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Le lobbying de l’industrie chimique est à l’œuvre en France. Après la Première Guerre mondiale, l’agriculture connue une évolution majeure, appelée ensuite « la Révolution Verte ». Pendant la guerre, l’industrie de guerre avait produit des quantités énormes d’azote, pour la production de munitions et d’obus. Cet azote fut bientôt vendu aux agricultures pour amender leurs champs. En quelques décennies, avec une pause durant la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture française se motorisa, puis surtout à partir des années 50-60, commença à utiliser des pesticides, puis divers produits chimiques afin de détruire des mauvaises herbes ou des parasites prédateurs.

Dans le même temps, un lobbying chimique prit de plus en plus d’importance, avec notamment les leaders du marché, Allemands et Américains. Parallèlement un autre lobbying poussa ses pions dans le monde entier : celui des semences agricoles. Les différents pays occidentaux, dont la France, interdirent bientôt les semences originelles, ainsi que l’ensemencement par les propres moyens des agriculteurs, afin de leur vendre des semences certifiées. Ainsi disparurent de nombreuses espèces régionales, laissant la place bientôt à des clones, puis à des semences génétiquement modifiées. Si la production de céréales et de produits agricoles explosa, dans un mouvement également d’agrandissement des exploitations et d’une course à la production, les marchés restèrent contrôlés par différents lobbyings prédateurs.

Les semences clonées ou modifiées apportèrent bientôt leurs faiblesses : maladies nouvelles, générant l’achat de nouveaux produits chimiques pour les combattre, dans un circuit infernal et coûteux. Les produits chimiques détruisirent également les sols, polluants certains espaces pour des décennies entières. La vie d’organismes vivants essentiels à la pollinisation ou la respiration de la terre, notamment les vers de terre, fut bientôt menacée. Pour combler, le circuit de mort se poursuivit par la vente intensive de nouveaux amendements… Fragilisées par l’exploitation de semences finalement sous contrôle et apportant des problématiques nouvelles, toujours réglées par la… solution chimique, la crise ne tarda pas à exploser.

Dans les années 90-2000, un grand débat national conduisit à l’interdiction de nombreux produits chimiques et pesticides… mais aussi des semences modifiées. Aujourd’hui, la Macronie pousse pour la réintroduction de pesticides dangereux, selon une loi : la loi d’urgence agricole… Elle a créé une autre polémique : la confiscation de l’eau par d’autres lobbyings… Retour dans cet article de Souveraineté Populaire sur ce scandale.

Le lobbying pétrochimique en embuscade. Le 21 juillet 2026, le Parlement français a voté la loi d’urgence agricole, loi permettant par des titres dérogatoires et sous des conditions en principe « strictes », la réintroduction de deux pesticides particulièrement dangereux : l’acétamipride et le flupyradifurone… Les deux entreprises qui produisent ces substances chimiques sont des géants de cette industrie : l’Allemand Bayer et le Japonais Nippon Soda. L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, produits très dangereux et surtout « tueurs d’abeilles »… Leur toxicité est redoutable et menace les abeilles essentielle pour la pollinisation. Le leader mondial de cette industrie criminelle, et n’ayant pas d’états d’âmes, est la firme japonaise Nippon Soda, qui commercialise le produit sous la marque MOSPILAN, son développement ayant commencé dans les années 90. La filiale européenne de cette industrie de mort est implantée… justement en Allemagne, il s’agit de Nisso Chemical Europe GmbH.

Le flupyradifurone est quant à lui un insecticide récent, appartenant à la classe chimique des buténolides. Son mode de fonctionnement est similaire au premier, ciblant le même récepteur dans le système nerveux des insectes. Cette substance mortelle et interdite jusque là en France, a été développée par le géant allemand Bayer… qui fit l’acquisition il y a quelques années d’une entreprise américaine prédatrice : Monsanto (2018). La firme Bayer commercialise ce produit sous deux marques différentes, Sivanto et Buteo. L’entreprise est connue pour sa morgue et parle même pour ses produits : « de solution moderne pour l’agriculture et un outil de gestion de la résistance des ravageurs, avec un profil écologique et de sécurité »… qui bien sûr n’existe pas… Pour défendre ses produits Bayer n’hésite pas à produire des documents scientifiques mensongers, des fakes et des parutions qui sont toutes contestées par les milieux scientifiques ou les ONG environnementales. Ces dernières pointent du doigt les lacunes des études scientifiques fournies, les dangers mortels pour la biodiversité, notamment l’extermination des abeilles, mais aussi la dangerosité extrême sur les humains, avec des effets sur le système nerveux et endocrinien.

