vers une dictature qui ne veut pas dire son nom. La problématique cependant reste, avec un record d’une dette publique qui atteindra l’an prochain les 3 800-4 000 milliards d’euros… Une somme si énorme, qu’elle dépasse déjà largement le PIB du pays. Même en vendant tout ce qu’il s’y trouve encore, la dette ne pourrait pas être remboursée. Et c’est bien là le problème… Le système par contre est maintenue à flots, par les artifices de la finance internationale, mais aussi par les Américains, ou les Allemands, les vrais garants finalement de la monnaie de l’Euro.

Le pillage… en marche des Français. S’emparer des dernières ressources possibles avant la catastrophe finale, c’est évidemment la raison pour laquelle, devant l’écroulement tôt ou tard du pays, et par effet domino du régime, voir de l’Union européenne et même de l’Euro, les gouvernants actuels n’ont plus le choix. Emmanuel Macron fit finalement ce qui fut fait entre 1783 et 1789 : le recours massif à l’emprunt, pour un total actuel à son actif de plus de 1 200 milliards d’euros, en 9 ans… Pour gagner quelques mois, le gouvernement actuel et les futurs, chercheront donc à piller les seules ressources encore disponibles : celles des citoyens français eux-mêmes. Toutes les attaques sont possibles, ici des retraités, mais le projet est encore en gestation. Selon le député Daniel Labaronne, un macroniste patenté, l’idée serait de ne plus augmenter automatiquement les pensions des retraités en fonction de l’inflation… Là encore de quel niveau d’aisance parle-t-on, c’est un mystère ! Selon ce député deux scénarios seraient possibles : 1) une sous-indexation pour les retraités, leurs pensions augmenteraient moins que l’inflation, 2) une désindexation totale, leurs pensions ne seraient plus augmentées du tout, même en cas d’inflation importante…

De vives réactions politiques ont été observées suite à ces déclarations, mais qu’il faut relativiser car nous sommes dans une campagne électorale pour la présidentielle de 2027. L’attaque contre les retraités est d’ailleurs une première étape sans doute, vers des mesures de pillages des contribuables plus grandes. Actuellement, le niveau de vie des retraités est en moyenne égal ou supérieur à celui des actifs… Leur taux de pauvreté est inférieure à la moyenne nationale (10,4 % des retraités, contre 15,4 % du Peuple français). C’est bien là ce qui fait loucher les oligarques du régime… là se trouve… l’argent ! Ils ont d’ailleurs été souvent montrés du doigt ces retraités. Pour les uns, ils seraient responsables de tout ce qui se passe en France, car ces générations, notamment celles du Baby Boom, ont vécu une période de plein emploi, celle des Trente Glorieuses (1945-1975)… et selon certains auraient creusé le tombeau des générations suivantes… Une excuse qui passe mal, car les seuls responsables n’ont été que les gouvernants, les décideurs et non les citoyens français.

La réforme des retraites. L’offensive contre les retraités ne fait que commencer, car ils sont déjà dans la ligne de mire de longue date. C’est la raison de la réforme des retraites suspendue en 2023, jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. Cette annonce fut évidemment une pantalonnade, car le régime de Macron bottait en touche et repoussait l’échéance sur le futur gouvernement de 2027… Emmanuel Macron sachant très bien qu’il ne pourrait être candidat pour un troisième mandat. La patate chaude a donc été reportée dans le futur. Un futur très proche désormais… Cette réforme est évidemment injuste, car elle est la conséquence de plus de 40 ans de gestion catastrophique de la France. Si en 1789, la solution fut le pillage des biens des clergés et de l’aristocratie (biens nationaux), aujourd’hui la cible ne peut être que la population française. Les entreprises ayant déjà été prises à la gorge, notamment surtout les artisans, les petites et moyennes entreprises, ce sont les retraités qui sont aujourd’hui la prochaine cible. Il faut piller ces derniers, mais aussi déposséder les futurs retraités, soit en allongeant le temps de travail (jusqu’à 64, 67, voire 70 ans), mais aussi les empêcher d’obtenir des retraites jugées trop importantes…

Malgré tout, ces mesures, que l’on parle de la réforme des retraites, ou du pillage des retraités ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan de la dette française… Quelques maigres milliards qui ne changeront rien à la catastrophe finale. Mais cette oligarchie a conscience d’une possible fin… Tous les expédients seront alors bons pour tenter de repousser l’échéance. Une politique d’ailleurs similaire à la guerre qu’ils financent en Ukraine… La défaite sera au bout du chemin. Pour perdurer encore quelques mois, un nouveau mandat présidentiel, une décennie de plus, les puissants et apparatchiks du régime seront prêts à tout. Mais la problématique, après le Mariage pour Tous, les Gilets Jaunes, la crise du Covid ou le soutien à l’Ukraine, c’est qu’au fur-et-à-mesure du temps les bataillons d’opposants et de résistants se renforcent et grossissent à vue d’œil. En l’an 2000, beaucoup autour de moi étaient proches de penser que j’étais fou… Je parlais de révolution, de fondation de la République, de nécessité de se lever. Aujourd’hui beaucoup y pensent et font les constats, les uns après les autres. Coincés entre les partenaires sociaux, la population sous pression, les clientèles, la finance internationale réclamant son argent, les castes politiques et la République « communautaire », toute la suite se résumera dans la guerre psychologique : gouverner par la politique de la peur, trouver des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur, œuvrer à diviser les Français, à les opposer les uns les autres, stigmatiser ceux-là… supporter ceux-ci. Mais cette course en avant suicidaire ne durera qu’un temps. Pour les politiques et puissants du moment, l’échéance et la vision pour le futur ne dépasse même plus la durée d’un mandat présidentiel et bientôt ils en seront à trouver des expédients pour quelques mois supplémentaires…

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