Une rubrique sur la corruption des milieux et élites politiques, alors que depuis l’apparition des politiciens professionnels, cumulards de mandats, les affaires éclatent les unes après les autres sous la Ve République. Ces politiciens sont devenus une caste, à la manière de l’aristocratie sous l’Ancien Régime. Ils ne s’intéressent pas à l’intérêt général, ni de la France, ni du Peuple français, mais à des objectifs personnels, de carrière, d’enrichissement, de pouvoir. Ils sapent le tissu social, détruise la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme, vivent dans des milieux endogames et népotiques, ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire une arme simple : la biographie. A travers l’étude des biographies, apparaît alors la vraie nature de ces politiciens corrompus, d’oligarques, de barons locaux et d’une faune cravatée.
C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires furent plus nombreuses à partir de la présidence de Giscard d’Estaing et François Mitterrand, puis se multiplièrent jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Nous assistons à une corruption massive des milieux politiques, le mauvais exemple étant donné au plus haut niveau de l’État. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, un état des lieux effrayant mais nécessaire. Aujourd’hui j’aborderai le cas de Christine Herzog, une sénatrice qui fait en ce moment le buzz médiatique, car elle a été frappée d’une mesure de censure avec exclusion temporaire….
Dans cet article de Souveraineté Populaire vous découvrirez aussi l’histoire d’un homme de l’ombre… Norbert Chetail, sorte d’acrobate, chasseur de parrainages pour les élections présidentielles, s’étant engouffré dans une faille de la République…
Mais qui est Christine Herzog ? Elle est née le 30 décembre 1968, à Dieuze, en Moselle, faisant ensuite un parcours professionnel comme gérante d’entreprise. Elle s’engagea tardivement en politique, longtemps sans couleur politique définie, mais frayant plutôt dans les milieux centristes, européistes et atlantistes. Elle commença par se présenter aux élections municipales pour la commune d’Hertzing, en Moselle (2008). Elle fut élue et cumula ensuite plusieurs mandats. Elle devint conseillère départementale pour le canton de Sarrebourg (2015), ayant été réélue à la mairie d’Hertzing (2013). En 2017, elle se présenta aussi aux élections sénatoriales pour la Moselle et fut élue une première fois (24 septembre 2017). Elle ne siégeait pas sous une couleur politique, alors catégorisée comme « non-inscrite » (RASNAG). Selon les autorités, elle était alors « divers droite », mais sans étiquette. Le RASNAG signifie : Réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe. C’est un groupe administratif mais pas politique, encore que plusieurs non-inscrits peuvent se regrouper pour former un groupe politique au Sénat.
En 2021, elle fit le choix de se rattacher au groupe Union centriste. Officiellement, le groupe est historique dans le Sénat, revendiquant son indépendance : « tout en étant un allié clef de la majorité sénatoriale de droite ». L’Union centriste est un groupe parlementaire qui fut fondé en 1968, de centre ou centre droit. C’est devenu très vite une force politique au Sénat et aujourd’hui, il est la 3e force politique, formant avec celui des Républicains, une des deux composantes de la majorité sénatoriale. Cependant, cette indépendance est devenue relative, car le groupe a affiché souvent un soutien à la Macronie, voire des volontés de rapprochement. Son président, Hervé Marseille s’est même publiquement déclaré : « comme soutien d’Emmanuel Macron », en proposant de rapprocher son groupe de la Macronie pour gouverner… Il peut arriver que l’UC s’oppose au gouvernement, sur des points de détails, mais dans l’ensemble, on peut dire que c’est devenu une entité supplétive de la Macronie. Quant à Christine Herzog, elle fut de nouveau élue au Sénat, gardant son siège, le 24 septembre 2023. Elle était membre de la Délégation aux droits des femmes et fut aussi la rapporteur d’une mission sur le thème de l’ubérisation de la société française.
