Un nouveau scandale de frais pharaoniques touchent la France, dans un contexte d’une dette publique colossale et jamais vu dans toute l’histoire du pays. Il y a quelques semaines, je publiais un article sur le coût également faramineux de l’Assemblée nationale, alors que le nouveau scandale touche justement cette institution.
Il s’agit d’un projet d’un nouveau pavillon d’accueil au Palais Bourbon et le désir de la présidente de l’assemblée, Yaël Braun-Pivet, de détruire le bâtiment historique, pour le remplacer par une construction en verre. Le projet est contesté à la fois pour son coût, par son inutilité dans le contexte économique épineux de la France et par son impact esthétique dans le patrimoine architectural parisien.
L’annonce du projet a provoqué une montée au créneau de l’opposition, provoquant un pic médiatique, autour des caprices de la présidente, du gaspillage éhonté, dans une période de contraintes budgétaires et d’une possible explosion de la fameuse dette, qui conduirait à une catastrophe que la France n’a pas connue depuis la fameuse crise de la dette des années 1785-1789.
Retour sur le pavillon de verre de Yaël Braun-Pivet, dans les lignes de Souveraineté Populaire, vous apprendrez qui est Yaël Braun-Pivet, une macroniste née avec une cuillère d’argent dans la bouche, chaud soutien d’Israël, ayant frayé longtemps dans les milieux dorés des expatriés français, parachuté députée, ministre, présidente de l’Assemblée nationale, après être sortie du chapeau de la Macronie en 2017.
Mais d’abord qui est Yaël Braun-Pivet ? Elle naquit à Nancy, le 7 décembre 1970 et était la petite-fille d’un tailleur juif polonais venu se réfugier en France, dans les années 30. L’homme fut médaillé pour des faits de résistance après la guerre. Elle fit des études supérieures de droit à l’Université de Nanterre, devenant alors avocate pénaliste. Elle exerça d’abord dans le cabinet de Maître Hervé Temime, avant de fonder son propre cabinet. Elle s’était mariée à un cadre supérieur, Vianney Pivet, dont elle eut 5 enfants et vécut à l’étranger de nombreuses années, notamment à Taïwan, au Japon ou au Portugal, suivant les nominations de son époux.
De retour en France en 2012, elle s’engagea dans le monde associatif, rejoignant les Restos du Cœur, dans les Yvelines. Elle créa alors des consultations juridiques gratuites, pour les plus démunis, dirigeant bientôt le centre d’accueil de Sartrouville. Elle avait commencé un engagement politique des années auparavant, se trouvant alors à Tokyo, encartée au Parti Socialiste, Gauche Caviar et étant trésorière de la section locale (années 2000). Elle ne devait pas tarder à sentir le vent tourner et déserta les rangs du PS pour s’enrôler précocement dans la Macronie (2016).
L’apparatchik de la Macronie. Ayant rejoint le Parti La République en Marche en 2016, elle bénéficia du phénomène d’aspiration de la marée Emmanuel Macron. Elle se présenta à l’élection législative de 2017, dans la 5e circonscription des Yvelines et fut élue (2017-2022). Elle présentait pour la Macronie l’avantage de venir d’une frange cossue et aisée de la France, ayant un certain niveau social, des études solides et n’étant jamais apparue autrefois dans les coteries politiques, sauf au niveau de simple militante dans le PS. Elle fut élue à l’Assemblée nationale, élue présidente de la commission des Lois, une fonction prestigieuse, qui lui donna bientôt de l’importance, étant en plus la seconde femme à occuper ce poste dans l’histoire de ce parlement. Les récompenses de la Macronie ne tardèrent pas à pleuvoir. Elle fut nommée Ministre des Outre-Mer (20 mai 2022), sans avoir de connaissances ou d’expérience en la matière, à part sa vague expérience de mère au foyer, au bras de son mari, dans les milieux dorés des expatriés français… bien loin des problématiques des départements de l’Outre-Mer, mais dans ceux des « expats » aux salaires mirobolants.
Elle fut aussi bombardée présidente de l’Assemblée nationale, après sa réélection à son siège de députée (2022), première femme à occuper ce poste, encore plus prestigieux. Avec la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président Macron (2024), elle fut encore réélue pour un troisième mandat (2024-2027) et réélue à la présidence de l’Assemblée nationale (18 juillet 2024). Elle avait fait scandale au moment du déclenchement de la guerre dans la bande de Gaza (2023), en sortant de sa réserve et en déclarant un soutien inconditionnel à Israël, ce qui posait beaucoup de questions sur sa réelle indépendance. Écorchée par l’opposition et les médias, elle tenta de biaiser en déclarant : « que son soutien concernait seulement le droit d’exister de l’État d’Israël et non les actions de son gouvernement.. ». Les propos ne trompèrent personne, car Israël n’était nullement en danger dans son existence, contrairement aux guerres contre les Arabes, à la fin des années 40, ou durant la guerre des Six Jours.
Le pavillon pharaonique de Braun-Pivet. Le montant du projet était estimé à la bagatelle de 53 millions d’euros, alors qu’elle tenta d’argumenter que les travaux seraient autofinancés par les réserves de l’Assemblée nationale… Une autofinance étrange, car les réserves sont la propriété du Peuple français et proviennent des impôts des contribuables. Mais au-delà du gaspillage éhonté, l’opposition la plus vive est venue du côté du patrimoine français. Le bâtiment actuel fut en effet construit en 1888, il présente une valeur historique. L’association Sites Et Monuments a alors lancé une pétition qui a rassemblé près de 100 000 signatures en peu de jours, car l’association jugeait que le nouveau bâtiment contribuerait à l’enlaidissement de Paris. La Commission du Vieux Paris est aussi montée au créneau, dénonçant dixit : « un projet monstrueux » et des craintes que la Macronie s’attaque à d’autres sites parisiens, sans parler de l’inscription du site des Rives de la Seine au patrimoine de l’UNESCO, projet que la commission estime être mis en danger par le pavillon de Yaël Braun-Pivet.
Mais les reproches viennent aussi sur le manque de transparence de la procédure, notamment d’avoir mené en secret l’élaboration du projet. Bien que le projet ait été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en septembre 2024, des voix s’élèvent un peu partout réclamant un nouveau vote, alors que l’affaire est sous les phares des médias et connue de l’opinion publique. Montrant les dents, l’association Sites et Monuments a annoncé son intention d’attaquer en justice le permis de construire, alors que la Mairie de Paris, avait rendu un avis favorable au projet, mais ceci n’était évidemment pas une surprise. Toutefois, la mairie n’ayant pas encore fourni toutes les autorisations, le projet pourrait être enterré sous la pression populaire.
Dans tous les cas, il démontre d’abord une déconnexion totale des élites politiques, notamment sur les dépenses, la crise, la situation de la dette qui est déjà une véritable bombe à retardement. Vivant dans la Tour d’Argent, de Taïwan, à Tokyo jusqu’à son siège de présidente de l’Assemblée nationale, la macroniste aura démontré une fois de plus, les carences graves, l’absence totale de vrais projets gestionnaires, de sauvegarde des fonds publics, de défense des intérêts des Français, pour déployer une fois encore les Ors de la République, des fameux dîners d’Emmanuel Macron au Louvre ou à Versailles, en passant par les 1 200 milliards supplémentaires de dette, qu’en moins de 10 ans, la Macronie aura jeté par la fenêtre, dans une politique de la « cigale ». La cigale ne chantera peut-être plus très longtemps et les fourmis françaises épuisées pourraient un jour lancer l’ancien cri de ralliement : « Aux armes citoyens ! ».