Personne ne les connaissaient avant qu’ils apparaissent soudainement dans les rangs de la Macronie, ils furent présentés comme « l’espoir du renouveau de la politique de la France ». Ils viennent du monde du privé, étaient frais moulus de l’université ou de grandes écoles du système, ils avaient un nom ou une famille bien connectée. Ils justifièrent difficilement la Macronie, ayant du mal à cacher ses racines politiques pourtant anciennes, notamment dans la Gauche Caviar. Ils étaient plutôt jeunes, ils avaient de l’ambition, les dents longues qui rayaient le parquet et paraissaient être des gens qui venaient de la « France réelle ».
Une première vague déboula lors de l’élection présidentielle de 2017, bientôt renforcée par des ralliés dans l’enthousiasme de la victoire, des profils intéressés par un morceau du gâteau républicain. Une seconde vague apparut lors de la seconde élection d’Emmanuel Macron, après 2022, alors que le pouvoir cherchait des « serviteurs » ne posant pas de questions, prêts à s’engager et à mouiller la chemise pour ce que j’appelle le système globalisé. Pour les connaître, un seul moyen : se plonger dans leurs biographies, car ils ne sont jamais présentés sous leur vrai visage. Les origines, les expériences professionnelles, les études supérieures, les « clubs » et think thanks parlent et éclairent leurs profils.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Stéphanie Rist, la « Ministre de l’Ombre », qui a défrayé la chronique dans la politique de la peur, par rapport à une pandémie imaginaire, l’Hantavirus. Elle n’était personne ou presque, lorsqu’elle apparut soudainement dans la Macronie, au niveau de l’élection présidentielle de 2017. Depuis, il a été révélé qu’avant son ascension politique, elle avait été liée au lobbying pharmaceutique et se dévoila ensuite comme… « Madame Vaccin », prônant des répressions contre les antivaccins et la vaccination de force de tous les citoyens français. Voici Stéphanie Rist, une pièce maîtresse de la Macronie.
Mais qui est Stéphanie Rist ? Elle naquit le 6 août 1973, à Orléans dans le Loiret. Elle était issue d’une famille plutôt modeste, indiquant l’absence du père et une vie difficile d’une mère élevant seule ses enfants. Selon son propre narratif, elle aurait travaillé dès l’âge de 16 ans, probablement dans des petits boulots de vacances. Elle passa par le Lycée Benjamin Franklin à Orléans, faisant une filière scientifique. Elle continua vers une faculté de médecine, à Paris-Descartes, puis fut interne dans l’Assistance publique, aux hôpitaux de Paris. Elle devint médecin à l’AP-HP, puis fut chef du pôle anesthésie-réanimation au centre hospitalier régional d’Orléans, dans la fonction publique. Elle devait y rester près de 20 ans (1998-2017).
Sortie du chapeau macroniste. Elle s’encarta dans le Parti En Marche (2016) et fut un soutien d’Emmanuel Macron lors de son parachutage à la présidence française, après une intense campagne médiatique (2017). L’histoire indique qu’elle était une proche d’un certain… Gabriel Attal, qui fut en quelque sorte son parrain politique. Elle se présenta alors pour les élections législatives, pour la 1ère circonscription du Loiret (2017). Elle fut élue (65,02 % des voix au second tour) et intégra ensuite le Parti Renaissance, la mutation du parti présidentiel. Elle fut versée à la Commission parlementaire des Affaires sociales. Elle n’hésita pas à cumuler les mandats, en devenant conseillère municipale à Orléans et conseillère métropolitaine (2020 à nos jours). Elle réussit à se faire réélire à son siège (2022, avec 57,21 % des voix au second tour). Après la dissolution de l’Assemblée nationale, ayant un adversaire du RN, elle l’écrasa et garda de nouveau son siège, avec 67,68 % des voix. Elle monta en puissance pour terminer première vice-président du groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal (2024). Elle fut placée à un poste stratégique, comme juge titulaire à la Cour de justice de la République (octobre 2024-octobre 2025). Puis enfin, elle fut nommée Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, mais notons que sa carrière la rendait cohérente par rapport à sa tâche et à sa fonction présidentielle (12 octobre 2025).
La Ministre de l’Ombre et « Madame désert hospitalier ». Dans un contexte de crise et de difficultés financières de la France, suite au creusement d’une dette abyssale de 3 700 milliards d’euros, dont 1 200 milliards par le seul Emmanuel Macron, elle affirma des priorités qui étaient : l’accès aux soins, la prévention, l’attractivité des métiers de la santé et enfin le financement de la Sécurité sociale, une administration laminée par près de 50 ans de gestion calamiteuse. Rapidement elle fut mise en cause, notamment par la mauvaise gestion des pénuries de médicaments, la réforme des financements de l’hôpital ou les graves difficultés d’accès aux soins par les usagers dans certaines régions.
