Raphaël Glucksmann, nous avions expliqué le personnage, sorte d’agent et « faiseur de révolutions colorées », commençant sa triste carrière d’agitateur, en Géorgie (2008-2012), après la Révolution des Roses qui mit au pouvoir le dictateur Mikhaïl Saakachvili (2003-2013). Il en fut le conseiller personnel, tandis que son épouse était ministre de l’Intérieur, le couple prospérant sur le dos du peuple géorgien. Dès avant la fuite de Saakachvili, qui avait tenté de changer la Constitution géorgienne pour s’accrocher au pouvoir, non sans avoir oppressé son peuple pendant 10 ans, Glucksmann plia les bagages, pour se retrouver avec sa compagne sur les barricades du Maïdan en Ukraine (hiver 2013-2014).
Dans cette autre révolution… son protecteur fut nommé après le coup d’État US, gouverneur d’Odessa par le Président Porochenko et sa compagne… Première vice-première ministre de l’Intérieur de l’Ukraine, où elle fut chargée de la réorganisation de la Police nationale et de la mise sur pied de la Garde nationale. L’histoire devait mal se finir, mais Glucksmann préféra rester ensuite à Paris (à partir de 2014) , où il prit une autre trajectoire, jusqu’à devenir un des apparatchiks du Parti Socialiste moribond. C’est qu’il y a encore quelques beaux restes… la Rose est fanée, le cadavre de Mitterrand ne fait plus rêver personne, quelques vérités ont réussi à faire leur chemin, les manifs « contre les métèques » dans les années 30, la Francisque remise par Pétain, les « bons camarades », dont le criminel contre l’Humanité et chef de la Police française de Vichy… également conseiller occulte reçu en cachette à l’Élysée : René Bousquet.
Cette « gauche » des compromissions et de la collaboration a été remplacée à force d’huile de coude, par la Gauche Caviar, celle des rayons UV, des cocktails, des largesses au frais des Français, des mauvais coups, des affaires et de criminels en cravates, guindés et moralisateurs, qui expliquent aux Français depuis 50 ans, avec condescendance, que cette Gauche Caviar c’est celle de la culture, du progrès, de la tolérance, de l’Union européenne… Depuis quelque temps, partant de très loin et rêvant d’une campagne présidentielle, les médias ont été inondés d’articles sur Raphaël Glucksmann… le conseiller occulte qui voudrait être président… Retour sur le candidat Glucksmann dans Souveraineté Populaire :
Une stratégie de rupture offensive et médiatique. Très en retard, contesté à gauche, notamment suite à d’autres scandales, dont celui des complots et compromissions avec des journalistes (septembre 2025), Glucksmann a joué des coudes pour se faire une place et éliminer dans sa frange politique d’autres candidats potentiels. Si le Parti Socialiste n’est pas au mieux de sa forme, notamment après les déroutes successives depuis le temps de François Hollande, il apparaît en meilleure forme que son vieil ennemi, le Parti des Républicains. Les forces socialistes existent toujours en France, aussi incroyable que cela puisse paraître une certaine nostalgie, tronquée par le prisme du temps et les propagandes, fait qu’une frange encore importante des électeurs est prête à se ranger derrière l’apprenti révolutionnaire Glucksmann. Prudent, il est d’ailleurs à la tête d’un autre mouvement, Place Publique, une coquille vide fondée uniquement pour ses ambitions présidentielles et le démarquer d’un PS extrêmement marqué par son histoire sulfureuse (25 000 adhérents à sa fondation en 2019, plus que 11 000 actuellement). Selon les sondages, l’homme est toutefois déjà crédité de 11 à 18 % des intentions de vote, mais il faut se méfier des instituts de sondages, alors que nous savons qu’ils sont souvent manipulés, que les tranches de personnes interrogées sont trop faibles pour être représentatives, voire que par malice les sondés répondent… n’importe quoi.