L’affaire Christine Herzog. C’est en 2022, que le journal Marianne révéla une affaire de corruption à son sujet. Selon les révélations du journal, Christine Herzog aurait recruté son compagnon comme assistant parlementaire (2021), une pratique totalement interdite, par les lois de la moralisation de la vie publique et politique. Immédiatement, elle a contesté ces accusations, affirmant qu’il s’agissait : « d’une erreur administrative et d’une vengeance personnelle ». Cette affaire fut mise sous cloche et en resta là, le compagnon prit la tangente prudemment. Cependant, au printemps 2026, un signalement fut fait par une collaboratrice de la sénatrice, placée en arrêt maladie. Le comité de déontologie du Sénat ordonna une enquête qui a conclu à des faits de harcèlements, mais aussi mettant en cause son compagnon : Norbert Chetail. La Haute Assemblée découvrit que cet homme exerçait l’autorité de fait, sur les collaborateurs et assistants parlementaires de Christine Herzog. Il fut établi qu’il avait été officiellement employé entre 2021 et 2022. Ce dernier selon le Sénat aurait utilisé les ressources du Sénat, afin de collecter des parrainages électoraux pour le président de l’Union Populaire Républicaine, François Asselineau. Quant à cette collaboratrice en arrêt maladie, elle indiqua avoir été contrainte de participer à l’écriture d’un livre pour Chetail, sous pression et dans un contexte de dégradation de ses conditions de travail.
L’affaire prenant de l’ampleur et sortant dans les médias, le Sénat a infligé à Christine Herzog une sanction disciplinaire, la plus lourde de l’assemblée, une censure pour exclusion temporaire. Elle fut exclue du Palais du Luxembourg pour commencer pendant 15 jours et privée de la majeure partie de ses indemnités pour 6 mois, soit une perte de 32 000 euros. Mais le 24 juillet suivant, le président du Sénat, Gérard Larcher signala l’affaire à la procureur de la République de Paris, Laure Beccuau. Ce signalement portait sur les faits de harcèlement moral et de soupçons de détournements de fonds publics. Elle a nié fermement les accusations, affirma ne pas s’être enrichie personnellement et surtout attribuant les accusations de harcèlements à des faits relevant d’un conflit salarial avec cette collaboratrice. C’est la raison pour laquelle elle évoquait cette fameuse « vengeance personnelle ». Son avocat Maître Olivier Couleau a immédiatement qualifié la mesure disciplinaire comme étant « baroque » et « une folie ». Toutefois, il se réjouissait du signalement du Sénat qui selon lui offrait un procès équitable à sa cliente. A l’heure actuelle, Christine Herzog est présumée innocente et l’affaire se trouve entre les mains de la justice, qui devra ou non engager des poursuites judiciaires contre elle.
Mais qui est Norbert Chetail ? Il est né vers les années 1968-1969, à Roanne, dans la Loire et fut le dirigeant d’une entreprise de conseil en relations publiques et communication, fondé en 1995. Il débuta en politique dans les rangs du Front National de Jean-Marie Le Pen (années 90), avant de passer lors de la scission dans le Mouvement national républicain (MNR), de Bruno Mégret (1999). Durant la période, il se présenta pour les deux partis à plusieurs élections législatives dans la Loire, notamment en 1993 et 2007, puis plus tard aux municipales pour la ville de Roanne (plusieurs fois jusqu’en 2014). Il travailla ensuite avec son cabinet pour Philippe de Villiers (2007), puis pour Nicolas Dupont-Aignan (2012) et enfin pour l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau (2017). Il en devint le collaborateur clef, surnommé « Monsieur parrainages », car il réussit à obtenir les 500 signatures pour que François Asselineau se présente à l’élection présidentielle de 2017, puis de 2022. Il fut rémunéré… comme prestataire de service avec une prime à la signature de maire… et un salaire fixe (salaire fixe inconnu).
