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Lors d’une de nos dernières missions à Marioupol nous nous sommes rendus en longeant la côte dans le grand port du Donbass, pour aborder la ville par des quartiers qui ne sont pas parcourus par les journalistes. Après un long chemin à travers la campagne et la traversée de plusieurs villages, nous avons aperçu les premières destructions. Au loin se profilait l’une des églises les plus importantes de la ville, perchée sur une hauteur qui domine la Mer d’Azov, la cathédrale Sviato-Mikhaïlovski. Durement touchée par les bombardements, elle trône encore majestueusement malgré ses blessures sur cette hauteur. C’est là que nous sommes tombés sur l’une des soupes populaires organisées par les fonds humanitaires et l’église orthodoxe, en direction de tous les habitants nécessiteux du Sud-Est de la ville de Marioupol.

Grues et engins de chantiers s’affairent. Autour de nous les reconstructions sont déjà visibles. Lorsque nous garons notre voiture, nous apercevons tout de suite les échafaudages en attente, les grues, les camions et les bulldozers, car toute la ville est en effervescence. Il y a certes des quartiers moins actifs que d’autres, mais déjà la ville a été nettoyée de la plupart des gravas et des débris. S’il en reste ici et là, ce n’est qu’une question de temps. Un grand camp en plein air a été installé non loin dans un parc, des dizaines de véhicules sont stationnés des services d’urgence de la Russie ou de la République Populaire de Donetsk, mais il y a aussi les principaux grands fonds humanitaires russes. Il y a de tout, des camions citernes en passant par les supers poids lourds qui amènent qui des matériaux, d’autres ressources et de l’aide pour les habitants. L’eau a déjà été rétablie dans la plupart des quartiers, mais pour l’électricité c’est encore très compliqué. Non loin d’une des places centrales nous apercevons d’autres travaux dans un grand parc qui entoure le théâtre d’art dramatique. Les ouvriers sont en train de refaire les lignes électriques enterrées dans les gazons et les parterres qui entourent le lieu. Des piles de pavés sont déjà prêtes, car les obus ont souvent endommagé les belles allées piétonnes. Pendant que tout ce monde s’affère, les humanitaires travaillent sans relâche.

Soupe du Front Populaire patriotique et de l’Église orthodoxe. La soupe populaire s’adresse à tous et à toutes, il faut bien sûr justifier d’être un habitant de la ville, pour certains ce ne fut pas facile, car dans le drame de la bataille, des familles avaient perdu jusqu’à leurs papiers et documents, carbonisés dans les habitations ravagées par les flammes. Ils arrivent nombreux sur les lieux de la distribution qui se déroule toute la journée. C’est le grand espace vert et le parc de la cathédrale qui accueillent le Front Populaire Patriotique, une organisation civile et humanitaire de la Fédération de Russie. Les gens viennent ici seuls ou en famille, il y a des personnes âgées, comme des enfants. Ils sont accueillis d’abord par une grande table, qui supportent des monticules de vêtements dans lesquels ils peuvent choisir et prendre ce dont ils ont envie. Personne n’abuse, même pas les enfants car des cartons sont remplis de jouets et de menus choses à leur attention. Si tout cela n’est pas flambant neuf, ces dons sont les bienvenus comme nous le dirons les gens. Ils vont et viennent dans un défilé constant, détendus et également contents de recevoir cette aide humanitaire. Au bout du trajet se trouve une grande tente, l’on pourrait se croire à une brocante quelque part en France. Une roulante et des volontaires distribuent des assiettes, le menu du jour ce sera des pâtes. Ceux qui viennent de recevoir leur part, peuvent partir, ou choisir de manger sur place autour de bancs et des tables aménagés pour eux. L’église qui est déjà en restauration sert aussi de stockage et de sellier, abritant des réserves de fruits et légumes, conserves et autres nourritures.

Les Russes se sont retroussés les manches dans les territoires libérés. Pendant ce temps en Occident, l’on dépeint un tableau très noir de la Libération russe, qualifiée d’occupation. Les rares attentats commis par des fanatiques ou des agents infiltrés du SBU ne perturbent en fait que très peu la population. La Russie contrairement à ce que des médias ont raconté à l’envie, ne déporte personne, chacun est libre d’aller et venir, et même s’ils le souhaitaient de rejoindre l’Ukraine. En mai 2022, dans un camp de réfugiés non loin du grand port du Donbass, j’avais rencontré des files d’autobus attendant le transfert de ceux qui avaient choisis l’Ukraine. Ils n’étaient pas nombreux, mais ils avaient parfaitement le choix de rester ou de partir. L’église qui a servit de poste d’observation pour les Ukrainiens et qui a abrité aussi aux alentours des positions d’artillerie ukrainienne, a été touchée mais les dégâts restent relativement limités. La cathédrale, ainsi que le théâtre d’art dramatique et d’autres bâtiments officiels font l’objet des premières restaurations, mais les habitants ne sont certainement pas oubliés. Des vidéos circulent déjà de la destruction d’immeubles qui ne pourront pas être réhabilités, tandis que de nouveaux logements sont en train de pousser de terre, soit qu’il s’agisse de projets entamés avant le siège, soit qu’il s’agisse de nouveaux projets. En Occident, des chaînes comme LCI ou BFM TV diffusent jour après jour, des reportages ou donnent des informations… sans avoir un seul correspondant sur place du côté de la République populaire de Donetsk. Ils prétendent vous réinformer. Pendant qu’ils désinforment, les Russes ne perdre pas leur temps et travaillent d’arrache-pied car le temps passera vite jusqu’aux premières difficultés de la fin de l’automne.

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