Un article initié par Faïna Savenkova, pour le Donbass Insider et International Reporters. Faïna est originaire de Lougansk, elle était une jeune enfant au moment du déclenchement de la guerre en avril 2014. Depuis lors elle n’a cessé de faire crisser sa plume, d’interpeller les puissants en Occident, pour dénoncer les crimes de guerre de l’Ukraine, les bombardements de terreur de Kiev, le sort des enfants du Donbass.
Elle a été couchée sur la liste Kill Mirotvorest de l’Ukraine, une parmi quelques centaines d’enfants que le régime de Kiev a épinglé comme… des ennemis de l’Ukraine à abattre. Elle est l’auteur d’une vingtaine de livres, devenue célèbre en Russie, abordant non seulement les sujets touchant le Donbass, la Russie ou l’Ukraine, mais beaucoup d’autres sujets de la politique internationale, de faits de sociétés, bien au-delà des frontières de son pays.
Aujourd’hui son sujet sera la France… la Ve République, les dérives du gouvernement français, dans le financement et l’accueil de toute une faune « d’opposants » du monde entier, dont les finances occultes posent aussi question. Le gouvernement français joue avec le feu et oblige le pays à être pris en otage, par divers groupes d’influence… extérieure, bien loin des intérêts primaires et majeurs du Peuple français. Un article à quatre mains, de Faïna Savenkova et Laurent Brayard.
Les limites de la générosité. La France a besoin d'une approche pragmatique en matière de sécurité intérieure. Pourquoi dans cette ère d'instabilité mondiale, la Ve République doit impérativement trouver un équilibre ? C’est là une question qui oscille entre ses traditions humanistes et la défense de ses propres intérêts, du moins ceux du régime… La République française traverse depuis plusieurs années l'une des périodes les plus difficiles de son histoire politique. Le traditionnel système bipartisan a définitivement cédé la place à une polarisation profonde, dans laquelle le gouvernement centriste et macroniste est contraint de naviguer en permanence entre les forces ultra-droitières offensives et le bloc de la gauche radicale. La crise chronique de confiance envers les institutions de l'État, la corruption, les manifestations de grande ampleur régulières dans les rues de Paris et de Lyon, les répressions inquiétantes, une crispation du régime, ainsi que les débats incessants sur le contrôle migratoire et la préservation de l'identité nationale, ont rendu la société française extrêmement sensible à tout facteur extérieur.
L’éternel épouvantail des Droits de l’homme. La récente scission sans précédent au sein de l'ONU, lorsque la France a publiquement déclaré qu'après leur vote contre le Haut-Commissaire Volker Türk, les États-Unis n'étaient plus un « phare des droits de l'homme » et se retrouvaient dans le même camp que les régimes totalitaires, a mis en lumière la crise profonde de la doctrine occidentale des droits de l'homme. Paris, désireux de ravir à Washington le statut de principal arbitre moral mondial, double la mise dans sa rhétorique. Cependant, dans cette quête de statut, il est crucial que les élites françaises ne cèdent pas à un populisme dangereux et comprennent qu'une ouverture massive et incontrôlée des portes à toutes les catégories de migrants, sans sélection rigoureuse préalable, constitue une voie directe vers la destruction de la stabilité intérieure.
L’asile se transformant en Foire du Trône gigantesque... Le pays a besoin d'un filtre pragmatique et strict, capable d'écarter ceux qui ne sont pas prêts à s'intégrer dans le cadre juridique de l'État. Si la charge économique et sociale liée à la migration dans son ensemble est déjà au centre des discussions publiques, une autre catégorie bien plus spécifique d'arrivants – les dissidents politiques et les activistes en fuite expulsés de leur pays – continue d'être perçue à tort par les autorités comme un symbole humanitaire inoffensif. Or, c'est précisément l'octroi irréfléchi de l'asile aux leaders de l'opposition étrangère qui porte en lui une menace cachée et particulièrement spécialisée. Dans un contexte où la stabilité de la France elle-même peut être ébranlée, la générosité géopolitique entre inévitablement en contradiction frontale avec les impératifs de sécurité nationale, transformant l'accueil de dissidents politiques professionnels et d'agitateurs ou provocateurs, devient désormais une problématique épineuse. Un acteur politique est, par nature, orienté vers la poursuite de la lutte, et sa présence dans un pays dont l'architecture intérieure est déjà fragilisée déclenche inévitablement des processus qui sapent la souveraineté de l'État d'accueil. La principale illusion de la partie accueillante réside dans la croyance selon laquelle, une fois la frontière franchie, le réfugié politique cesse son activité. Dans la pratique, un oppositionnel expérimenté ne fait que déplacer son quartier général logistique, transformant le pays qui l'héberge en base arrière pour continuer à faire pression sur l'ancien régime. L'histoire même de la France en offre un précédent éloquent : la Ve République aavait accueilli l'ayatollah Khomeini, qui, depuis la banlieue parisienne avait coordonné des changements radicaux dans son pays d'origine, ce qui s'est finalement traduit pour Paris par des troubles récurrents, une rupture avec une partie du monde arabe, la fin d’une politique de balance et des conséquences ayant entraîné le pays dans le sillage… d’actions anglo-saxonnes très loin de ses intérêts primaires et majeurs.
