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Une rubrique sur la corruption des milieux et élites politiques, alors que depuis l’apparition des politiciens professionnels, cumulards de mandats, les affaires éclatent les unes après les autres sous la Ve République. Ces politiciens sont devenus une caste, à la manière de l’aristocratie sous l’Ancien Régime. Ils ne s’intéressent pas à l’intérêt général, ni de la France, ni du Peuple français, mais à des objectifs personnels, de carrière, d’enrichissement, de pouvoir. Ils sapent le tissu social, détruise la souveraineté de la France, pratiquent le clientélisme, vivent dans des milieux endogames et népotiques, ils viennent hélas de toutes les franges politiques et mon propos ne sera pas d’attaquer un ou plusieurs partis politiques, mais de les attaquer tous. Pour le faire une arme simple : la biographie. A travers l’étude des biographies, apparaît alors la vraie nature de ces politiciens corrompus, d’oligarques, de barons locaux et d’une faune cravatée.

C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires furent plus nombreuses à partir de la présidence de Giscard d’Estaing et François Mitterrand, puis se multiplièrent jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Nous assistons à une corruption massive des milieux politiques, le mauvais exemple étant donné au plus haut niveau de l’État. Mon propos sera de balayer un demi-siècle de corruption endémique, un état des lieux effrayant mais nécessaire.

Aujourd’hui j’aborderai le cas de Karim Bouamrane, un apparatchik du PS, autrefois longtemps au PCF, puis flirtant avec la Macronie, il fut même évoqué comme un Premier ministre possible en 2024. Il est aujourd’hui candidat à la Présidentielle 2027. Une sale affaire d’assistantes de complaisance a éclaté en mai 2026, des emplois népotiques, un système de clientélisme dans le sein du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, avec des suspicions de 24 faux conseillers… pour un préjudice pour les contribuables français de plus d’1,1 million d’euros. Si tous les conseils départementaux de France étaient touchés par le phénomène, nous aurions un vol caractérisé de plus de 116 millions d’euros par an… Voici l’article dans Souveraineté Populaire.

Mais qui est Karim Bouamrane ? Il naquit à Clichy, région parisienne, le 21 février 1973, le fils cadet d’immigrés venus du Maroc, installés en France en 1969. Son père était un simple ouvrier maçon et sa mère, une femme au foyer, des anonymes dans la masse des migrants venus trouver un monde censé être meilleur en France. Selon son témoignage, sa famille était très pauvre, vivant dans un immeuble délabré de la cité Cordon, à Saint-Ouen, sans commodités, ni salle de bain. C’était la France du rapprochement familial voulue par la politique de Giscard d’Estaing, mais aussi par les effets de la fin des guerres coloniales, d’Indochine ou d’Algérie, sans parler des 30 Glorieuses, période prospère pour l’industrie française, mais nécessitant une main d’œuvre peu chère, docile et malléable. Malgré les conditions modestes de sa famille, il fit des études supérieures, décrochant un master II en économie et droit européen. Cependant, il s’orienta ensuite vers les nouvelles technologies et la cybersécurité. Il devint vite cadre et occupa des postes de direction au sein d’entreprises internationales spécialisées dans la sécurité informatique. Il fut engagé également dans plusieurs sociétés, dont la SAS LISAF, dont il fut le liquidateur.

Du PCF à la Gauche Caviar. Il s’engagea très tôt en politique, d’abord encarté au Parti Communiste Français, à seulement 22 ans (1995), un choix à contre-courant alors que le PCF n’était déjà plus que l’ombre de lui-même et que le bloc soviétique s’était effondré. Il fut élu conseiller municipal de Saint-Ouen, dès 1995, devenant un adjoint à la jeunesse, aux sports puis aux affaires économiques. Après presque 20 ans de militantisme dans cette formation politique, il préféra glisser vers la Gauche Caviar, rejoignant alors le Parti Socialiste (2014). La France était alors sous la présidence de François Hollande, et malgré les lézardes déjà visibles dans le système, il n’hésita pas à s’engager. Peut-être croyait-il vraiment que cette emprise des deux partis fromagistes, le PS et l’UMP (Les Républicains), perdurerait longuement. Il monta très vite en puissance dans le PS, devenant le porte-parole du parti, puis le secrétaire national à l’innovation.