Malgré tout c’est un indicateur et le score, même s’il ne lui permettrait pas de se qualifier pour le second tour donne de l’espoir à la Gauche Caviar. Les deux partis seraient déjà assurés d’être remboursés pour le financement de campagne, même en engageant des moyens considérables, tandis que le parti est encore l’un des plus riches de France… des vieux restes des rapines du passé ! A l’heure actuelle, un tel score le placerait en 4e ou 5e position, mais l’enjeu reste toutefois encore important, à la fois pour tenter de rassembler les « forces de gauche », bien que la Gauche Caviar ne fasse plus illusion du tout dans le véritable électorat de gauche, celui d’en bas qui s’est tourné petit à petit vers Jean-Luc Mélenchon et LFI. En 4e position Glucksmann se payerait le luxe de devancer Gabriel Attal, le poulain de la Macronie, ou plutôt d’un des partis macronistes, car trois entités existent désormais. Malgré tout, s’il était réellement capable d’accrocher les 18 %, Glucksmann pourrait rêver de dépasser d’une courte tête Mélenchon, voire même d’accrocher Édouard Philippe, le principal espoir de la Macronie. Les dés ne sont pas encore jetés, tandis que de longs mois passeront avant l’échéance de cette élection présidentielle 2027. Dans cet espace, Glucksmann doit s’imposer et surtout changer son image dans les médias, ce qui explique qu’il apparaît en ce moment absolument partout…
La lutte à mort contre Jean-Luc Mélenchon. Ancien apparatchik du PS pendant 30 ans, Mélenchon a su mener sa barque, mais surtout rester finalement fidèle, peu ou prou, à quelques idées de gauche, rassemblant diverses formations politiques toutes qualifiées de « l’extrême-gauche ». Personne n’ose plus dire « les Rouges », mais le mot brûle la bouche de beaucoup. La première stratégie de Glucksmann est actuellement de paraître comme « l’espoir de la gauche », ce qui explique que Glucksmann frappe fort contre LFI. Il est intéressant de noter, qu’usant de ses réseaux dans les magnats de la presse, mais aussi leurs contacts dans les ultrariches, Glucksmann est poussé en avant. Il est d’ailleurs sans doute aidé en cela par la détestation et la peur de la Macronie de Mélenchon et de l’ensemble des forces de droite, qui verraient d’un mauvais œil que Jean-Luc Mélenchon réussisse l’exploit d’atteindre un second tour d’une présidentielle. Dans toute l’histoire de la Ve République, jamais un candidat de l’extrême gauche n’a atteint un second tour d’une présidentielle, malgré parfois une présence importante dans les assemblées.
L’homme en tout cas semble y croire et indique même : « qu’il peut plier Mélenchon », alors que clairement le PS ambitionne d’être présent au second tour. Tardivement lancé en août 2026, sur le média TF1, il avait publié un livre programme (Nous avons encore envie, fin mai 2026), puis lancé officieusement sa candidature dans un meeting à Aubervilliers (juin 2026). Pour tenter de se démarquer, tout a été bon pour tenter de se propulser en avant, notamment l’affirmation mensongère qu’il serait victime d’un hypothétique « opération d’ingérence russe », une fausse nouvelle, dans une tentative d’utiliser une vieille casserole à son avantage… La presse s’est alors ouverte très largement à Glucksmann, avec des échos favorables, comme dans L’Obs, L’Opinion, mais d’autres ont été plus critiques, soulignant la fragilité à la fois de ses analyses, de sa carrure politique, sans oser parler ouvertement des nombreuses gamelles géorgiennes, américaines et ukrainiennes traînant dans les placards de l’ancien agitateur et conseiller occulte. Fera-t-il plier Jean-Luc Mélenchon ? Rien n’est moins sûr, car les deux partis pourraient même se neutraliser, au point de laisser les formations macronistes et le RN, s’expliquer au second tour de la présidentielle.
