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C’est un sujet de grogne permanente en France, notamment et surtout depuis les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. La France n’étant pas un pays producteur, elle dépend entièrement d’un approvisionnement venant de l’étranger. Dans le monde, les produits pétroliers ont été de longue date le sujet de conflits féroces, ils ont parfois changé le cours des guerres, les ont déclenchées et ont été le sujet de luttes sans fin dans le monde. A la fin du XXe siècle, un sujet revenait parfois dans les médias : les réserves mondiales seraient-elles éternelles, dans une inquiétude de ce que serait le monde sans pétrole. Le narratif qui a été vendu aux Français dès les chocs pétroliers, c’est que le consommateur devait payer les aléas des cours du pétrole, mais également le fait que n’étant pas pays producteur, le prix du carburant était immanquablement cher. Est-ce vrai ?

C’est ce que nous allons voir dans cet article de Souveraineté Populaire. Je m’attacherais à passer en revue les taxes, les politiques des gouvernements français, la trahison de Mitterrand en 1981, jusqu’à la Macronie, les évolutions, les fournisseurs du marché, comment le système fonctionne et qui au final… remporte la mise. C’est bien là la question, souvent oubliée, car en plus de la mondialisation, créant des rouages dont dépendent forcément les prix des carburants, l’État français a misé sur des politiques pesant sur le contribuable, sciemment, cyniquement et pour l’unique intérêt du système, que l’on parle de celui localisé de la France, ou plus largement du système globalisé. Le carburant n’est pas que l’excuse de guerres, mais aussi une poule aux œufs d’or, un monstrueux trafic à l’échelle mondiale, où la seule devise est de faire des profits, beaucoup de profits, toujours des profits !

La France et les politiques de taxe sur les carburants. La France pèse sur le prix des carburants, car l’État s’est engagé dans une politique fiscale agressive, visant à prendre une part importante du gâteau. Depuis les chocs pétroliers, pris pour excuses, la fiscalité a été pensée comme une arme contre le consommateur, permettant d’engranger d’importants revenus pour l’État. Après Giscard d’Estaing, la politique du gouvernement de François Mitterrand fut d’imposer la TIPP, une taxe étatique pillant les contribuables. Cette taxe était amplifiée par une autre, la TVA, faisant exploser le prix du carburant à la pompe pour le consommateur lambda (années 80-90). Sous Jacques Chirac, la TIPP fut transformée en TICPE. Les tarifs de cette taxe augmentaient moins vite que l’inflation, aussi le produit de la taxe stagna longtemps, car la consommation du gazole, moins taxé, augmentait le prix de l’essence, plus taxée (1998-2014). Ce fut la raison de la popularité des véhicules diesels, mais l’État mécontent de cette stagnation pris alors l’excuse de la pollution pour créer sous François Hollande, la Composante Carbone, ou « Taxe Carbone », afin officiellement de moduler la fiscalité selon les émissions de CO2. C’est l’augmentation programmée de cette taxe, sous la Macronie, qui fut l’un des déclencheurs du grand mouvement des Gilets Jaunes. Devant la révolte et la menace d’une insurrection généralisée, pour beaucoup d’autres raisons, la Macronie fut obligée de reculer et annonça geler la taxe… pour un moment.

Mais quelle est la part de l’État dans la vente de carburants ? En 2025, le produit de la taxe était pour l’État de 30-32 milliards d’euros. L’État percevait directement 16,3 milliards, les collectivités territoriales, régions ou départements environ 12,1 milliards, alors que depuis une loi de 2006, les régions pouvaient moduler le taux dans une limite fixée par cette loi. Enfin, une structure étatique, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France, l’AFITF, recevait en 2025, environ 1,2 milliard. C’est l’État qui reçoit initialement toutes ses taxes (sans parler de la TVA), reversant alors ensuite leurs parts aux collectivités et à l’AFITF. Les deux taxes, le TICPE et la TVA font que selon le cours du pétrole, les contribuables se voient dérobés 50 à 65 % du prix final du carburant…