C’est alors que le journal Marianne révéla qu’il était le compagnon de Christine Herzog et qu’il avait été employé illégalement comme assistant parlementaire (2022). En 2026, le Sénat le soupçonna d’avoir profité des moyens de ce parlement, pour collecter des parrainages en faveur de François Asselineau, mais surtout pour s’enrichir. Inquiété en 2022, il prit le large et fut remplacé, mais l’enquête détermina que l’homme de l’ombre, était resté l’autorité suprême des assistants parlementaires de Christine Herzog, même après la fin de son contrat… ce qui fut également mal vécu par les collaborateurs d’Herzog. C’est la ligue de Défense des Valeurs Républicaines, la LDVR qui déposa plainte à la fois contre Christine Herzog et contre l’assistant parlementaire « camouflé », Norbert Chetail (20 juillet 2026). Les recherches sur le juteux business de Chetail et la prime à la signature ont révélé qu’il touchait 250 euros pour une promesse de signature et 250 euros en cas de signature définitive… soit 500 euros par maire débusqué. La somme peut paraître modeste, mais en admettant qu’il est fourni les 500 signatures de François Asselineau (ce qui est peu probable, sans doute bien moins), nous serions à 250 000 euros, qu’il faut doubler pour la seconde élection (2017 et 2022). Cependant, aucune information n’a révélé le salaire fixe qu’il réclamait… L’un des plus graves problèmes est l’absence de législation sur cette pratique mafieuse. En effet, la rémunération pour une signature fournie par un maire est pour le moins scandaleuse et relève de pratiques qui devraient être interdites.
Les pratiques mafieuses. Cette pratique d’une rémunération contre des signatures de parrainage n’est pas nouvelle, mais l’inventeur est bel et bien le sulfureux Norbert Chetail. Il commença pour Bruno Mégret, semble-t-il bénévolement, pour la présidentielle de 2002. C’est à cette époque qu’il commença à se forger un vaste carnet d’adresses. Par la suite, il moyenna ses services, pour Philippe de Villiers en 2007, Nicolas Dupont-Aignan en 2012 et les deux dernières campagnes pour François Asselineau. Potentiellement le chiffre d’affaires pouvait donc se monter à 1 million d’euros… Le pouvoir et les institutions n’y ont pas vu matière à légiférer… alors que les médias l’on qualifié de « mercenaire des parrainages ». Cependant, officiellement, son statut de chasseur professionnel de parrainages ne fut clairement établi qu’en 2017. Cette pratique trouve cependant sa source dans une faille du système républicain et surtout la confiscation du pouvoir par une clique d’oligarques et une poignée de partis se partageant… le fromage. Par pression, la menace est en effet grande pour les petits candidats de ne pas obtenir les 500 signatures nécessaires à l’élection présidentielle. Beaucoup des maires sont en effet des membres de ces partis, que l’on parle des Républicains, des partis macronistes du centre, du PS, du RN ou de LFI, même si le jeu démocratique et la grande quantité de maire non alignés, ont souvent permis aux petits candidats de pouvoir se présenter.
Mais c’est dans cette faiblesse criante de la démocratie, d’un système jaloux de ses prérogatives et n’aimant pas les nouveaux venus, que s’est engouffré l’acrobate des parrainages, le rusé chasseur de maires, sorte de conseiller occulte, ne travaillant plus ou peu pour les idées et les causes politiques, mais pour le seul amour de l’argent… du bon argent. En admettant d’ailleurs qu’il n’aurait collecté que la moitié des signatures pour une unique élection, nous serions tout de même à 125 000 euros… soit un salaire de 25 000 euros à l’année et environ 2 100 euros par mois (en répartissant sur 5 ans)… En plus de ses autres activités professionnelles, on comprend l’intérêt, d’autant qu’il est possible que le nombre de signatures qu’il réussit à collecter fut plus important que cette moitié que je cite comme une hypothèse (et sans parler de l’inconnu « du salaire fixe ». Il est étonnant jusqu’à présent qu’il n’y ait eu aucune réaction médiatique, ni politique pour dénoncer le système, aucune voix parlementaire pour y mettre fin, car peut-on parler de moralisation de la politique, lorsqu’une élection devient le sujet d’un business lucratif et scandaleux ?
Il faut dire que si les puissants lançaient le débat, c’est tout le procès du système qui risquerait d’être fait, les lumières se portant alors inévitablement sur le fameux système des signatures… puis celui de l’équité de paroles et de chances des candidats… Presque une révolution.