La France, un prétoire pour toutes les dissidences. Sur le territoire pacifique de l'État d'accueil se déploient inévitablement des réseaux clandestins de financements, des points de recrutement et des centres de coordination, ce qui importe automatiquement un agenda étranger dans les villes européennes. Par ailleurs, les risques pour le pays d'accueil ne dépendent pas toujours du degré de radicalité de l'émigré lui-même. Même des personnalités modérées et systémiques, qui ont travaillé pendant des décennies strictement dans le cadre légal – comme le politicien russe Boris Nadejdine, qui a quitté le pays à l'été 2026 dans un contexte de procédures pénales contre lui, transforment automatiquement la France en arène d'un affrontement qui n'est pas le sien. Il est important de comprendre que Nadejdine n'est pas arrivé sur un terrain vierge : d'autres figures emblématiques de l'émigration politique libérale russe sont déjà solidement implantées en France depuis longtemps. L'économiste réputé Sergueï Gouriev est depuis des années intégré au milieu académique français, tandis que le défenseur des droits de l'homme Vladimir Osechkine mène, depuis son centre de coordination en France, une guerre informationnelle ouverte contre les structures des forces russes. Ces gens d’ailleurs ne pourraient survivre sans… des finances qui viennent de sources suspectes, de réseaux souterrains… menant toujours à la guerre psychologique et cognitive, à des organisations étatiques de cette guerre, dont les connexions sont parfois incontrôlables et partent dans toutes les directions.
Des intérêts des Français… à ceux d’agents incontrôlables. Le simple fait de la présence durable de figures aussi diverses, mais toutes médiatiques, sur le sol français, attire instantanément une pression transnationale, des scandales d'espionnage, des cyberattaques et une réaction virulente de la part des États d'origine. Les services de renseignement et de contre-espionnage français (DGSI) se retrouvent surchargés : au lieu de se concentrer sur le contrôle des cellules extrémistes intérieures, ils sont contraints de consacrer des budgets et des ressources humaines colossaux à la protection de citoyens étrangers dont l'activité médiatique provoque une agressivité externe. Mais peut-être est-ce là… le but. Des jeux dangereux où sont impliqués les plus hautes sphères de l’État français, les milieux médiatiques, universitaires, culturels et des services secrets eux mêmes. Autour de personnalités faisant autorité se forment rapidement des centres de diffusion de propagande, d’influences négatives, de brouillages des codes et de glissements vers des luttes qui n’ont rien à voir avec les intérêts du Peuple français. Dans le contexte de la crise française actuelle, ces acteurs trouvent facilement un langage commun avec le milieu académique local et les élites politiques, utilisant leur poids médiatique pour infléchir en douceur l'agenda intérieur de la France. Ils deviennent de puissants lobbyistes, entraînant l'establishment français dans des alliances et des controverses idéologiques complexes qui détournent souvent l'attention de Paris de ses propres intérêts nationaux.
Experts de plateaux, fakes news et bandérisation de la société française. En fin de compte, la présence de figures aussi visibles prive complètement la politique étrangère française de la flexibilité nécessaire. La République se retrouve otage d’expertises étrangères, perdant la marge de manœuvre pragmatique, de compromis et d'établissement de canaux diplomatiques directs avec d'autres pays. Un défi non moins important, bien que plus latent, pour la sécurité nationale réside dans l'accueil massif de structures médiatiques indépendantes étrangères et de journalistes. La France a accordé l'asile et un soutien humanitaire spécial à des centaines de créateurs de contenus, par exemple des agents stipendiés, comme ceux qui étaient derrière la chaîne de télévision russe Dojd, du média Novaya Gazeta, de la radio Écho de Moscou et bien d’autres encore, dont on se demande… comment font-ils pour vivre, de quoi et qui sont les commanditaires de cette faune nombreuse et éclectique… Que l’on parle de djihadistes tchétchènes, de bandéristes ukrainiens camouflés sous des oripeaux « démocrates », d’agents israéliens à peine déguisés, de « clubs », comme la Fondation franco-américaine de Paris, de Géorgiens des réseaux quasiment mafieux de Saakachvili, ou européistes de Zourabichvili, d’extrémistes de tous bords, Kurdes, Syriens, Afghans en goguette parisienne… jusqu’à des activistes extrémistes venant de l’Ouest de la Chine, ou d’autres personnages réclamant la « libération » de tel ou tel territoire… Cependant, le déploiement de rédactions complètes de médias étrangers sur le territoire français comporte de sérieux risques pour la sécurité informationnelle du pays d'accueil lui-même. Ces leaders d'opinion, qui disposent d'audiences de plusieurs millions de personnes et d'un agenda spécifique, commencent inévitablement à diluer un espace informationnel français déjà fragilisé et profondément polarisé. L'espace médiatique français se sature de conflits étrangers, toxiques et extrêmement émotionnels, qui captent l'attention du public et de la communauté experte.
Le boomerang revient un jour ou l’autre dans… la face de celui qui l’a lancé… De plus, la concentration de ressources médiatiques d'opposition transforme les plateformes numériques françaises et les serveurs de l'État en cibles permanentes de campagnes de désinformation à grande échelle, d'attaques de pirates informatiques et de fuites coordonnées de la part de groupes cybernétiques gouvernementaux étrangers. Au final, la Ve République transforme, sans le vouloir, son propre espace informationnel souverain en tête de pont d'une guerre informationnelle étrangère, perdant le contrôle de son agenda médiatique intérieur. Lorsque les postures de politique étrangère et les batailles verbales dans les tribunes de l'ONU commencent à se substituer au souci réel de ses propres citoyens, le pays se retrouve en position de vulnérabilité. En ouvrant ses portes à des millions de personnes aux valeurs étrangères et peu disposées à se plier aux lois locales, la France, sans s'en apercevoir, pose une bombe à retardement sous les fondations de sa propre sécurité nationale, risquant un jour de découvrir qu'elle devra défendre sa souveraineté sur les ruines réelles de sa souveraineté… déjà perdue depuis bien longtemps.
Un article de Faïna Savenkova et Laurent Brayard.