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La corruption des milieux et élites politiques, un vaste sujet et mal profond qui dévore la France de longue date. Depuis l’apparition des politiciens professionnels, cumulards de mandats, les affaires n’ont cessé d’éclater les unes après les autres sous la Ve République. Ces politiciens sont devenus une caste oligarchique, profitant des « ors de la République ». Ils ne s’intéressent pas à l’intérêt général, ni de la France, ni du Peuple français, mais à des objectifs personnels, de carrière, d’enrichissement, de pouvoir. Ils sapent le tissu social, détruisent la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme et vivent dans des milieux endogames et népotiques qui se cooptent. Ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire... une arme simple : la biographie. A travers l’étude des biographies, apparaît souvent la vraie nature de ces politiciens corrompus, de ces oligarques, barons locaux et toute une faune cravatée de profiteurs souriants, moralisateurs, mais aussi dangereux..

On assiste à une accélération du phénomène. Les affaires furent plus nombreuses à partir des présidences de Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, puis se multiplièrent jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Nous assistons à une corruption massive des milieux politiques, le mauvais exemple étant donné au plus haut niveau de l’État. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, un état des lieux effrayant mais nécessaire. Vous garderez à l’esprit que je prône l’Union sacrée, mais que le devoir commande de ne pas faire d’exception dans les révélations de ce sinistre tableau.

Aujourd’hui j’aborderai dans Souveraineté Populaire, le cas d’une star de LFI mise en scène dernièrement par la presse française, Bally Bagayoko, un apparatchik du PCF, puis du Front de Gauche, ayant fait une carrière locale en Seine-Saint-Denis depuis l’an 2000. Pourfendeur des « racistes », l’homme s’est illustré dans une plainte contre CNEWS, demandant que le média soit fermé, mais a été rattrapé par une série d’affaires. Il est pour l’instant présumé innocent, la principale affaire étant d’abord une embauche illégale à la RATP par clientélisme, puis un cumul illégal de son salaire de cadre supérieur, avec d’autres émoluments de ses fonctions politiques, d’adjoint au maire, de maire, de conseiller départemental, de vice-président du conseil départemental, pour des émoluments avoisinants au total 10 fois le salaire minimum brut… La vie de château…

Corruption des politiques en France : l’affaire Bally Bagayoko, cumul de salaires, embauche suspecte par clientélisme à la RATP, PCF, Front de Gauche, LFI, Saint-Denis, Seine-Saint-Denis

Mais qui est Bally Bagayoko ? Il naquit en 1973, à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, de parents maliens venus s’installer en France à la toute fin des années 60. Il passa son enfance dans une cité HLM de la Seine-Saint-Denis, dans une famille nombreuse. Il fut un passionné de basket-ball, au point de jouer au niveau semi-professionnel dans sa jeunesse et de devenir un entraîneur du club local. C’est dans cette activité sportive qu’il fut au contact des administrés locaux, puis s’engagea dans la politique locale. Il fit des études supérieures à Paris-VIII, en géopolitique et défendit un mémoire de maîtrise sur la « connaissance des banlieues ». Il fut recruté par la RATP, comme cadre supérieur (2000), sans passer ni par un concours, ni par entretien, une embauche déjà très suspecte qui fait polémique. Il fut en effet très certainement soutenu par clientélisme par des politiques du Parti Communiste français, parti puissant dans la Seine-Saint-Denis. L’affaire fait actuellement polémique.

Il fut poussé par ses protecteurs politiques, intégré à une liste communiste pour l’élection municipale, élu conseiller municipal de Saint-Denis (2001), sans être encarté officiellement au PCF (2001). De ce moment, il commença une longue carrière de politicien local, montant progressivement en puissance. Il cumula bientôt les mandats, après être devenu adjoint au maire (en 2008), il fut conseiller général (départemental) et vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Le PCF étant en chute libre, surtout après la chute de l’URSS et une longue érosion en France, il se rapprocha du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, pour rejoindre ensuite LFI (2012). C’est sous cette étiquette qu’il se présenta pour la première fois à la mairie de Saint-Denis (2020), mais n’arrivant qu’en troisième position, il se retira du second tour, selon les consignes du parti. Il devait prendre sa revanche en 2026, sur une liste LFI allié au PCF et l’emporta dès le premier tour avec 50,77 % des voix. Il fit alors basculer la deuxième plus importante ville d’Île-de-France (environ 150 000 habitants), dans l’escarcelle de LFI, devenant aussi le premier maire LFI, à la tête d’une ville de plus de 100 000 habitants.