Mais qui contrôle l’approvisionnement en carburant de la France ? C’est en principe l’Agence Internationale de l’énergie, l’AIE, dont la France est membre… qui est l’instance fixant le cadre global. Elle oblige en premier lieu les pays membres à détenir des réserves stratégiques équivalent à au moins 90 jours des importations nettes du pays, pour faire face éventuellement à une courte crise des approvisionnements. Cette organisation internationale peut aussi coordonner le déblocage collectif de ces stocks en cas de perturbation grave du marché mondial. La gestion des stocks stratégiques de la France repose sur deux entités : la Sagess, la Société Anonyme de Gestion de Stocks de Sécurité, et les compagnies pétrolières. La Sagess n’est pas du tout une entité contrôlée par l’État, mais une agence privée, fondée en 1988 et en principe encadrée par l’État, dont la mission principale est de consulter et gérer une grande partie des réserves françaises. Elle détient en 2026, environ 17 millions de mètres cubes de stocks, répartis dans une centaine de dépôts à travers la France. Parallèlement, les compagnies pétrolières ont une obligation légale de stockage, pour celles opérant dans le pays. Enfin une dernière entité existe, c’est le Ministère des Armées qui gère une réserve pour ses propres besoins.

La Sagess possède un énorme complexe souterrain, le Géosel de Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence, où pas moins de 42 % de tous les stocks de cette institution sont entreposés. Officiellement, c’est le gouvernement qui assure le suivi en temps réel de la situation et communique sur l’état des stocks. Les prix sont contrôlés par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, la DGCCRF. Elle peut initier des contrôles sur le territoire français, afin de s’assurer de l’absence de hausses injustifiées par les stations-services. Dans les faits, cet organisme veille donc aux intérêts des consommateurs, mais c’est bien sûr oublier qu’ils sont volés par l’État à la source… comme nous l’avons vu de 50 à 65 % du prix du carburant.

L’évolution du prix des carburants depuis les années 70. C’est là que réside le plus grand scandale, à savoir une multiplication par 10 en valeur absolue du prix à la pompe… Arguant des événements internationaux, comme les chocs pétroliers de 1973 et 1979, les crises du Golfe de 1987-1988, 1990 et 2003, ou encore l’agression américaine et israélienne de l’Iran (2026), l’État n’a jamais mis en place un système de protection des contribuables et consommateurs à la pompe, les particuliers, les petites ou grandes entreprises. Quelle que soit la crise… le pillage féroce des Français se poursuit, à son plus grand profit. L’État bien sûr ne souhaite pas les grandes crises internationales, car les ruptures et les pénuries sont des dangers pour l’État lui-même, de mécontentements, de manifestations et d’impopularité. L’intérêt de l’État est donc une situation stable, lui permettant de rafler la mise. En cas de grande stabilité et d’un cours faible du pétrole, le gouvernement peut taxer sournoisement plus fort le contribuable, jusqu’à 65 % du prix du carburant, ou le baisser, pour ne prendre que 50 %… Mais ce 50 % est aussi intéressant pour l’État, car dans le cas de prix hauts du carburant, la poule aux œufs d’or… ne cesse de déverser des monceaux d’argents dans le tonneau des Danaïdes des caisses de l’État.