Les reproches se firent de plus en plus fréquentes sur son ministère. Malgré les annonces et effets de manche, les jeunes médecins continuèrent de s’installer de manière préférentielle en ville et au détriment des campagnes. La mesure phare qu’elle avait lancé, l’expérimentation des centres santé 100 % Sécu, sans dépassement d’honoraires et sans avance de frais fut jugée rapidement insuffisante pour régler le problème de fond. Les déserts hospitaliers se sont même aggravés sous la Macronie, créant aussi des files d’attentes hallucinantes chez les spécialistes et les médecins.
Les syndicats hospitaliers ont vite critiqué le manque d’anticipation, l’absence de vision à moyen ou long termes, sans parler d’une grave crise de pénurie des personnels soignants, en particuliers d’infirmiers ou d’aides-soignants. Les annonces ministérielles inadéquates n’ont pas convaincu les jeunes de s’engager dans ces métiers et encore moins les jeunes médecins de s’installer à la campagne, dans un phénomène de civilisation des loisirs. Dans ce contexte, les campagnes nécessitant un véritable sacerdoce, des générations entières de médecins se sont détournés de ce difficile travail citoyen, pour rejoindre la fonction publique, les horaires minimums et la possibilité de jouir de cette civilisation consommatrice.
Les positions catastrophiques de « Madame Vaccin ». Le pire fut dénoncé comme étant la recherche d’imposer des franchises médicales, de dérembourser des médicaments, des actes et des soins, ou de fermer des lits ou des postes. Tous les syndicats hospitaliers et de la Santé, notamment ceux de gauche ou de droite, ont dénoncé une forte dégradation du modèle social français, paraissant même condamné à termes. Dès 2017, elle vota pour la loi Buzyn, instaurant une délégation des tâches médicales vers des personnels moins qualifiés, avec une baisse notable de la qualité des soins. Elle vota en 2019, contre la proposition de loi visant à réguler les mutuelles privées. Son positionnement venait à la défense de ces mutuelles et assurances privées, énorme lobbying pillant sans vergogne les Français et impactant les ressources des contribuables. La même année, elle s’illustra par son vote pour la loi « le reste à charge zéro », créant des tarifs, mais imposant toute une lourdeur administrative supplémentaire, dans une forêt déjà dense. Enfin, elle fut aussi Madame Vaccin, prônant la vaccination obligatoire et forcée de tous les citoyens (2020-2022). Elle se présenta alors comme « l’homme » du lobbying pharmaceutique et favorable aux répressions contre les antivaccins.
Les petits business de Madame la ministre avec le lobbying pharmaceutique. Il fut révélé par le journal La République du Centre, qu’avant la période où elle fut députée (entre 2012 et 2016), Stéphanie Rist avait bénéficié pendant plus de 4 ans d’avantages en nature de la part de laboratoires pharmaceutiques. L’enquête révéla que la somme totale de ces avantages dépassait les 22 000 euros, pour des prises en charge de voyages, des nuits d’hôtel, des repas lors de congrès médicaux, ou des rémunérations indirectes (pour au moins 7 000 euros). Plus tard le journal Basta ! signala qu’elle avait été : « parmi les plus gâtés par les labos », classée première parmi les députés de l’Assemblée nationale, des faits troublants lorsque l’on connaît le scandale de la gestion du Covid. Le journal faisait état de plus de 309 liens d’intérêts entre Rist et les laboratoires, dont des contrats signés avec eux pour des formations et communications, pour une somme comprise entre 40 et 50 000 euros (entre 2012 et 2017). Ces contrats étaient hélas légaux, ils devraient être interdits, alors que ces pratiques pendables de corruption des milieux médicaux par le lobbying pharmaceutique sont toujours d’actualité… De manière assez triste, elle assura plus tard : « ne pas connaître les montants de ses rémunérations et des frais, qu’il s’agissait d’une pratique médicale normale et qu’elle avait mis fin à toute ces activités à son élection comme députée » (2017).
Les ors de la République après ceux de Big Pharma. A sa nomination de ministre, ses salaires étaient ceux de députée (84 000 euros par an), puis de ministre (10 651 euros brut par mois), celui de conseillère municipale d’Orléans (1 400 euros par an) et elle exerçait toujours (on ne sait comment), son activité de rhumatologue au CHU d’Orléans (pour la somme de 4 500 euros par mois). Elle possédait pas moins de 9 comptes bancaires, pour environ 95 000 euros, des assurances vie cumulant 326 000 euros, des instruments financiers et placements pour plus de 203 000 euros. Fait étrange et subtilité intéressante, il était indiqué qu’elle ne possédait aucun bien immobilier. Il apparaît peu probable que le couple ne soit pas propriétaire au moins d’une petite « bicoque », il y a ici une zone d’ombre, car elle est mariée sous la communauté des biens. Son époux possédait peut-être avant leur union un bien. A moins bien sûr que la déclaration soit fausse… ou que le couple soit logé à « titre gratuit » par les méandres des familles respectives.