La mise en scène de Bagayoko. Il fut rapidement mis en scène par la presse du système, prenant des positions de plus en plus provocatrices, en cherchant à paraître comme l’homme des banlieues, sobre, percutant et proche des populations. Il fit sensation en défendant l’idée d’une police municipale non armée, et plus proche des habitants, suscitant un énorme débat, qui en réalité n’avait pour but que de faire parler de lui et de LFI. Dans une des villes les plus dangereuses de France et dans le département avec la plus forte criminalité du pays, les propos déclenchèrent une onde de choc. Il dénonçait en parallèle : « les dérives et violences policières, les discriminations de la police », faisant de ce discours son cheval de bataille. Pour se démarquer, il fit des critiques acides à l’égard de son prédécesseur, le socialiste de la gauche caviar, Mathieu Hanotin, l’accusant d’avoir laissé : « une ville vendue et défigurée ».

Le déclenchement des affaires Bagayoko. Ayant dérangé par ses polémiques, s’étant fait de nombreux ennemis, la presse fouilla son passé. Le Canard enchaîné fut le premier à révéler qu’il cumulait depuis l’an 2000 non seulement le salaire d’un poste de cadre à temps plein à la RATP (6 000 euros par mois), mais aussi ses émoluments d’adjoint au maire, de maire, de vice-président du département, dépassant actuellement les 14 000 euros de salaire brut. Devant le scandale, avec la révélation qu’il n’avait pas été recruté par les moyens légaux, le Parquet National financier ouvrit une enquête préliminaire (19 août 2026), pour : « détournement de fonds publics, recel et concussion ». Une plainte avait été déposée par l’association AC !! Anti-Corruption. Il nia immédiatement tous les faits et dénonçait une campagne qui chercherait : « son discrédit politique ». Dans le même temps, la RATP a également nié son emploi de complaisance, alors que Manuel Bompard défendait l’idée que les politiques devaient garder : « un pied dans la vie professionnelle », mais sans parler du cumul des salaires… qui est le réel problème (déjà dénoncé par un élu communiste en 2018).

Trafiquants de drogue, et sexisme. Il avait été précédemment mis en cause dans une autre affaire, par le journal L’Express (juillet 2026). Le journal révélait qu’il était intervenu, pour défendre Ahmed Doumbia, un criminel multirécidiviste et trafiquant de drogues, dont la boîte de nuit illégale venait d’être fermée par la police. Il avait plaidé sa cause par au moins un SMS, faisant jouer sa carrure politique, en écrivant à l’adjoint en charge du commerce. Des témoins affirmèrent que Doumbia claironnait : « on va voter Bally ». La polémique ayant enflé, posa des questions sur les raisons de cette défense, où, comment et pourquoi le politicien était en contact avec le criminel et les natures exactes de leurs relations. A l’heure actuelle l’affaire n’a pas déclenché d’enquête, mais fut une alerte, après une troisième affaire, celle des propos sexistes du conseil municipal de Saint-Denis. En juin 2026, une vidéo du conseil municipal de Saint-Denis devint virale, mettant en scène Bally Bagayoko répondant à l’élue socialiste Katy Bontinck. Il déclarait : « vous avez un joli sourire, éteignez maintenant le micro s’il vous plaît », lui attirant la réponse de l’intéressée : « une femme, soit on lui dit qu’elle a un beau sourire, soit on l’engueule, c’est ça ? ». L’affaire posa la question de l’image qu’il avait jusqu’à présent donnée, d’un homme calme, tolérant et posé.

Faire fermer CNEWS. Une quatrième affaire avait éclaté dès après l’élection municipale de 2026, des injures racistes et une plainte portée contre CNEWS. Dans cette affaire il se présentait comme la victime, cible de propos racistes, sur les réseaux sociaux et dans des médias. Il déposa plainte contre CNEWS et demanda la fermeture du média et son interdiction. C’est surtout cette dernière demande qui a posé problème, plutôt que la plainte proprement dite. Cependant le Parquet de Paris ouvrit une enquête : « pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Il organisa bientôt un tapage médiatique, par une manifestation contre : « la haine raciste et défendre les valeurs de la République », dans sa ville de Saint-Denis. Rassemblant ses troupes locales, la manifestation fut largement relayée par les médias.