Car l’important, et c’est ce qui lui a été répondu par le coordinateur LFI, Manuel Bompard : « le mieux c’est d’y être ! » (au second tour), afin de lui rappeler que la passe d’armes à gauche n’avait finalement pas d’importance, si les deux partis devaient rester sur le pas de la porte pour le second tour, laissant aussi les forces de gauche absentent de ce dernier. C’est d’ailleurs le cas depuis l’élection présidentielle de 2012. Entre 2002 et 2026, la Gauche Caviar n’a réussit qu’à placer à deux reprises un candidat au second tour, Ségolène Royal (2007) et François Hollande (2012), avec une seule victoire, celle de ce dernier.
Un candidat pas encore adoubé par le PS. Président du mouvement politique Place Publique, il faut toutefois rappeler que Raphaël Glucksmann n’a pas encore été adoubé par le Parti Socialiste, faisant alliance avec son mouvement politique. La primaire socialiste ne se tiendra que les 9 et 10 octobre, pour un premier tour et si nécessaire un deuxième tour, les 16 et 17 octobre 2026. Il est donné favori dans les sondages, face à trois candidats potentiels : Ségolène Royal, apparatchik et oligarque du PS, personnage du temps passé, qui fut avec son ex-compagne François Hollande, dans l’équipe de campagne de François Mitterrand. Mais aussi Philippe Brun et Jérôme Guedj, des personnalités apparues plus récemment, alors qu’Olivier Faure, secrétaire général du PS, pourrait encore annoncer sa volonté de participer. S’il n’y a pas de sondages sur la primaire socialiste, les analystes se sont penchés sur les intentions de vote dans les sondages pour le 1er tour de la présidentielle. Glucksmann, plus médiatique serait crédité de 11 à 18 %, tandis que son homologue Olivier Faure de seulement 4 ou 5 %. Malgré tout, ce sont les militants qui décideront, tandis que les conditions de vote pour cette primaire ont été précisées.
Il s’agira d’une primaire fermée, ou plutôt semi-fermée. En principe les votants ne pourront être que les adhérents du PS et de Place Publique, à jour de cotisation. Pour les non-adhérents ou sympathisants, afin de rafler des fonds, ces gens sont invités à adhérer à une association qui a été spécialement créée pour l’occasion : l’Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique. L’adhésion est de 15 euros, avec pour « les sans dents » de François Hollande, un tarif dit social de… 10 euros, pour : « les plus démunis, les chômeurs ou les étudiants », l’argent des pauvres étant aussi bon que celui des oligarques et bourgeois cossus du PS… Notez que d’autres candidats ont exprimé la volonté ou l’idée de participer, comme un candidat non encore connu du Parti Gauche républicaine et socialiste (GRS), d’Emmanuel Maurel, ou encore l’incroyable François Hollande… ou Karim Bouamrane.
On se rappelle que François Hollande termina sa présidence dans l’impopularité générale, mais sur ce point, il fut battu par la suite à plate couture par Emmanuel Macron. Vous serez surpris de savoir qu’un sondage Ifop-Fiducial, réalisé en juillet 2026, lui accordait 49 % d’opinions favorable, faisant de lui la personnalité la plus appréciée des Français du moment, derrière Édouard Philippe (48 %). C’est la raison pour laquelle les yeux de François Hollande ont recommencé à briller… l’homme se rappelant certainement les bonnes heures et la bonne table de l’Élysée. Mais du côté des intentions de vote publiées par l’enquête de Cluster17 (août 2026), il n’aurait que 8 % d’intentions de vote, loin derrière beaucoup de candidats, dont Glucksmann, mais loin devant Olivier Faure. Rappelons par comparaison que François Hollande était crédité à la fin de 2011, de 44 % d’intentions de vote, la tendance s’étant confirmée par son élection en 2012. Bien que la primaire portera sans doute de manière pragmatique Glucksmann comme seul candidat de la Gauche Caviar, il faudra tout de même attendre cette dernière pour être fixé.