La fausse urgence agricole de la Macronie… Le cœur de la polémique c’est justement la contradiction entre l’urgence supposée et proclamée et les conséquences du texte de loi. Ce texte permet la réintroduction des pesticides interdits en France et la loi ANSES de réintroduire ces substances dangereuses. Les opposants y voient un reniement du principe de précaution de la France, un danger pour la santé des humains et des pollinisateurs, essentiels pour la vie au sens large. Ces dérogations sont perçues comme pouvant devenir une norme et non une exception. Le volet le plus critique est celui de la gestion et guerre de l’eau qui est sous-jacente. La Confédération paysanne dénonce par exemple l’accaparement de la ressource de l’eau par l’agro-industrie, autre lobbying qui a pu s’infiltrer en France et confisquer la ressource, pour en faire un moyen de faire les poches des contribuables, de leur interdire l’accès gratuit à l’eau et pour l’État de taxer au passage le tout. Le stockage de l’eau est critiqué, visant en principe à doubler les volumes irrigués d’ici à 2035, dans un contexte de chaleurs extrêmes en France. Les hydrologues estiment que le stockage n’est pas la solution miracle pour s’adapter aux changements climatiques.

La Macronie avance cette loi d’urgence selon deux volets : la crise économique... qu’elle a provoqué ainsi que les régimes précédents, mais aussi la crise de la compétitivité des filières, comme celles de la betterave (pour le sucre et dont le secteur viticole, entre autre), ou celui qui est une niche : de la noisette. Enfin le gouvernement avance les crises climatiques et la sécheresse de 2026, mettant en danger les récoltes. Cependant tout ceci ne justifie pas le cadeau au lobbying chimique et à celui de l’agro-industrie, plutôt que de défendre un plan national pouvant répondre aux vrais questions et problématiques des agriculteurs. Mais les opposants parlent peu des conséquences de l’appartenance à l’Union européenne : abandon de la souveraineté nationale, politiques agricoles communes aux effets dévastateurs, destructions de filières, suicide du monde agricole français, sacrifié pour complaire à d’autres membres importants de l’agroalimentaire en Europe, comme la Pologne, la Roumanie ou l’Espagne… sans compter les très suspectes ouvertures du marché à l’Ukraine.

Qui a voté contre ? Les partis favorables à cette loi ont été la Macronie, l’hyper centre, le RN ou la droite libérale. Ce sont les partis de gauche qui ont été les plus hostiles, les députés de LFI, du PS et les écologistes. Mais leurs forces ont été balayées dans le vote parlementaire, par 296 voix pour, contre 224 voix contre (voir ici quelques résultats pour la Franche-Comté, le Lot, le Puy-de-Dôme, les Deux-Sèvres ou la Vienne). Les trois partis de gauche ont annoncé qu’ils saisiraient le Conseil Constitutionnel français, pour contester cette loi criminelle, en particulier sur les aspects liés à la réintroduction des pesticides et à la gestion de l’eau. Au départ, il faut dire que le Parti Socialiste n’étaient pas totalement hostile à la loi, la formation s’étant abstenu lors du vote en commission. Cependant cette position avait changé au dernier moment, selon les déclarations de la députée PS Mélanie Thomin, ayant expliqué : « que le texte final avait dépassé très largement ce que les socialistes s’étaient fixés comme lignes rouges ». Le PS avait jugé que la loi, selon les propos de Dominique Potier, spécialiste des questions agricoles, avait été construite comme un rapport de force, plutôt que comme un compromis raisonnable et : « qu’elle installait sur les questions environnementales des régulations dont les paysans sont les premières victimes ». Enfin, il martelait un principe essentiel bafoué depuis des décennies par la République française : « l’eau est un bien commun de la Nation et l’atteinte à ce principe est très grave ».

La saisie du Conseil Constitutionnel. Il est actuellement aux mains de la Macronie et ne changera probablement pas le résultat. Cependant un fait pourrait jouer en faveur de l’abandon de cette loi criminelle : l’élection présidentielle de 2027. Dans un contexte de campagne électorale, les formations politiques partisanes de cette loi ont engrangé un mauvais point… dans l’opinion publique. Pour des raisons électoralistes évidentes, le Conseil pourrait alors juger que la loi n’est pas dans l’esprit de la Constitution et contraire aux intérêts du Peuple français… On peut toujours rêver ! La Macronie était d’ailleurs divisée sur cette question, surtout depuis le recours au conseil et la montée au créneau de 8 ONG environnementales, dont la LPO, Générations Futures, la WWF ou la Confédération paysanne. Dans la Macronie, deux ministres faisaient le grand écart : Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture qui défendait le projet, le jugeant essentiel… pour les agriculteurs. Et Monique Barbut, Ministre de la Transition écologique s’y opposant et jugeant le retour des pesticides comme crispant, au point qu’elle avait annoncé sa démission après l’adoption de la loi. Emmanuel Macron a alors utilisé son droit de veto avec son gouvernement, pour bloquer les amendements déposés par une certaine… Elisabeth Borne, gros poisson de la Macronie qui visaient à supprimer les dispositions sur les pesticides. Devant le scandale, Gabriel Attal, chef de file du Parti Ensemble pour la République, poussait pour des raisons électoralistes à ce que des députés puissent se prononcer sur le retrait de ces mesures… mais a été bloqué par le refus d’Emmanuel Macron… l’homme des lobbyings

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer dans quelques semaines… ces gens ne sont jamais très pressés ! Et les différents lobbyings ont hâte… de vendre de nouveau leurs produits de mort….

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