Maire de Saint-Ouen et pressenti pour Matignon. Il resta fidèle au PS, ne succombant pas aux sirènes de la Macronie, qui avaient siphonné largement le parti. Il fut élu maire de Saint-Ouen-sur-Seine (2020), réussissant à battre un candidat de la droite libérale. Il multiplia les effectifs de la Police municipale de la ville par dix, inaugurant alors un nouveau commissariat (2023) et instaura un couvre-feu pour les mineurs en juillet 2025. Côté urbanisme, il développa des partenariats culturels prestigieux, entamant la rénovation du Stade Bauer ainsi que le réaménagement des berges de la Seine. Sa notoriété fut faite au moment de sa gestion du village olympique de Saint-Ouen, le mettant sur le devant de la scène et les phares des caméras et médias. Le quotidien allemand Die Welt lui attribua le surnom « d’Obama von der Seine »… et l’enthousiasme fut grand quand le New York Times s’empara de son histoire… brossant son portrait. Aux élections municipales de 2026, il réalisa un score de 46,63 % des voix dès le premier tour. Il était alors un cumulard de mandats, étant aussi troisième vice-président du département de la Seine-Saint-Denis, chargée de la culture et président du Conseil de surveillance de la Société du Grand Paris.

Dans les sphères politiques, son nom circula pour Matignon, au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale (été 2024), présenté comme un possible Premier ministre de compromis. Il bénéficiait du soutien de l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, mais aussi du Macroniste Clément Beaune, sinistre personnage, indiquant : « que ses talents de diplomate et son potentiel à transcender les divisions politiques » étaient un atout. Bouamrane se sentit sans doute pousser des ailes, des articles le voyaient déjà à la tête de Matignon… mais l’affaire n’alla pas plus loin. Très ambitieux, il officialisa sa candidature à l’élection présidentielle 2027, sur la radio France Inter (9 juin 2026), affirmant être le candidat fédérateur, du compromis et capable selon lui d’incarner : « La France humaine et forte », en parlant de faire barrage à la fois au RN et à la France Insoumise. Cette France était en fait un mouvement politique, portant le même nom qu’il avait fondé dès octobre 2024. Ce fait démontre que ses ambitions présidentielles étaient déjà présentes et qu’il envisageait de prendre la tête du PS dès cette époque.

Propos homophobes. Une première affaire éclata en novembre 2025, lorsque Sabrina Decanton, première adjointe écologiste de Karim Bouamrane, annonça se retirer des élections municipales 2026. Elle déclara à la presse que l’homme tenait régulièrement des propos homophobes et violents, ainsi que d’autres personnes au sein du groupe écologiste local, où sa propre orientation sexuelle aurait été selon elle : « un obstacle à une possible victoire de la liste ». Le fait est intéressant alors que nous constatons un essoufflement net de l’offensive LGBT et la fatigue des gens. Il est aussi important de noter que dans le sein des formations politiques, notamment ici sur un territoire comprenant de nombreux migrants, l’électoralisme et les bonnes places l’emportent sur le discours, car les populations musulmanes françaises sont attachées aux traditions et à la famille… Pour être élu, conserver les bonnes places, les discours… c’est bien, le pragmatisme bismarckien c’est beaucoup mieux !

L’affaire Master Poulet. Pour des raisons sans doute politiques, et cherchant à faire la une des journaux, il se lança dans un bras de fer, connu sous le nom d’affaire Master Poulet. Elle opposait Karim Bouamrane, à la chaîne de restauration rapide Master Poulet, spécialisée dans le poulet halal à bas prix. Le 11 avril 2026, la chaîne Master Poulet ouvrit un point de vente à Saint-Ouen, mais le maire estimait que le commerce s’était installé sans autorisation préalable. Il ordonna de faire installer des blocs de béton pour bloquer l’entrée du restaurant, puis les fit remplacer par d’imposants pots de fleurs, dans un esprit retord, chicanier et sournois. Il ordonna également de faire harceler le restaurant par des contrôles administratifs incessants et épuisants. La firme afficha alors des banderoles accusant le maire de « corruption » et l’affaire fut portée devant la justice. Le côté illégal des actions du maire, les violences sournoises à peine déguisées, firent bientôt leur effet et le Tribunal administratif de Montreuil ordonna au maire de faire retirer les blocs de béton. Des figures de la France Insoumise entrèrent dans la danse, comme Eric Coquerel, accusant le maire de harcèlement et de mépris de classe, voire de racisme. Karim Bouamrane se cacha derrière : « la lutte contre la malbouffe, les nuisances, les odeurs et livraisons nocturnes et son refus de la gentrification alimentaire ». Il alla jusqu’à déclarer sans preuve, que 80 % de ses administrés soutenaient sa démarche

