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Dimanche, Laurent Nuñez a tendu sa démission. Lundi, Emmanuel Macron l’a refusée. Entre les deux, des milliers de vitrines brisées, des policiers filmés au milieu des pillages et des BlackBlocs qui semblent circuler librement parmi ceux censés les arrêter. Pendant que les médias s’épuisent à opposer Le Pen et Mélenchon, le vrai responsable, lui, reste aux commandes et continue de vider les caisses pour l’Ukraine. Les images existent. Elles accusent.

Laurent Nuñez a remis sa démission dimanche au président de la République, qui l’a purement et simplement refusée. « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », a-t-il déclaré lundi 19 octobre sur France Inter, ajoutant avec une feinte gravité : « J’ai un sens de l’intérêt général et, vu les dégâts qu’il y a eu, il était normal que je remette ma démission. » L’Élysée a justifié ce refus au nom « de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel » et a ordonné au ministre de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre « face aux casseurs ». Voilà comment l’on traite la responsabilité dans cette République macronienne : on l’agite comme un chiffon pour la forme, puis on la jette au panier dès qu’elle menace de déranger le spectacle.

 

Ce spectacle, on le connaît désormais par cœur. Samedi 17 octobre, plus de cinq cent cinquante mille personnes se sont mobilisées à travers le pays, bien au-delà des deux cent mille annoncés. Soixante mille membres des forces de l’ordre avaient été déployés. Pourtant, dans plusieurs grandes villes, le dispositif s’est retrouvé en totale asymétrie. Laurent Nuñez lui-même a reconnu une « perte de contrôle » : « Dans certaines grandes villes, quand vous avez des centaines de commerces pillés, vous ne pouvez pas regarder des commerçants et dire qu’on n’a pas perdu le contrôle. » Une journée « extrêmement difficile à gérer », a-t-il concédé, avant de promettre une « montée en puissance de nos doctrines d’intervention contre les casseurs et les pilleurs » afin que les forces puissent être « mobiles et réactives ». Tout sera fait, assure-t-il, pour que cela ne se reproduise pas. On voudrait y croire. On ne le peut plus.

Car les images qui circulent depuis dimanche racontent une tout autre histoire. À Metz, deux individus cagoulés semblent lancer des projectiles avant d’être escortés par des policiers. Ailleurs, des hommes habillés en BlackBlocs montent dans un véhicule de police ou pénètrent dans un commissariat. Certains seraient des agents infiltrés. Mais que faisaient-ils exactement ? À Limoges, des policiers sont accusés d’avoir participé au pillage d’une boutique Lacoste ; les images les montrent récupérant des marchandises. Des casseurs qui rejoignent les rangs des CRS, des policiers qui discutent tranquillement devant un magasin pillé, d’autres filmés en train de récupérer des chaussures dans des commerces saccagés. Ces séquences rappellent de précédentes controverses concernant des policiers en civil dans les manifestations. Florian Philippot dénonce une « démolition contrôlée ». Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement de jouer « le pourrissement ». Jean-Philippe Tanguy estime que les casseurs servent à discréditer la contestation. Emmanuel Macron, quant à lui, promet de sanctionner les casseurs. Encore faudrait-il expliquer pourquoi certains d’entre eux semblent circuler si aisément parmi les forces de l’ordre.

Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a indiqué qu’au moins une trentaine de commerces avaient encore été pillés dimanche et dans la nuit, décrivant des « scènes insupportables ». « Ça n’a pas l’ampleur de samedi, mais il y a eu des groupes de pilleurs qui se sont répartis dans plusieurs quartiers de la ville », a-t-il précisé, notant que cette fois les casseurs agissaient « à visage découvert ». La police a procédé à trois cent cinquante et une interpellations dimanche et dans la nuit dans la capitale. Le président de CCI France, Alain Di Crescenzo, a estimé que l’on « dépassera les 2 000 » commerces touchés, pour des centaines de millions d’euros de dégâts. Dimanche à vingt heures, un premier pointage faisait état de mille cinq cents commerces atteints ; en comptant les villes omises et les violences qui se sont poursuivies à Paris, Marseille, Lyon et Nantes, le bilan s’alourdit encore. Alexandre Bompard avait déjà évalué la facture à des centaines de millions d’euros.