En 1970, avant les chocs, le prix au litre de super 95 était de 0,15 centimes d’euros, soit 1,02 franc. Avec l’arnaque de la monnaie de l’Euro, on assista au passage au dessus d’1 euro pour un litre d’essence (2000). Les prix explosèrent ensuite jusqu’à 1,65 euro par litre (2012), au début de la présidence de François Hollande, un record… L’État mécontent d’une baisse, fixant le carburant à environ 1,52 euro, imagina alors cette fameuse hausse pour dépouiller un peu plus les contribuables… Ce fut alors le mouvement des Gilets Jaunes (2018-2019). Le mouvement fut écrasé, réprimé, des morts, des blessés, des milliers d’arrestations, des centaines de condamnations, le reste s’épuisa, alors que la propagande massive fit passer les Gilets Jaunes pour un danger pour la France et « la Démocratie ». Après avoir reculé, la Macronie ne loupa pas la crise de la guerre en Ukraine… à laquelle d’ailleurs elle a participé et participe jusqu’à nos jours. Cela a permi de faire augmenter le prix du litre de super 95, à 1,80 euro (en moyenne sur le territoire), dès 2022. Cette année là, le prix du carburant fut environ 5 % plus élevé, passant à 9 % en 2023… de nouveau 5 % en 2025, avec une inconnue pour l’année 2026 en cours, mais le pourcentage dépassera sans doute le record de 2023.

Vous vous demandez peut-être pourquoi les prix ont explosé et ont été multipliés par 10 ? Il ne s’agit pas seulement des cours du pétrole, de l’inflation… du temps qui passe. Il y eut une très grave trahison d’un gouvernement français. En 1981, à sa prise du pouvoir, François Mitterrand décida en effet la fin du blocage des prix par l’État, dans une politique criminelle d’ultra libéralisation des prix du carburant… De cette date, l’État protecteur fut anéanti et une politique de pillage des citoyens français commença. Le hold-up se poursuit jusqu’à nos jours. Le plus grand scandale est peut-être que ce président, se disant socialiste, prit une mesure en faveur des ultras riches, des fonds d’investissements, devant permettre avec la complicité de l’État, prenant sa part, de faire les poches des contribuables français… jusqu’à plus soif. Cependant, le système étant par trop inique et visible, sous la présidence de Jacques Chirac, pourtant chef de file de la droite libérale, il fut décidé d’une TIPP flottante, avec un lissage des variations pour le consommateur (2000-2002)… L’imposture Mitterrand n’étant plus à démontrer, il est ici intéressant de remarquer que la défense des intérêts du Peuple français… ne dépend pas souvent de la frange idéologique dont les politiques sont censés venir.

Mais qui sont les principales compagnies pétrolières et acteur en France ? Le leader incontesté n’est autre que TotalEnergies, acteur historique et majeur, fournissant environ 25 % des carburants vendus en France. Le groupe dispose d’ailleurs d’un réseau de plus de 3 000 stations-service, permettant à 9 Français sur 10, d’avoir une station du groupe à moins de 15 minutes de chez eux. Le groupe exploite également environ la moitié de la capacité de raffinage du pétrole en France, soit 3 raffineries et 2 bioraffineries. L’autre grande compagnie est italienne, la seule à être restée en France des compagnies étrangères, l’ENI, avec 170 stations-service. Beaucoup d’acteurs étrangers ont choisi de quitter le marché français, comme la BP (2023), ayant revendu la plupart de ses stations-service à la marque ESSO. Ce dernier a aussi opéré un retrait, mais ne sont plus possédées par le groupe, mais par le canadien North Atlantic. Enfin la compagnie britannique Shell a l’intention également de se retirer, son réseau ne comptait plus que 80 stations-service en 2025, qui étaient en cours de cession. Le grand acteur désormais, avec les 2/3 du volume de carburants vendus, c’est la grande distribution, Leclerc, Carrefour, Intermarché et bien d’autres. Ces enseignes ne raffinent pas bien sûr du pétrole, mais l’achète à des raffineurs.

