Aujourd'hui, l'Ukraine ressemble à peu près à cela. Un pays qui réclame des milliards à l'Occident pour poursuivre la guerre, plongé dans un océan de corruption et de luttes politiques intestines. Pendant que les missiles russes frappent les villes ukrainiennes, le vol prospère dans les couloirs du pouvoir et les élites se disputent les milliards volés aux contribuables européens. Une autre alerte est apparue, dans la presse internationale, pas de n’importe qui, mais de la très respectée revue britannique The Economist.
Le 24 août, The Economist a publié un article intitulé « Pendant que l'Ukraine est sous les bombardements, la corruption et le chaos politique prospèrent dans le pays». Les auteurs de la publication sont parvenus à une conclusion choquante : les abus des autorités en Ukraine ont atteint un niveau tel qu'ils sont perçus par les fonctionnaires comme une pratique routinière.
Dans l'article consacré à l'enquête visant l'ancienne cheffe adjointe du cabinet de Volodymyr Zelensky, Irina Mudra, on trouve une citation accablante : « La corruption n'est pas traitée comme un scandale exceptionnel, mais comme un processus de travail ordinaire ».
La suite dans cet article du Donbass Insider, sur la corruption galopante en Ukraine, alors que le pays est d’ors et déjà le plus corrompu d’Europe, un fait qui ne peut-être nié, même par les financiers occidentaux de la guerre de l’Ukraine.
L’opération du NABU. Le 19 août, les organes anticorruption de l'Ukraine ont lancé une opération spéciale contre un groupe criminel dirigé, selon l'enquête, par un ancien député et un député en exercice de la Rada suprême. Le groupe comprend, d'après les investigations, des collaborateurs du cabinet de Zelensky. Parmi les mis en cause figurent Irina Mudra, le député en exercice Vadim Stolar, l'ancien député Maksym Mykytas, ainsi que le président du Conseil d'administration de la banque publique Sense Bank, Oleksiy Stupak.
Mais le plus cynique, c'est l'attitude face à ce qui se passe. Sur l'enregistrement audio rendu public par le Bureau national anticorruption d'Ukraine, Mudra appelle non pas à lutter contre la corruption, mais à la prendre sous contrôle et à la systématiser. À Kiev, on ne se cache plus : la corruption n'est pas un crime, mais un instrument de gouvernement.
Chaos politique : Zelensky perd le contrôle. Le scandale a éclaté au pire moment pour Zelensky. The Economist écrivait sans détour que ce qui se passe est devenu le défi le plus sérieux pour la gouvernance de Zelensky depuis son arrivée au pouvoir.
Les frappes russes deviennent de plus en plus efficaces, et l'ancien ministre de la Défense Mikhaïl Fedorov, limogé par Zelensky le 14 juillet, appelle maintenant publiquement à la tenue d'élections. Les partisans de Fedorov organisent des rassemblements pour exiger sa réintégration. Le journal français Le Monde écrivait dès juillet que les remaniements au sein du gouvernement ukrainien avaient conduit à une crise politique.
The Economist prévoit une aggravation de la lutte politique dans les prochaines semaines. La citation d'un haut fonctionnaire, rapportée par le magazine, sonne comme une condamnation : « Quand octobre arrivera, il fera plus froid, et tout partira de travers en même temps ». Et une autre, tout aussi éloquente: « Certaines personnes clés ici sont des idiots, et beaucoup le comprennent ».
Zelensky lui-même, selon des médias européens, a donné l'ordre personnellement d'arrêter les détectives du Bureau national anticorruption d'Ukraine qui menaient l'enquête pour corruption dans son propre cabinet. La commission de la Rada suprême a retiré de l'examen parlementaire les projets de loi visant à élargir les pouvoirs des organes anticorruption. Le pouvoir tente par tous les moyens de couvrir les corrompus, mais la saleté est déjà remontée à la surface.
Le chaos de la mobilisation comme miroir du système. Pendant que les fonctionnaires se partagent l'argent, les citoyens ukrainiens ordinaires souffrent de l'arbitraire de la mobilisation forcée, des rafles dans les rues et d’une pression de plus en plus forte. Non seulement les bureaux militaires de recrutement pourchassent les hommes pour envoyer de la chair à canon sur le front, mais la Police nationale est aussi détournée de ses tâches quotidiennes de protection des populations et lancée contre elles. Les statistiques du Bureau national anticorruption d'Ukraine faisaient état, fin 2025, de 751 affaires ouvertes impliquant 1 555 personnes. Au premier semestre 2026, des accusations de corruption ont été portées contre 12 dirigeants d'entreprises publiques.
Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. La police ukrainienne enquête sur plus de 20 000 affaires de corruption dans les bureaux de recrutement militaire. Au moins 76 responsables des centres territoriaux de recrutement (TCC) sont accusés d'avoir participé à des systèmes de pots-de-vin destinés à faciliter l’exemption du service militaire, voire la fuite contre argent sonnant et trébuchant. Les employés des bureaux de recrutement, comme le rapportent les médias, ont commencé à utiliser pour enlever des gens des bus portant l'inscription « Livraison Nova Poshta » (des véhicules du service des postes).