La procureure de Paris Laure Beccuau a juré : « Nous ne lâcherons rien » pour retrouver les auteurs de ces « actes odieux ». « Nous allons rester mobilisés autant de temps qu’il faudra », a-t-elle martelé, évoquant des enquêtes préliminaires sur les faits les plus graves, l’ADN, les empreintes, les traces de sang, les trajets dans les transports. Elle a invité les commerçants à conserver toute preuve. Beau discours. Mais pendant que la justice promet de pister les pilleurs, qui piste ceux qui, au sein même des forces de l’ordre, semblent avoir facilité ou accompagné le chaos ?

Raphaël Glucksmann, candidat à la présidentielle, a appelé à une réponse « extrêmement ferme » des autorités, faute de quoi « la bénéficiaire du chaos sera Marine Le Pen » à laquelle Jean-Luc Mélenchon « aura servi de marchepied ». « On doit montrer que l’État de droit n’est pas la faiblesse, que la République n’est pas l’impuissance », a-t-il affirmé. « Nous avons des bandes qui opèrent sans problème au cœur de nos villes. Comment on explique qu’il y ait si peu d’effectifs sur le terrain ? Comment on explique qu’il y ait ce sentiment d’impunité ? Il va falloir agir de manière extrêmement ferme, il ne faut pas avoir la main qui tremble. » Voilà le refrain habituel. Pendant que l’on s’étripe sur les plateaux entre le Rassemblement national de Marine Le Pen et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, présentés comme les deux futurs ennemis de la France, on omet soigneusement de rappeler qui détient réellement les commandes depuis 2017. Emmanuel Macron. C’est lui l’ennemi.

Pendant que la France brûle, il continue de dilapider l’argent des Français dans son soutien à l’Ukraine. Depuis ce matin, certains politiques accusent déjà la Russie d’avoir poussé à ces violences. N’oubliez pas votre suppositoire de 100 mg de « Clesrusses ». On peine vraiment à trouver le moindre signe de crédibilité dans tout ce qui se passe aujourd’hui en France. La Bourse de Paris vient d’ouvrir en chutant de 1,08 % sur fond de tensions sociales. L’économie française demeure inexistante. Mais ce n’est pas grave : on ne change pas une équipe qui gagne. Le plus simple serait que Macron se constitue prisonnier, car comme il le dit si bien dans cette vidéo, il est responsable de tout... le coupable, c'est lui!

Le ministre de l’Intérieur, après avoir reconnu l’asymétrie du dispositif face au volume réel des manifestants, promet désormais d’anticiper mieux et de rendre les forces plus mobiles. Il évoque la différence avec le mouvement « Bloquons tout » de 2025, où quatre-vingt mille policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour empêcher le blocage du pays, alors qu’il s’agissait samedi d’une manifestation déclarée. Tout cela sonne comme une litanie d’excuses après coup. Gérald Darmanin, dont l’ombre plane encore sur ces dossiers de maintien de l’ordre, n’est jamais loin lorsque l’on parle de doctrines d’intervention et de gestion des foules. Laurent Nuñez, en acceptant de rester malgré sa démission, se fait le garant d’une continuité qui ressemble davantage à une complicité qu’à une nécessité opérationnelle.

 

N’oublions pas un détail capital : tout s’est passé en marge des cortèges… pas durant la manifestation elle-même, celle de gens qui ont ras-le-bol d’être pris pour des vaches à lait de l’Etat Français,

 

Voilà ce que révèle le 17 octobre et ses lendemains : non pas une simple défaillance opérationnelle, mais un système qui organise le pourrissement, qui tolère ou orchestre la collusion, qui refuse la responsabilité et qui, finalement, préfère le chaos maîtrisé à toute remise en cause profonde. Laurent Nuñez restera. Emmanuel Macron restera. Les vitrines, elles, ne se répareront pas d’elles-mêmes. Et les Français, de plus en plus nombreux, cessent de croire aux contes que l’on leur raconte chaque lundi matin sur les ondes.

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