La problématique principale des faits de corruption de Bagayoko. La première problématique est bien sûr son recrutement par clientélisme, au moment où il fut lancé en politique. C’est assurément à cette époque, en 1999-2000, qu’il négocia son entrée dans la RATP et fut poussé par le PCF, puissant dans cette institution, ne serait-ce que par ses assises syndicales. Ces faits sont prescrits et l’affaire ne sera jamais jugée. La plus importante reste son emploi de complaisance à la RATP. Avec depuis 2001, des fonctions de conseiller municipal, puis d’adjoint, puis de maire, sans parler de celle de conseiller départemental, puis vice-président du conseil départemental, Bagayoko a cumulé des séries de salaires, pour s’enrichir de manière conséquente. Son salaire connu de cadre supérieur à la RATP est de 6 000 euros brut. Dans l’absolu il n’est pas illégal de travailler et d’occuper une fonction publique et politique. Nonobstant, avec un cumul multiple et des fonctions de plus en plus importantes, il est clair que l’homme ne peut se dédoubler et ne peut assurer réellement toutes ses fonctions. C’est ici que le cumul des salaires est scandaleux et illégal. De deux choses l’une, où Bagayoko délaissait ses fonctions publiques, pour travailler à la RATP, où il délaissait son emploi pour se consacrer à ses fonctions politiciennes et publiques.

Les cumuls supposés de salaires. Un ou plusieurs salaires sont donc de trop, alors qu’actuellement. Les montants actuels estimés, en salaire brut sont de : 51 447 euros comme cadre à la RATP, de 45 500 euros comme conseiller départemental (général autrefois), plus 15 822 euros comme adjoint au maire de Saint-Denis (soit plus de 112 000 euros à l’année). Lorsqu’il se trouvait adjoint au maire, son indemnité avait été augmentée de 102 %, passant de 1 577 euros à 3 183 euros bruts par mois, ce qui pose aussi des questions. Il est difficile de dire la somme totale qui aurait été volée, mais la période la plus trouble est celle où il fut à la fois adjoint au maire de Saint-Denis, conseiller général et vice-président du conseil général (entre 2008 et 2015). Il fut en effet conseiller municipal, puis adjoint au maire de Saint-Denis entre 2001 et 2020 sans discontinuer. Il fut conseiller général et vice-président du conseil général de la Seine-Saint-Denis entre 2008 et 2015 et se trouve actuellement maire de Saint-Denis (2026).

Sur la période de 7 années, son cumul de salaire s’élevait donc à la somme coquette de 112 769 euros à l’année (en brut). Pouvait-il assurer toutes les tâches d’un travail et de ses deux fonctions politiques ? Il est assuré que non… Le préjudice en 7 ans monterait probablement à l’ensemble de son salaire brut de la RATP, soit un vol d’environ 360 000 euros. Il sera très difficile de prouver s’il effectuait son travail réellement, dans l’une ou l’autre des fonctions, car l’époque concernée est déjà lointaine. S’il occupe bien son poste de cadre à la RATP actuellement, son salaire pourrait se situer à près de 14 000 euros bruts.

Actuellement l’enquête s’intéresse à la période 2011-2014, où son cumul de salaires est estimé à 9 400 euros nets. Il assure que la RATP l’avait autorisé à cumuler ses deux activités et il a affirmé avoir toujours exercé son travail à la régie de la RATP. Son salaire actuel de maire est au minimum de 5 960,26 euros, mais pour une ville de plus de 100 000 habitants, commune chef-lieu de département, son salaire peut faire l’objet d’une majoration de 40 % de salaire en plus, jusqu’à 8 344 euros bruts par mois. C’est au conseil municipal d’en décider, mais il peut aussi imposer un salaire inférieur à cette majoration, entre l’indemnité minimum et celle maximum. La justice fera peut-être toute la lumière, rien n’est moins sûr, mais Bagayoko s’est dit : « serein sur la suite de l’enquête », alors que la RATP nie en bloc les accusations d’emploi de complaisance et a déclaré : « coopérer pleinement avec la justice ».

Pour l’heure, Bally Bagayoko est présumé innocent, l’affaire suivant son cours au Parquet national financier, une enquête qui pourrait durer des années, sans parler de suites judiciaires possibles… D’ici là… nous serons sans doute déjà aux municipales 2032 !

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