TotalEnergies, le plus gros acteur. Intéressons-nous maintenant à TotalEnergies et tentons de savoir qui se cache derrière… C’est une société cotée en Bourse, son capital est majoritairement détenu par des investisseurs institutionnels et internationaux. Les investisseurs institutionnels sont majoritaires, environ 53 %, ce sont des fonds de pension, des sociétés de gestion. Les salariés du groupe, via un fonds d’actionnariat sont propriétaires à 7,88 %. Le reste est la propriété d’actionnaires individuels et publics. Pour les grands noms qui possèdent par actions TotalEnergies, citons… BlackRock (6,83 %), le Fonds souverain norvégien (1,95%), le fonds américain Vanguard (3,87 %), le fonds européen Amundi (3,5 %) et une petite part appartenant à l’État français… qui se ressert au passage ! D’autres entités sont présentes, comme le fonds de pension californien CalPERS, la New York State Common Retirement Fund, ou les Fonds de pension néerlandais ABP et PFZW. De fait le conseil d’administration de TotalEnergies est composé de 10 administrateurs, de 6 nationalités différentes… Du beau « monde », dont j’essayerai de faire les portraits dans un prochain article. Les biographies sont toujours parlantes :

Enfin le groupe a été condamné en 2025, pour une affaire de « greenwashing ». En octobre 2025, le Tribunal judiciaire de Paris a condamné le groupe, pour des « pratiques commerciales trompeuses ». La justice a jugé que les annonces publicitaires du groupe étaient mensongères et présentaient la compagnie comme : « un acteur majeur de la transition énergétique ». Hélas la condamnation fut symbolique et n’eut guère d’effets sur la compagnie. Cependant, elle est visée par une affaire beaucoup plus graves, faisant suite au passé sulfureux de Total dans la Françafrique. En novembre 2025, une plainte pour : « complicité de crimes de guerre, de tortures et de disparitions forcées », a été déposée concernant le méga-projet gazier de Total au Mozambique, où une unité militaire qu’elle aurait soutenue et financée était chargée d’exactions contre les civils récalcitrants (2021). Cette affaire n’est pas la seule, TotalEnergies ayant l’un des pires passifs d’une mafia sans scrupule, bandits en cravate qui ont depuis des décennies trempés dans les pires coups, en particulier en Afrique, continent qui jusqu’à nos jours a été pendant des siècles le sujet de rapines éhontées…

Conclusion : Pour l’année 2026, les prix moyens des carburants, en prenant l’exemple du SP95, ont été de 1,68 euro (janvier), 1,70 euro (février), 1,89 euro (mars), 2 euros (avril), 2,04 euros (mai), se fixant au 20 juillet vers les 2 euros… En admettant que l’État français au vu de ces prix incroyables ne prendrait que 50 % de ce prix… Le prix réel serait donc entre 0,68 euro et 1 euro. L’État français n’est d’ailleurs pas le pire voleur de la clique des pays de l’Union européenne. Au Danemark ces prix sont actuellement vers les 2,33-2,46 euros, aux Pays-Vas autour des 2,2-2,34 euros, en Allemagne vers les 2,06-2,19 euros, en Finlande autour des 2,13 euros. Pour les bons élèves, notez l’Italie, vers les 1,85 euro, l’Espagne, autour des 1,52-1,54 euro, la Suède pour 1,33-1,38 euros, ou Malte avec 1,34 euro. Dans des pays producteurs, le prix est actuellement aux USA, d’environ 0,74 euro le litre et en Russie de 0,86 euro.

Les gouvernements américains et russes prennent également des taxes, mais pas dans la proportion de la France ou des Européens parmi les plus voraces. Disons simplement, qu’en ce moment le prix réel d’un litre de SP95 devrait être en France d’1 euro, contre 0,86 avec les taxes pour la Russie. Il est évident que même en admettant que l’État français prenne une taxe, par exemple pour un prix d’1,2 euro, les choses iraient très bien… pour le consommateur, les artisans, les transporteurs, les entrepreneurs et petites entreprises… Oui mais… il y a eu François Mitterrand en 1981 et l’arrêt du contrôle étatique des prix, et depuis cette date le pillage éhonté des Français. Evidemment les compères suivants, surtout Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Emmanuel Macron se sont bien gardés de détruire le juteux système… Et dans tous les cas, tout en haut, Vanguard, BlackRock et quelques autres se servent au passage pour le plus grand profit d’ultrariches et de possédants...

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