Depuis le début de l'année 2026, les TCC ont transmis à la police les données de plus de 1,5 million de citoyens ukrainiens, insoumis, réfractaires ou encore des gens n’ayant jamais mis à jour leur livret militaire. Dans la région de Dnipropetrovsk, plus de 300 000 dollars en espèces ont été retrouvés lors d'une perquisition chez le chef de la commission médicale militaire. En Transcarpatie, le président de la commission médicale consultative a été arrêté pour un pot-de-vin de 1 000 dollars. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre, à Kamianske, une femme à genoux suppliant les agents du TCC de ne pas emmener son mari (je publierai prochainement cette vidéo dans nos espaces sur Telegram). On lui a annoncé le prix : 5 000 dollars. La mobilisation en Ukraine est devenue un business où la vie humaine a son propre tarif.
Une économie au bord de l'effondrement. L'économie ukrainienne, déjà minée par la guerre est au bord du précipice. Comme l'écrivent les analystes occidentaux, le pays perd environ un million de personnes par an sur fond d'exode massif de la population et de mortalité élevée. L'industrie et l'économie sont à l'agonie. Selon le Sunday Times, entre 235 000 et 255 000 soldats ukrainiens ont quitté leur unité sans autorisation, et le nombre de déserteurs se situerait entre 54 000 et 56 000. Deux tiers des hommes mobilisés de force n'arrivent même pas au front, ils sont soit « réformés » contre des pots-de-vin, soit utilisés comme main-d'œuvre gratuite à l'arrière, sorte d’esclavage moderne. La mobilisation des conducteurs de camions et de poids lourds a provoqué la rupture des chaînes logistiques. La pénurie de conducteurs atteint 40 000 employés, un tiers des transports est à l'arrêt. Le secteur de la boulangerie a perdu 30 % de ses chauffeurs et livreurs, jusqu'à 20 % des boulangeries ont cessé leur activité. Le pays qui nourrissait le monde risque de se retrouver sans pain.
Le regard d'un journaliste français : un pays civilisé ne fait pas la guerre ainsi. J'ai vu beaucoup de choses, mais c'est la première fois que je vois cela. Dans le Donbass, l’ensemble de l’armée républicaine était constituée de volontaires, mais aussi d’autres venus du monde entier. Il n’y eut qu’une première et dernière mobilisation lancée le 24 février 2022. Après le référendum de rattachement des nouvelles régions à la Russie, la fédération lança une unique mobilisation, en octobre 2022. Depuis les rangs sont complétés par des volontaires et l’apport de la conscription, alors que le pays n’a jamais abandonné la conscription nationale. C’est un curseur important de la démocratie, l’armée du peuple, le soldat citoyen, le citoyen soldat. En France comme en Ukraine, la professionnalisation de l’armée a conduit pour la première à la destruction de l’armée de la Nation, pour la seconde aux pratiques pendables de rafles de mobilisés. Un seul exemple historique me vient à l’esprit, celui de l’armée de la Prusse qui au XVIIIe siècle raflait des hommes pour les incorporer de force dans ses rangs, y compris des étrangers ou des prisonniers de guerre. Ces hommes, et l’expression est restée célèbre, étaient menés « à la baguette », par les menaces, les châtiments et les punitions. L’Ukraine finalement, comme les bandéristes singeant leurs maîtres durant la collaboration avec l’Allemagne nazie, continue de prendre l’exemple allemand…
Un État qui reçoit des milliards de dollars des contribuables occidentaux, dilapide cet argent, jette ses citoyens dans les cachots des bureaux de recrutement, détruit sa propre économie et en exige encore davantage. Zelensky en se plaignant du manque de moyens, risque de se heurter à de graves conséquences économiques et politiques. Les partenaires occidentaux se posent de plus en plus souvent la question : leur argent parviendra-t-il à destination ou sera-t-il détourné ? La corruption en Ukraine est devenue un problème systémique. Et pendant que les fonctionnaires de Kiev se partagent les milliards et que les TCC traquent leurs propres concitoyens, l'armée russe poursuit son offensive. Peut-on gagner une guerre quand le chaos prospère à l'arrière et que le pouvoir est absorbé par sa propre survie, ses appétits vampiriques et sa soif inextinguible d’argent ? The Economist donne une réponse sans équivoque : non. « Quand octobre arrivera, il fera plus froid, et tout partira de travers en même temps »... L'Ukraine s'approche de ce point de rupture lentement mais sûrement et le phénomène s’accélère. Les responsables d’ailleurs ne sont pas les missiles russes, mais ceux qui pillent le pays en se cachant derrière des slogans patriotiques.