L’affaire des emplois de complaisance. Mais bientôt une autre affaire beaucoup plus sérieuse, rattrapa bientôt le maire de Saint-Ouen. Le média FranceInfo révéla dans une enquête que Karim Bouamrane, en tant que vice-président du Conseil départemental, avait poussé à l’embauche d’une proche, dans un système népotique bien connu et où la Gauche Caviar, comme une grande partie du panel politique a depuis longtemps sombré. Cette proche, bombardée chargée de mission, sans aucune expérience territoriale, fut embauchée pour un poste de catégorie A, pour un salaire brut de 3 200 euros (janvier 2024). Pire encore, plusieurs témoins affirmèrent bientôt que la salariée n’était que rarement présente au département et qu’elle partageait un bureau avec un adjoint au maire de la ville de Saint-Ouen… ce qui interrogeait grandement sur la réalité de son poste et de ses fonctions. Karim Bouamrane ne nia pas avoir poussé à son embauche, mais affirma qu’elle avait des compétences en communication (imaginaires) et s’échina à fournir des documents attestant de son supposé travail… Les investigateurs démontrèrent que sa jeune collaboratrice, avait fait une carrière dans le marketing et la communication digitale, puis s’était reconvertie dans l’hypnose, le yin yoga et la pratique de l’EFT (tapotements du corps), pour travailler sur les émotions des enfants et des adolescents en difficulté… Piégés les deux compères continuèrent à nier, l’assistante préféra fuir les caméras, déclarant simplement : « avoir beaucoup travaillé » durant la durée effective de son contrat en CDD de 15 mois.

L’affaire glissa sur le travail de Karim Bouamrane comme vice-président et chargée de la culture dans le Conseil départemental. L’enquête dévoila que le cumulard de mandats ne daignait que rarement se présenter aux assemblées, le plus mauvais élève du département en terme d’absentéisme. Entre janvier 2024 et mai 2025, son assistante fut présente lors de 13 assemblées publiques, mais Karim Bouamrane était absent ou n’ayant pas pris la parole, elle n’eut rien à produire des éléments de langage de son patron… absent ou muet. Les journalistes de FranceInfo poussèrent l’investigation dans le Conseil départemental où des témoins affirmèrent : « que Bouamrane semble s’être désengagé ces dernières années de ses responsabilités départementales au profit de sa carrière personnelle, participant à peu d’événements protocolaires, se faisant souvent remplacer, au pied levé, par d’autres élus de la majorité départementale », notamment des complices comme Corentin Duprey ou Élodie Girardet. Un autre témoin le crucifiait : « aucun autre vice-président au Conseil départemental disposant d’une délégation est autant absent que Karim Bouamrane, cela semble admis et toléré par le président Stéphane Troussel ».

24 « très bons amis », pour plus d’un million d’euros de rapine. La chambre régionale des comptes fut alertée sur les chargées de mission, car au-delà du cas de l’assistante de Karim Bouamrane, il y avait des suspicions sur d’autres postes de complaisance du genre. Par ailleurs, une alerte fut lancée sur le possible détournement déguisé du plafond légal des collaborateurs du président du département, le camarade socialiste de Bouamrane, Stéphane Troussel. Le signalement estimait que le cabinet comptait pas moins de 35 conseillers politiques déguisés, au lieu des 11 postes prévus par la loi… En terme de coût, le copinage sur une période de 15 mois, le détournement de fonds publics pour nourrir cette clientèle de 24 « fantômes », est tout de même un vol de 76 800 euros par mois d’argent public et par rapport à une période d’embauche de 15 mois, d’1 152 000 euros… Ces générosités avec l’argent des contribuables concernent aussi les cumuls de mandats, et notamment le salaire non justifié d’un absentéiste à son poste de vice-président du Conseil départemental. Ce salaire est d’environ 2 300 euros par mois. Depuis son entrée dans l’institution, c’est un coquet hold-up de 165 500 euros, avidement glissés dans la poche du politicien professionnel.

Une commission d’enquête pour nettoyer les Conseils départementaux ? Cet argent s’ajoute à son salaire de Maire de Saint-Ouen, soit tout de même la somme de 5 960 euros, défini comme « une indemnité de fonction ». Mais jusqu’à juin 2026, où Bouamrane occupait aussi le poste de Président du conseil de surveillance de la Société des grands projets, (Grand Paris), il faudrait aussi ajouter un beau chèque… Fait marrant la rémunération d’un tel poste n’est pas communiquée contrairement aux salaires des agents publics, du moins sur Internet ou dans les médias… L’information est publiée dans des documents officiels, dont le rapport annuel du budget de la SGP. A ce jour, sur le site officiel de la SGP, les rapports annuels pour les années 2025 ou 2026, ne figurent pas dans les informations disponibles. Cependant notez que la SGP employait 1 025 collaborateurs en 2024, pour des dépenses totales, travaux, études et salariés de 5,4 milliards d’euros. Mais le mystère reste entier, combien touchait-il encore ? Quoi qu’il en soit, c’est un exemple honteux d’un cumul malhonnête de postes, que pourraient occuper deux autres personnes… compétentes, tandis que les « assistantes » de complaisance dégageraient dans toute la France des millions d’euros… Songez que le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis n’est qu’un parmi… 100 autres, pour 96 départements en métropole et 5 en Outre-Mer. Une enquête nationale ne serait-elle pas nécessaire pour rechercher, découvrir, condamner ces employés illégaux et ceux les ayant embauchés ? Si chaque Conseil départemental étaient parasités par 24 autres funambules et artistes de cirque, nous serions à 116 millions d’euros dérobés aux contribuables français… par an.

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